XV de France : peut mieux faire, et c’est tant mieux !

En battant l’Ecosse dimanche à Murrayfield, le XV de France enchaîne sa troisième victoire de rang. C’est la deuxième fois cette année que les Bleus alignent trois victoires de suite. Si l’on met entre parenthèses la Coupe du Monde au Japon – avec déjà l’influence déterminante de la bande à Galthié, une telle série ne leur était pas arrivée depuis l’édition mondiale précédente en Angleterre. Quant à afficher un bilan de six victoires en sept rencontres, il faut remonter à 2003 pour en retrouver un identique.

Certes, Il n’y a dans ce flatteur tableau de chasse ni All Blacks, ni Springbok ni Wallaby. Mais les vaches maigres de la dernière décennie ont appris aux supporters tricolores à faire la part des choses et évaluer à leur juste mesure les succès acquis face à des Celtes ou des Anglais qui avaient, jusqu’à il y a peu encore, pris la mauvaise habitude d’imposer leur loi chez eux comme chez nous.

Ainsi l’Ecosse n’avait-elle pas plié le genou chez elle devant la France depuis 2014. Cette Ecosse qu’on présente toujours comme la plus faible des Home Nations depuis le début du deuxième millénaire affichait jusqu’à hier un bilan équilibré de quatre succès et quatre défaites lors des huit dernières confrontations avec le XV de France.

S’il ne faut pas bouder son plaisir devant ces résultats, et mesurer l’ampleur des progrès accomplis, les critiques qui ont accompagné la prestation française à Edimbourg ont leurs vertus. Elles sont l’expression légitime d’une attente née non seulement du travail accompli par Fabien Galthié, son staff et les internationaux, mais également de la qualité de l’effectif tricolore dont on voit bien qu’il a les capacités pour faire mieux.

Faire mieux, c’est d’abord se discipliner. Trop de fautes sont encore venues entacher l’efficacité défensive des Bleus. Certaines sont intervenues dans des situations où elles étaient évitables. Faire mieux, c’est ensuite gagner en précision sur les renvois adverses, pour ne pas rendre des ballons et subir la pression après avoir inscrit des points. Faire mieux, c’est améliorer encore la variation des schémas offensifs et renforcer la qualité du jeu au pied, en particulier d’occupation.

Un joueur français a concentré plus que d’autres les critiques : l’ouvreur Mathieu Jalibert qui suppléait Romain Ntamack a rendu une copie moyenne au regard de son immense potentiel. Des erreurs au pied comme à la main, plusieurs choix offensifs discutables ont terni une performance qui, dans l’ensemble, a manqué de relief.

Il faut naturellement tenir compte de celle de son demi-de-mêlée qui n’a pas non plus livré un match aussi accompli que les précédents. Pour autant, avec un pack pas spécialement dominé par son vis-à-vis, on attendait davantage de la part du maître à jouer bordelais.

Sa position de remplaçant de Romain Ntamack lui complique évidemment la tâche, car il n’aura pas la même latitude que le Toulousain pour s’installer à un poste qui ne souffre pas l’approximation. Pour autant, ce qu’il montre semaine après semaine avec son club doit l’encourager à persévérer, même si le temps presse et la concurrence de Louis Carbonel se fait de plus en plus manifeste, même si l’absence de temps de jeu accordée au Toulonnais fait planer le doute sur son avenir international, à brève échéance tout au moins.

Peu mieux faire, donc, cette équipe de France. Et peuvent mieux faire, ceux qui la composent.


Et c’est tant mieux ! Cela veut dire combien le XV de France est aujourd’hui porteur d’ambitions auxquelles ses supporters ne voulaient plus croire depuis plusieurs années. Et, surtout, d’un potentiel capable de les assouvir.

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