Une question d’intelligence

Encore raté. Le XV de France a chuté en Irlande, dans un Aviva Stadium où il n’a plus gagné depuis 2011, une éternité. Et cette fois, il sera difficile de prétendre que les hommes de Guy Novès ont subi une défaite encourageante. Oh, ce ne fut pas catastrophique. Ce fut presque pire : médiocre.

On veut bien croire dans le projet de jeu du sélectionneur toulousain, mais il se trouve de plus en plus d’observateurs pour douter que les joueurs portant le maillot bleu soient à même de répondre à ses exigences. On a évoqué des difficultés physiques. Elles se sont manifestées tout au long du match, quand les Irlandais ont régulièrement mis les organismes tricolores dans le rouge, favorisant une indiscipline offerte au sifflet du complaisant Nigel Owens.

Mais ce qui frappe, encore une fois, c’est le manque d’intelligence dont les Français ont fait preuve. Que ce soit sur le plan défensif, concédant des pénalités stupides à proximité de tir du canonnier Sexton, ou dans le domaine offensif, se montrant incapables de trouver la faille dans la défense adverse, semblant parfois ne savoir que faire du ballon.

Il y a bien ces vingt premières minutes prometteuses, qui donnèrent à penser que, peut-être, les Tricolores allaient tenir leur fameux match référence. Mais il a fallu déchanter, et se résoudre à considérer le XV de France comme une équipe de deuxième ordre, située quelque part entre le tiers 2 et les meilleures nations, capable d’inquiéter ses adversaires durant une fraction plus ou moins longue du match mais cédant inexorablement devant des équipes tellement mieux organisées, tellement plus sûres de leur jeu que cette équipe méritante, comme on le dit d’un élève dont les efforts ne parviennent pas à masquer les insuffisances. Et qu’on ne parle pas de temps de préparation. Voilà quatre semaines que Guilhem Guirado et ses coéquipiers sont réunis pour travailler sans avoir à subir les affres d’aller-retours entre Marcoussis et leur club.

On trouvera peut-être ce commentaire trop sévère. Mais peut-on parler de progression quand le XV de France pointe aujourd’hui au huitième rang du classement mondial et tente péniblement de décrocher une quatrième place dans le Tournoi qu’il n’a plus remporté depuis maintenant six saisons ? Qu’on ne s’y trompe pas. Ce n’est pas la faute de Guy Novès. Même Joe Schmidt ou Eddie Jones ne pourraient sans doute pas faire mieux. Car sans intelligence – individuelle et collective – on n’a jamais vu quiconque parvenir à transformer des chevaux de trait en pur sangs.

Il reste deux matchs à l’équipe de France pour décrocher deux victoires et faire mieux que l’année passée. L’Italie, à son niveau actuel, et le Pays de Galles en pleine phase de doute, sont deux adversaires à sa portée. Mais il faudrait bien davantage que deux succès pour nous convaincre que le mal est bien plus profond qu’on ne veut l’admettre.

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