XV de France : mi-temps thérapeutique

C’est un lieu commun des tournées estivales du XV de France en Nouvelle-Zélande : s’il y a un match « gagnable » pour les Bleus, c’est le premier. Parce qu’il coïncide avec le début de la saison des All Blacks, quand ces derniers sont encore en phase de rodage, que leurs automatismes sont un peu rouillés et que leur condition physique est un chouilla sub-optimale.

Et comme à chaque fois, supporters et journalistes se sont voulus optimistes, essayant de trouver dans le dernier Tournoi des motifs d’espérer. Et figurez-vous qu’à la mi-temps, on se prenait (un peu) à y croire, avec un score favorable au XV de France (8-11). Face à des Neo-zélandais mêlant approximations de début de campagne et condescendance habituelle (choisissant de ne pas tenter les pénalités, se permettant de tancer l’arbitre pour ses coups de sifflets…), les Tricolores en bleu de chauffe et en réussite au pied (merci Morgan Parra) comme dans le jeu (interception gagnante de Rémi Grosso) paraissaient en mesure de réussir un truc. Mais le rêve a rapidement cédé la place au cauchemar en seconde période.

Certainement recadré par Steve Hansen, les All Blacks sont revenus des vestiaires avec d’autres intentions, visiblement mauvaises à l’endroit de leurs adversaires. La soudaine montée en qualité du jeu néo-zélandais semblait inéluctable, elle a connu un coup d’accélérateur grâce à la décision fort contestable de l’arbitre, Mister Pearce, de donner un carton jaune à Paul Gabrillagues pour un plaquage haut pas franchement dangereux et en tout cas nettement moins évident que celui asséné par le talonneur Joe Moody en première période seulement sanctionné d’une pénalité, sans parler du double plaquage sur Rémi Grosso qui aurait dû valoir une exclusion au moins temporaire pour leurs auteurs.

Disons le tout net, l’incohérence de l’arbitrage n’a fait qu’accélérer le processus de décomposition du jeu tricolore et de recomposition de celui des All Blacks. Moins d’ardeur défensive et ballons laissés à l’adversaire d’un coté, hausse du rythme et ballons écartés à bon escient de l’autre, il n’en fallait pas plus pour conclure que le fossé ne s’est pas franchement comblé entre les deux équipes.

Nul doute que Jacques Brunel, dont les dernières interventions médiatiques donnaient l’impression d’osciller entre méthode Coué et déni de réalité, trouvera des vertus thérapeutiques à la première mi-temps du XV de France. Il y puisera de quoi panser les blessures d’amour propre devant les 52 points encaissés lors de ce match. Mais pas vraiment de quoi penser à une victoire lors des deux prochains tests.

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