«

»

Sep 06

Imprimer ceci Article

Vases communicants

Ces jeudi et dimanche, les joueurs de l’équipe de France de football vont lancer leur nouvelle saison internationale, revêtus d’un maillot où figurera désormais cette fameuse deuxième étoile symbolisant leur nouveau titre mondial obtenu en juillet dernier. Pour les rugbymen du XV de France, il faudra attendre novembre prochain pour assister à leurs débuts internationaux. Quant à leur tunique, point d’étoile jusqu’à présent et bien peu de chance qu’elle s’en orne dans les prochain mois.

Contrairement à sa cousine du ballon rond, l’équipe de France de rugby ne suscite ni l’optimisme sur son proche avenir, ni l’enthousiasme chez les jeunes qui ne se pressent pas, dit-on, dans les écoles d’ovalie. Il faut dire que la conjonction des mauvais résultats du XV de France et du débat de plus en plus vif sur les risques du rugby pour la santé des joueurs professionnels n’est pas de nature à convaincre les parents et leur progéniture de l’intérêt de la discipline.

La décroissance des effectifs licenciés n’est pas nouvelle. L’effet « coupe du monde » observé en 2007 et, dans une moindre mesure, entretenu par la place de finaliste décrochée par l’équipe de Marc Lièvremont en 2011, a été balayé par l’enchaînement des déconvenues enregistré au fil des années qui ont suivi ce dernier exploit. Le parcours inverse de la bande à Didier Deschamps, depuis la la désastreuse campagne sud-africaine de 2010 jusqu’à l’apothéose de celle de Russie l’été dernier, a certainement amplifié le phénomène de désaffection du ballon ovale qui n’est plus forcément « l’école de la vie » pour bon nombre de parents. Des parents qui, finalement, doivent trouver les Griezmann, Pogba et autre Mbappé drôlement sympa, bien élevés et pas moins vertueux que Teddy Thomas ou Maxime Machenaud.

La question de la santé des joueurs est également au centre des interrogations des familles. Même si elle concerne principalement le rugby de haut niveau, le mimétisme qui s’observe y compris dans les équipes de jeunes et qui pousse à pratiquer la collision au détriment de l’évitement, et l’exemplarité négative des incidents voire des drames survenus chez les professionnels contribuent sans doute à détourner des enfants du ballon ovale.

Existe-t-il un phénomène de vases communicants ? Les chiffres des licenciés dans chacune des deux disciplines peuvent le laisser penser puisque le football a enregistré une hausse de près de 200.000 pratiquants officiels depuis 2012 quand, dans le même temps, le rugby a décru de plus de 100.000 licenciés dont près de 20.000 chez les enfants.

Même s’il faudrait davantage que ces quelques chiffres pour confirmer la réalité du phénomène, force est de constater que la dynamique du football est un facteur de risque pour l’attractivité du rugby.

Il ne s’agit pas de s’en plaindre (car l’essentiel est de pratiquer un sport), mais simplement de reconnaître qu’il ne suffit pas de vanter les vertus d’une discipline sportive pour y attirer des pratiquants, et que la sélection nationale reste l’un de ses principaux facteurs de séduction.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/vases-communicants/

Facebook comments:


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>