XV de France : savoir être patient

Après sa performance face aux Anglais, le XV de France était attendu, dimanche, pour une confirmation devant l’Italie. Mais seuls les plus naïfs, ou les moins bien informés, pouvaient espérer voir les joueurs de Fabien Galthié laminer leurs adversaires transalpins comme le firent les Gallois une semaine plus tôt. Les autres – pas forcément moins enthousiastes – ont simplement pu constater l’étendue du chantier auquel le sélectionneur et son staff sont confrontés.

Après une décennie de déconvenues et d’occasions manquées, il serait malvenu d’exiger de l’équipe de France qu’elle devienne en quelques semaines un monstre d’efficacité défensive et de précision offensive.

Contre des Italiens dont les carences rédhibitoires à ce niveau ne sauraient occulter d’indubitables qualités individuelles et collectives, et dans des conditions climatiques peu favorables, les hommes de Fabien Galthié ont oscillé entre le très bon (parfois) et le médiocre (trop souvent en seconde période). Pour autant, l’état d’esprit général et quelques actions bien menées constituent un socle sur lequel ils devront travailler pour continuer à grandir.

On pourrait, comme Pierre Berbizier le fait dans les colonnes du journal l’Equipe daté du 11 février, dénigrer les progrès prétendument accomplis par le XV de France et railler le satisfecit délivré par Fabien Galthié à ses troupes. Il semble plus pertinent de préférer à cette « hatitude » le constat formulé dans le même journal, rappelant qu’en 2014 et 2016 les Bleus avaient pareillement entamé leur Tournoi sur deux victoires, avant d’enchaîner les mauvaises performances pour terminer au-delà de la troisième place du classement, et pointer non seulement les marges de progression mais également les points forts sur lesquels les Français vont pouvoir s’appuyer.

En rugby comme dans d’autres disciplines collectives, une équipe a besoin de temps pour développer ses qualités et minimiser ses points faibles. Du temps, les prédécesseurs de Fabien Galthié ont pu en avoir grâce aux conventions passées entre la FFR et la Ligue nationale de rugby. Mais outre la tendance au turn-over qui les a communément caractérisés, la mise à pied de Guy Novès après deux années de mandat n’a pas précisément permis d’instaurer un climat de stabilité susceptible de porter ses fruits. Il faut l’espérer, Fabien Galthié devrait pouvoir en bénéficier. A lui d’en profiter.

On ajoutera à cet environnement favorable un staff élargi et expérimenté, ainsi qu’un groupe de joueurs talentueux et, visiblement, prêts à faire les sacrifices nécessaires pour former une équipe compétitive au plus haut niveau. La conjonction de ces facteurs est inédite et explique sinon l’enthousiasme du moins l’optimisme dont peuvent faire preuve un grand nombre d’observateurs. Sans conteste, on se situe au-delà de la soi-disant période d’état de grâce qui caractériserait tout nouveau sélectionneur.

Optimisme, donc, mais aussi prudence. Une défaite à Cardiff ne devra pas remettre en cause la démarche, pas plus qu’une victoire ne justifierait le moindre triomphalisme. Si au nombre des vertus qu’on se plait à trouver dans une équipe de rugby – et tout particulièrement ce XV de France, la combativité et la solidarité occupent le premier rang, c’est à la mère de celles-ci qu’il conviendra d’en appeler tous ses supporters, à savoir la patience.

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