XV de France féminin, c’est pas trop le pied

Le XV de France féminin est à un match des demi-finales de la Coupe du Monde 2017 organisée en Irlande. Pour se qualifier, il faudra faire un résultat jeudi soir face à l’équipe hôte de la compétition. Au vu de ses deux premières rencontres et de celles du XV du Trèfle, une victoire paraît tout à fait envisageable. Après avoir largement dominé un XV du Japon encore limité physiquement et techniquement, les Tricolores ont infligé une belle correction aux Australiennes qui avaient pourtant tenu la dragée haute aux Irlandaises en ouverture de la compétition.

L’optimisme est donc de rigueur dans le camp français, même si l’on se méfie d’un adversaire victorieux lors du dernier Tournoi des six nations et qui sera certainement galvanisé par l’enjeu, devant son public.

Cet optimisme s’est forgé dans la façon dont les joueuses d’Annick Hayraud ont remporté leur deux succès, livrant des prestations très convaincantes à la fois sur le plan défensif et par la variété de ses schémas offensifs, bien loin des sempiternels groupés pénétrants auxquels elles avaient habitué leurs supporters. Désormais, le danger peut venir d’à peu près n’importe quelles zone du jeu.

Il existe pourtant une ombre à ce tableau fort séduisant : le jeu au pied. Non pas qu’il soit inexistant, comme en témoigne le bel essai inscrit par Shannon Izar sur une passe au pied de Montserrat Amédée. Mais il reste insuffisant dans son utilisation tactique. Quant aux tirs aux buts, c’est véritablement le talon d’achille de cette équipe par ailleurs bien armée dans tous les autres domaines.

Les observateurs avisés rétorqueront qu’on ne se passe pas facilement d’une buteuse du calibre de Jessie Trémoulière, forfait pour la compétition, et que, s’agissant du jeu d’occupation, la configuration des deux premières rencontres ne s’y prêtait pas vraiment. Et les fatalistes ajouteront que le jeu au pied est certainement le secteur le moins performant du rugby féminin.

À cet égard, certains s’interrogent sur la problématique du poids du ballon – identique pour les hommes comme les femmes – et suggèrent que les compétitions féminines se jouent avec des balles plus adaptées à leur morphologie, comme cela se pratique pour le football gaélique.

En attendant un très hypothétique changement en la matière, il faudra que le rugby féminin français, comme son homologue masculin d’ailleurs, renforce la formation des pratiquantes dans ce domaine, afin d’apporter un supplément d’efficacité indispensable pour assouvir les ambitions du XV de France. Quant à celui que convoitent Gaëlle Mignot et ses coéquipières en Irlande, il se pourrait qu’il leur échappe pour quelques points abandonnés au pied. On ne l’espère pas, mais il faut se préparer à cette éventualité : une coupe du monde se joue souvent sur ce genre de détails.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/xv-de-france-feminin-cest-pas-trop-le-pied/

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.