XV de France : quand c’est flou, il y a un loup

Jacques Brunel – qui est toujours officiellement le patron du XV de France malgré l’arrivée de Fabien Galthié, déjà désigné comme son successeur dans quelques mois – a livré la liste des 31 joueurs sélectionnés pour participer à la prochaine coupe du monde au Japon, auxquels s’ajoutent 6 réservistes destinés à pallier d’éventuels forfaits de dernière minute.

Le moins que l’on puisse dire est que la liste elle-même, comme les explications données par le sélectionneur, donnent un sentiment de flou artistique. Entre les absents pour cause officielle de blessure et les sélectionnés toujours sur le flanc, les appelés au nom de la vitesse de jeu et ceux qui figurent dans la liste malgré d’évidentes carences dans ce domaine, entre les choix fondé sur le principe de « l’homme en forme » et ceux qui ne sauraient d’évidence reposer sur ce même principe, les motifs sont légions de considérer avec circonspection cette liste dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne porte pas à l’optimisme.

A vrai dire, la composition dévoilée ce mardi est à l’image du staff : hétérogène et sans véritable identité collective. Quand certains appelaient à un renouvellement en profondeur de l’effectif pour préparer l’avenir en utilisant la campagne nipponne comme répétition grandeur nature de l’édition française dans quatre ans, d’autres espéraient un groupe composé des cadres les plus méritants de ces dernières saisons sous le maillot bleu.

On aura finalement eu un peu des deux, avec des petits nouveaux n’ayant jamais revêtu la tunique frappée du coq mais bigrement prometteurs pour les échéances postérieures (Setiano, Mauvaka, et même Raka, malgré une saison en dents de scie…), et des anciens sur lesquels s’appuyer, à condition qu’ils se donnent les moyens d’arriver au Japon à leur meilleur niveau – ce qui est loin d’être assuré (Poirot, Fofana, fickou, Vahaamahina, ou, évidemment, Guirado). S’y ajoutent les hommes en forme de ces derniers mois (Dupont, Doumayrou, Guitoune, Lambey…), qui côtoient des internationaux dont on peut précisément discuter les performances du moment (Machenaud, Serin ou Picamoles…).

Cette tenace et désagréable impression de bric-à-brac sans colonne vertébrale pourra-t-elle évoluer au gré de la préparation, lorsque la philosophie générale du jeu souhaité par Fabien Galthié, dont on ne peut imaginer qu’il ne l’imposera pas, aura imprégné ce groupe ? Il faut l’espérer.

En attendant, le flou qui entoure la composition du groupe France contribue grandement à nourrir les interrogations des amateurs de rugby sur la gestion du XV de France depuis deux ans, et sur les capacités du staff à qualifier l’équipe pour les quart-de-finale de la prochaine Coupe du monde.

Comme le dit l’adage, quand c’est flou, il y a un loup. Et ça, ce n’est jamais bon pour un coq…

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