Une grande tristesse et deux sourires

crédit photo : Donall Farmer/INPHO

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Ce week-end de rugby européen a eu un goût bien amer pour tous les amateurs de ballon ovale. L’annonce du décès de l’entraîneur en chef de la province du Munster, Anthony Foley, a assombri les cœurs et renvoyé défaites et succès sportifs à leur juste place, parmi les péripéties secondaires de la vie.

Avant d’en être le coach, Anthony Foley était l’un des joueurs emblématiques de l’équipe du Munster, premier capitaine d’une formation irlandaise à brandir la « grande coupe d’Europe » (avec les clubs anglais). C’était en 2006, après une finale remportée devant le Biarritz Olympique. Anthony poursuivait l’œuvre de son père Brendan, international comme lui, qui avait avant Anthony porté très haut les couleur rouge-et-blanc de la province, remportant avec elle ce qui reste à ce jour la seule victoire irlandaise devant les All Blacks. C’était en 1978, dans un Thomond Park chaviré par le bonheur comme il l’est aujourd’hui de douleur.

Anthony Foley est décédé quelques heures avant la rencontre qui devait opposer le Munster au Racing 92 à Colombes. Dans le monde du spectacle, on a coutume d’employer l’adage « show must go on », et l’on pouvait craindre que l’ERCC, instance d’un rugby professionnel qui ambitionne d’en devenir un à part entière, ne s’en prévale pour maintenir le match. Fort heureusement, il n’en pas été question très longtemps. Il faudra disputer la rencontre à un autre moment, épineux problème au regard du calendrier, mais tellement dérisoire par ailleurs. La « red army » des supporters irlandais, réunie près des grilles du Stade Yves-du-Manoir, a rendu un vibrant hommage à Anthony Foley, en entonnant le fameux « Fields of Athenry », cette chanson devenue l’hymne de l’équipe de rugby du Munster. Une chanson narrant les déchirants adieux de deux amoureux séparés par un destin cruel, comme un écho douloureux à la disparition de l’enfant de Limerick.

Devant ce drame qui relativise tout le reste, on ne parlera pas de triste week-end pour le rugby français, mais plutôt de la confirmation de ses difficultés actuelles. La défaite toulonnaise face aux Saracens à Félix-Mayol en est, à cet égard, le plus édifiant exemple. Le RCT dont on notait la fébrilité et le manque de consistance en Top14 a montré ses limites contre la meilleure équipe d’Europe, subissant une véritable démonstration de force en première mi-temps avant de se reprendre un peu en seconde, sans que cela suffise à effacer la désagréable impression que le club varois a refermé le chapitre de ses belles années européennes pour en ouvrir un autre aux contours encore bien flous. Toulouse et Montpellier ont affiché leur manque de maîtrise en perdant, certes à l’extérieur, des matchs qu’ils auraient dû gagner. Castres a fait…du Castres en subissant la leçon du Leinster.

Heureusement, l’Union Bordeaux-Bègles et Clermont ont quelque peu redonné le sourire aux supporters français en l’emportant de fort belle manière respectivement face à l’Ulster et sur la pelouse d’Exeter. Tout n’a pas été parfait, loin de là, l’UBB et, dans une moindre mesure, Clermont, connaissant un retard à l’allumage et des soucis en conquête avant de prendre le meilleur sur leurs adversaires. Les deux équipes, qui partagent la même poule qualificative, se retrouveront samedi à Marcel-Michelin pour une rencontre déjà décisive dans la course aux quarts-de-finale.

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