XV de France : le soufflé est retombé

La spécialité gastronomique écossaise la plus célèbre dans le monde est très certainement le haggis, une panse de brebis farcie d’abats de mouton. Celle qu’on peut associer au XV de France est sans conteste le soufflé : un plat qui impressionne à sa sortie du four et qui se dégonfle très rapidement une fois déposé dans l’assiette.

Samedi, à Murrayfield, les tricolores nous l’ont donc resservi. Ils ont beau avoir changé de chef, lui-même entouré de nouveaux commis, c’est toujours la même cuisine qui est proposée aux supporters. Et la mixture ingurgitée ce week-end est d’autant plus indigeste que la performance du samedi précédent avait mis tout le monde en appétit, y compris certains spécialistes un peu trop diligents à parler de révolution dans le jeu du XV de France, malgré une opposition très faible.

Face à la même Ecosse qui alignait cette fois une formation aux allures d’équipe type avec quatorze changements par rapport à la semaine passée, Jacques Brunel avait choisi de démarrer avec onze des quinze titulaires sortis vainqueurs du match aller. Et cette relative stabilité dans la composition tricolore conduit malheureusement à un constat douloureux : le score très avantageux de la première confrontation ne devait pas tant aux bonnes dispositions françaises qu’aux mauvaises écossaises.

Certes, tout ne fut pas à jeter dans la prestation des bleus à Murrayfield, mais il n’y a pas eu de quoi s’en contenter comme l’ont pourtant fait la quasi-totalité des joueurs en conférence de presse, ressortant avec soin les éléments de langage préparés par le staff. On aurait aimé la même application collective sur le terrain, et plus particulièrement dans les rucks, où les Bleus furent surclassés par leurs adversaires pourtant pas nécessairement réputés dans cet exercice, et on aurait souhaité le même aplomb dans le jeu offensif que dans la punchline auto-satisfaite. Las, le XV de France est retombé dans ses travers habituels, entre ballons tombés et fautes de main, proposant une bouillie à côté de laquelle la performance écossaise pouvait presque passer pour de la haute gastronomie.

Les joueurs pourront sortir les plus belles excuses du monde, une préparation en cours, un pic de forme à venir, des jours d’entraînement encore devant eux pour améliorer leur jeu, ils n’empêcheront pas leurs interlocuteurs de douter de leur capacité à rattraper la concurrence.

Il n’est qu’à voir la rencontre entre l’Angleterre et l’Irlande à Twickenham pour s’en convaincre.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/xv-de-france-le-souffle-est-retombe/

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.