{"id":148,"date":"2024-02-28T13:15:04","date_gmt":"2024-02-28T12:15:04","guid":{"rendered":"http:\/\/renvoiaux22.fr\/?p=148"},"modified":"2024-02-28T14:16:43","modified_gmt":"2024-02-28T13:16:43","slug":"les-passions-tristes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/renvoiaux22.fr\/index.php\/2024\/02\/28\/les-passions-tristes\/","title":{"rendered":"Les passions tristes"},"content":{"rendered":"\n<p>La France a peur.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, celle du rugby, apr\u00e8s la nouvelle d\u00e9convenue du XV de France face \u00e0 l\u2019\u00e9quipe d\u2019Italie, et un match nul \u00e0 valeur de d\u00e9faite. Cette \u00e9quipe qui tutoyait les sommets depuis quatre ans semble revenue aux heures les plus sombres de son histoire, qui voyaient les coqs de Philippe Saint-Andr\u00e9, Guy Nov\u00e8s et Jacques Brunel enfiler les d\u00e9faites comme des perles.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le sentiment qui domine le Landerneau ovale, \u00e0 en croire le ban(c) et l\u2019arri\u00e8re-ban(c) des entra\u00eeneurs salonnards, des plumitifs en mal de clics, des anciens s\u00e9lectionneurs en recherche de reconnaissance posthume et de tous ceux, visiblement nombreux, qui pr\u00e9f\u00e8rent r\u00e9gler des comptes avec Fabien Galthi\u00e9 plut\u00f4t que de s\u2019int\u00e9resser au fond des probl\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p>Car probl\u00e8mes il y a, tr\u00e8s clairement&nbsp;: m\u00eame remani\u00e9e par rapport \u00e0 leur derni\u00e8re confrontation (Jelonch, Aldritt, Flament et Bielle-Biarrey ne figuraient pas sur la feuille de match lilloise), comment une \u00e9quipe de France peut-elle \u00e0 quatre mois d\u2019intervalle, passer 60 points \u00e0 la squadra azzurra puis s\u2019en tenir \u00e0 13 petites unit\u00e9s, offrir des s\u00e9quences offensives enthousiasmantes en octobre puis, en f\u00e9vrier, s\u2019accrocher \u00e0 son score comme un naufrag\u00e9 \u00e0 sa bou\u00e9e de sauvetage&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>N\u2019\u00e9tant pas dans le secret des Bleus, on ne pr\u00e9tendra pas ici avoir de r\u00e9ponse. En revanche, les pistes de r\u00e9flexion existent. Elles n\u00e9cessitent en revanche qu\u2019on ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 l\u2019\u00e9cume d\u2019un d\u00e9bat qui s\u2019en tient paresseusement \u00e0 la communication, certes critiquables \u00e0 maints \u00e9gards, du s\u00e9lectionneur. Et elles requi\u00e8rent qu\u2019on accepte qu\u2019il puisse exister des responsabilit\u00e9s individuelles et pas seulement une faillite collective dont Fabien Galthi\u00e9 serait l\u2019unique facteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Assez logiquement, la premi\u00e8re de ces pistes est d\u2019ordre psychologique. L\u2019\u00e9chec de la Coupe du monde para\u00eet avoir vid\u00e9 les Bleus de toute confiance et transform\u00e9e les certitudes b\u00e2ties durant quatre ann\u00e9es en doutes profonds. \u00ab&nbsp;Les Irlandais aussi et pourtant ils sont pass\u00e9s \u00e0 autre chose&nbsp;\u00bb lit-on ici ou l\u00e0. La faute en reviendrait en particulier \u00e0 Fabien Galthi\u00e9, pour n\u2019avoir pas affront\u00e9 cet \u00e9chec avec ses troupes et, plus encore, en direction des m\u00e9dias. Cette explication contentera ceux qui estiment que la psych\u00e9 des joueurs tricolores n\u2019ob\u00e9it qu\u2019aux injonctions du s\u00e9lectionneur et que les internationaux seraient d\u00e9pourvus de toute capacit\u00e9 d\u2019introspection ou de failles psychologiques, voire qui feignent d\u2019ignorer combien l\u2019approche mentale des \u00e9v\u00e9nements sportifs diff\u00e8re entre Latins et Anglo-saxons&nbsp;: qu\u2019on se souvienne de l\u2019\u00e9tonnement manifest\u00e9, au d\u00e9but de l\u2019\u00e8re professionnelle, par les joueurs Anglais ou Irlandais d\u00e9barquant dans les vestiaires fran\u00e7ais et assistant au spectacle de la \u00ab&nbsp;pr\u00e9paration mentale&nbsp;\u00bb d\u2019avant-match ou constatant combien la notion de match \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur influait sur le rendement des \u00e9quipes\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Une deuxi\u00e8me piste concerne les modifications apport\u00e9es \u00e0 la composition du staff. Le changement d\u2019entra\u00eeneur de l\u2019attaque et de celui en charge de la conqu\u00eate a n\u00e9cessairement eu des r\u00e9percussions. N\u2019oublions pas que le v\u00e9cu commun du groupe des internationaux avec ces coaches est tr\u00e8s faible et qu\u2019il faut du temps \u00e0 installer des sch\u00e9mas offensifs. S\u2019agissant de la conqu\u00eate, la m\u00eal\u00e9e s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e plut\u00f4t solide et la touche est all\u00e9e en s\u2019am\u00e9liorant depuis le d\u00e9but du Tournoi. Mais il reste encore une grosse marge de progression.<\/p>\n\n\n\n<p>Au rang des facteurs d\u2019explication possibles figure \u00e9galement la condition physique de joueurs qui semblent manquer de jus et \u00e9prouver les plus grandes difficult\u00e9s \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019intensit\u00e9 mise dans le jeu par leurs adversaires. Un grand nombre des internationaux align\u00e9s depuis le d\u00e9but du Tournoi ont d\u00e9but\u00e9 leur saison en juillet 2023 avec une pr\u00e9paration intense en vue de la Coupe du monde et qui n\u2019ont, sauf exception, pas vraiment coup\u00e9 avec le rugby. Et cela se voit depuis trois matchs en Bleu.<\/p>\n\n\n\n<p>Se pose \u00e9videmment la question des absences, qui obligent le s\u00e9lectionneur \u00e0 composer des \u00e9quipes comportant \u00e0 certains postes des rempla\u00e7ants de rempla\u00e7ants. Et si cette situation peut r\u00e9server de bonnes surprises, comme l\u2019\u00e9mergence rapide de Posolo Tuilagi, elle n\u2019en est pas moins pr\u00e9occupante en termes de performances. N\u2019en d\u00e9plaise aux supporters des uns ou des autres, il est des joueurs qui comptent plus que d\u2019autres dans les performances de l\u2019\u00e9quipe.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui am\u00e8ne au sujet des contre-performances individuelles. Sous le feu des critiques, Maxime Lucu et Matthieu Jalibert, leaders de jeu incontestables avec l\u2019UBB, ne le sont pas en \u00e9quipe de France. Dimanche, face \u00e0 l\u2019Italie, le num\u00e9ro neuf bordelais a failli sur l\u2019animation du jeu. A la diff\u00e9rence des deux premi\u00e8res rencontres, durant lesquelles son pack a \u00e9t\u00e9 mis en difficult\u00e9, il est faux de pr\u00e9tendre qu\u2019il n\u2019a pas eu de ballons propres \u00e0 n\u00e9gocier. Plus ennuyeux, il n\u2019a pas su insister dans un jeu direct avec des percussions de ses avants alors que les premi\u00e8res minutes de la partie avaient clairement d\u00e9montr\u00e9 que c\u2019\u00e9tait la tactique idoine pour scorer et enfoncer un adversaire vuln\u00e9rable d\u00e9fensivement sur ce type de s\u00e9quences. Matthieu Jalibert n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 plus en r\u00e9ussite et sa responsabilit\u00e9 dans l\u2019inconsistance offensive tricolore est n\u00e9cessairement engag\u00e9e, \u00e0 l&#8217;image de son improbable coup de pied en situation de surnombre \u00e0 dix m\u00e8tres de la ligne d\u2019en-but adverse. Le cas des trois-quarts centres est tout aussi probl\u00e9matique\u00a0: ce n\u2019est certes pas le staff qui a conduit Jonathan Danty \u00e0 plaquer dangereusement son vis-\u00e0-vis pour laisser ses partenaires \u00e0 14 durant plus d\u2019une mi-temps, pas plus que ce n\u2019est la d\u00e9cision de Fabien Galthi\u00e9 d\u2019emp\u00eacher Ga\u00ebl Fickou de croiser sa course pour embarquer un d\u00e9fenseur sur une des rares contre-attaques fran\u00e7aises, qui aurait d\u00fb se terminer par un essai.<\/p>\n\n\n\n<p>La confiance plac\u00e9e par Fabien Galthi\u00e9 dans les joueurs qui ont d\u00e9but\u00e9 avec lui son premier mandat repose sur la conviction qu\u2019un groupe \u2013 et tout particuli\u00e8rement celui d\u2019une s\u00e9lection nationale &#8211; ne peut grandir que si on lui laisse le temps de s\u2019aguerrir et de trouver ses rep\u00e8res collectifs, y compris lorsque certains de ses membres peuvent conna\u00eetre des baisses de r\u00e9gime. Ce refus d\u2019une politique syst\u00e9matique de \u00ab&nbsp;l\u2019homme en forme&nbsp;\u00bb trouve ses limites lorsque, comme cela semble \u00eatre le cas pour quelques-uns, la concurrence de la jeune g\u00e9n\u00e9ration se fait pressente et que des interrogations se font jours sur la persistance des contre-performances des titulaires de certains postes. Il est faux de pr\u00e9tendre que le s\u00e9lectionneur serait un conservateur recroquevill\u00e9 sur on ne sait quelles certitudes&nbsp;: l\u2019\u00e9mergence soudaine d\u2019un Louis Bielle-Biarrey ou d\u2019un Posolo Tuilagi sont la preuve du contraire. Peut-\u00eatre attendait-il la tourn\u00e9e estivale pour injecter du sang neuf et entamer une revue d\u2019effectif plus ambitieuse. La situation actuelle pourrait le conduire \u00e0 anticiper un renouvellement g\u00e9n\u00e9rationnel que la qualit\u00e9 des jeunes candidats \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de France justifie pleinement. Quant \u00e0 faire le grand m\u00e9nage que certains appellent de leurs v\u0153ux, ce serait un v\u00e9ritable retour en arri\u00e8re, du temps o\u00f9 un match pouvait co\u00fbter sa place au meilleur des internationaux, sans garantie de meilleure fortune.<\/p>\n\n\n\n<p>Le XV de France affronte aujourd\u2019hui des vents contraires, et son s\u00e9lectionneur attise, sciemment ou non, les ranc\u0153urs. L\u2019avenir dira si, derri\u00e8re son discours pour le moins d\u00e9cal\u00e9, Fabien Galthi\u00e9 a pris toute la mesure des difficult\u00e9s auxquelles son groupe et lui-m\u00eame sont confront\u00e9s. Et si la France du rugby a raison d\u2019avoir peur ou si elle s&#8217;est, une fois encore, laiss\u00e9e all\u00e9 \u00e0 son inclination habituelle pour les passions tristes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La France a peur. 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