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Juin 25

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XV de France : à moins d’en appeler au Dr Frankenstein…

Les internationaux français vont enfin pouvoir partir en congés. Et comme on pouvait le craindre, ils quittent la Nouvelle-Zélande avec un excédent de bagages. Les trois test-matchs disputés par le XV de France face aux All Blacks se sont en effet soldés par autant de défaites, sur un score moyen de 42 à 13. Et si cette tournée estivale n’a pas provoqué au sein de l’encadrement et des dirigeants fédéraux le même psychodrame que sa devancière en Afrique du Sud, on peut difficilement considérer que le bilan soit fondamentalement meilleur qu’il y a un an.

Certes, les prestations du XV de ce mois de juin 2018 n’ont pas été aussi catastrophiques que lors de la tournée 2017 et les All Blacks sont d’un tout autre calibre que les Springboks actuels. Mais on ne saurait se retrancher derrière ces arguments et quelques bouts de matchs satisfaisants pour tirer un bilan vraiment positif du rugby tricolore à un an de la coupe du Monde.

Les joueurs du XV de France ne sont toujours pas capables de tenir le rythme sur l’intégralité d’une rencontre, comme en témoignent les scores fleuves enregistrés sur les seules secondes périodes. Ils continuent de manquer d’efficacité à proximité de la ligne d’en-but adverse et ne parviennent pas à concilier dynamisme offensif et rigueur défensive, comme si leur logiciel était incapable d’articuler ces deux aspects du jeu.

Face à des All Blacks visiblement en rodage, profitant du troisième test-match pour installer quatre nouveaux capés dans leur effectif, les Bleus ont rivalisé sur quelques séquences seulement. Et s’il est vrai que leur résistance à 14 contre 15 dans la deuxième rencontre est digne d’éloges, il n’en demeure pas moins qu’ils n’ont jamais semblé en mesure de remporter la partie contre des adversaires pourtant clairement à côté de leur sujet.

C’est entendu, les Néo-Zélandais sont au rugby ce que les Japonais sont au Sumo : des demi-dieux à jamais dépositaires d’un jeu qu’ils incarnent sans contestation possible et dont ils condescendent néanmoins de temps en temps à abandonner le leadership à d’autres nations. Il n’en demeure pas moins que sans même parler de rivaliser avec les All Blacks, le rugby français, par son potentiel et sa puissance économique, ne peut se satisfaire d’évoluer aujourd’hui à la périphérie des meilleurs mondiaux.

Malgré des signaux encourageants en provenance des U20 et quelques concessions octroyées par les clubs professionnels à l’équipe nationale, la situation du rugby tricolore reste problématique. Il est à craindre qu’en l’absence de volonté de changer les choses en profondeur, il faille se satisfaire d’éclairs de génies noyés dans un océan de médiocrité, et se raccrocher à des morceaux de matchs pour tenter d’espérer en l’avenir.

A moins d’en appeler au Docteur Frankenstein pour occuper le poste de sélectionneur et donner à ces morceaux épars une forme cohérente, on risque bien d’attendre longtemps un succès du XV de France au pays du long nuage blanc.

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