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Avr 01

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XV de France : la (mauvaise) tentation du repli hexagonal

Si le sort de jacques Brunel à l’issue de la prochaine Coupe du monde ne fait plus de doute, l’identité de son successeur demeure un secret bien gardé par Bernard Laporte. Conformément à ce qui est désormais une tradition, l’annonce du successeur de l’actuel sélectionneur sera effectuée avant le début de la compétition mondiale. Ce qui pourrait être nouveau, en revanche, c’est la nationalité de l’impétrant.

On parle en effet avec insistance d’un spécialiste étranger pour occuper un poste jusqu’à présent systématiquement dévolu à un Français. Le nom de Warren Gatland revient avec insistance jusque dans les pages d’un quotidien sportif généralement bien renseigné.

Cette éventualité a rencontré un certain nombre de réticence, notamment chez les techniciens tricolores, ce qui paraît assez normal dès lors qu’on viendrait ainsi piétiner leurs platebandes. Ces réactions négatives ne sont pas réservées aux seuls entraîneurs hexagonaux. On trouve ici ou là des spécialistes pour prôner ce qui pourrait être qualifié de « CIFF », à savoir des Coaches Issus des Filières de Formation.

Les performances actuelles du Stade toulousain d’Ugo Mola et Régis Sonnes, pour citer un exemple d’une grande actualité, peuvent militer pour préserver le statu quo. Pourtant, il semble possible d’affirmer que loin d’être audacieuse, le recours à un technicien étranger de premier plan est de nature à donner au XV de France un souffle que le Top14 et ses entraîneurs ne semblent pas capables de lui apporter aujourd’hui.

L’argument selon lequel un sélectionneur étranger ne pourra pas bénéficier des mêmes facilités ici qu’au Pays de Galles ou en Irlande ne suffit pas à invalider l’idée. Certes, un Gatland ou un Schmidt peuvent actuellement exiger des « clubs » qui regroupent leurs internationaux qu’ils se plient à leur volonté, qu’il s’agisse des programmes de préparation physique, des systèmes de jeu ou de temps de récupération. Ce ne serait évidemment pas le cas ici. Pour autant, ce qu’on recherche d’un entraîneur étranger, c’est avant tout qu’il apporte une vision nouvelle, et les méthodes et idées qui vont avec.

L’information « à J » du staff sur l’état physique des internationaux via la transmission des données GPS en club, la mise en place d’un appui psychologique pour l’appréhension de la dimension mentale des matchs internationaux, l’appel à des spécialistes reconnus et aguerris des schémas défensifs et non des seconds couteaux ou des techniciens inexpérimentés (car les autres sont déjà employés par les clubs…), voilà des pistes auxquelles pourraient répondre un sélectionneur étranger, pour peu qu’il dispose de la stature suffisante.

De même, on peut estimer que placer un tel homme à la tête du XV de France permettrait de dégager le sélectionneur des contingences hexagonales sans craindre de déplaire et, en ne plaisant pas à tel ou tel président de club, d’insulter l’avenir (le sien en l’occurrence).

L’argument selon lequel « on a déjà des compétences ici » apparaît bien faible quand on voit l’état de déliquescence dans lequel se trouve notre équipe nationale. La tentation du repli sur soi, bien éloignée des traditions du rugby, ne saurait constituer un facteur de progrès.

Ce ne sont pas les Bayonnais, qui ont accueilli Owen Roe (un Gallois, déjà…) au début du siècle et développé sous son égide le fameux jeu de passes qui porte leur nom, ancêtre du French flair, qui diront le contraire.

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