Post tornamentum, rugbyman triste

Le week-end dernier, le Stade toulousain s’est nettement incliné devant le Stade français au terme d’une rencontre engagée mais plutôt à sens unique. A l’image de Thomas Ramos, titulaire approximatif à l’ouverture ou d’Antoine Dupont, remplaçant pas franchement décisif à la mêlée, les internationaux rouge-et-noir n’ont pas véritablement pesé. Les Toulousains ne sont pas les seuls à accuser le coup, mais les projecteurs se portent naturellement sur eux, qui forment le contingent le plus nombreux du XV de France.

Même si ce coup de moins bien est loin d’être généralisé (confer le sémillant Damian Penaud à l’UBB), force est de constater que la Coupe du monde n’est pas digérée chez un grand nombre de Bleus et que cette digestion difficile se remarque sur le terrain.

De là à considérer, comme le fait Marc Lièvremont, qu’Antoine Dupont est « revenu dans la norme », entendez « redevenu un joueur lambda » ?

Ce propos apparaît bigrement sévère, pour ne pas dire injuste de la part de quelqu’un qui, pourtant, sait bien l’impact d’un échec en coupe du monde. Même si pourrait-on faire perfidement remarquer, son rôle en phase finale 2011 a surtout consisté à apporter des bières à ses joueurs.

La lecture des interviews qu’ils ont accordés laisse peu de place au doute : les internationaux français apparaissent marqués par leur élimination prématurée de la compétition. Et si, pour certains, le retour en Top 14 a été vécu comme un bon moyen de tourner la page, le traumatisme est toujours là qui ne sera pas facile à faire passer. Souvenons-nous, à l’inverse, combien la dynamique du XV de France en 2022 et 2023 a rejailli sur les clubs qui comptaient des internationaux, et tout particulièrement Toulouse.

Les années d’investissement, annihilées pour un petit point en quart-de-finale, pèsent aujourd’hui d’un poids qu’il est difficile de faire disparaître. Un contre-coup physique n’est peut-être pas non plus totalement à écarter. Aussi le choix de Grégory Alldritt, avec l’accord du Stade rochelais, de couper totalement avec le rugby jusqu’en janvier est-il sans doute le meilleur. Mais Toulouse ne pouvait certainement pas se payer le luxe de faire de même avec sa cohorte d’internationaux.

Certains moquaient Fabien Galthié d’avoir parlé de « phase de deuil » lors de sa conférence de presse pour qualifier l’après Coupe du monde. Cette expression semble prendre tout son sens aujourd’hui. Au moins pour les supporters toulousains.

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