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Mar 17

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Une défaite encore, rageante

Comme il fallait s’y attendre, le XV de France a perdu son dernier match du Tournoi à Cardiff. Ce qui était beaucoup moins attendu, c’est que cette défaite était loin, très loin d’être inéluctable. Un sentiment éprouvé non seulement au vu du score (13-14) mais aussi et surtout de la performance tricolore, qui aura surpris beaucoup d’observateurs, au premier chef l’auteur de ces lignes.

On pourra toujours faire peser la responsabilité de la défaite sur les épaules de François Trinh-Duc, fautif sur le seul essai gallois de la rencontre et auteur d’une pénalité « facile » ratée en fin de match. Mais cet échec regrettable car évitable est surtout à l’image de notre rugby, capable de rivaliser avec les meilleurs mais souffrant de carences rédhibitoires à ce niveau.

C’est entendu, les Français s’y entendent actuellement pour pourrir le rythme des matchs et pour faire déjouer leurs adversaires. Comment expliquer autrement la façon dont ces Gallois, pourtant ingambes tout au long du Tournoi, se sont enferrés dans la défense tricolores qui n’est pas seulement efficace mais qui est aussi, pourrait-on dire, « déjoueuse ». Elle aspire l’adversaire, perturbe le rythme de ses attaques, pollue ses transmissions, colle aux attaquants comme un sparadrap au capitaine Haddock, jusqu’à provoquer la faute de main ou réussir le grattage dans les rucks, avec comme chef d’orchestre Mathieu Bastareaud.

Cela rend les matchs un poil moins emballants, mais ce n’est pas inefficace, tant s’en faut. Après tout, les Irlandais ont bien failli rater le troisième Grand Chelem de leur histoire au Stade de France à cause de cette propension tricolore à rendre mauvais son vis-à-vis.On ne s’en plaindra pas.

Ce dont on pourra se plaindre, en revanche, c’est la ribambelle de ballons tombés, rendus au pied ou à la (faute de) main, égarés en route au plus grand soulagement de nos adversaires, aujourd’hui Gallois, demain Néo-Zélandais. Le jeu français est à l’image du Top 14, physique mais souvent un peu gêné quand il s’agit de transformer les ballons d’attaque en occasions gagnantes.

Il n’est pas certain que davantage de temps passé ensemble permette aux internationaux français de progresser suffisamment pour être véritablement dangereux l’an prochain au Japon. Dès lors qu’il n’y aura pas plus d’ambition dans le jeu hexagonal, il faut craindre que le XV de France continue d’enchaîner les défaites rageantes. Encore et encore.

PS Merci à David Arrieta pour ce titre que je me suis permis de lui emprunter.

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1 Commentaire

  1. jluc

    3 défaites dans ce tournoi. Avec un peu plus de maîtrise, de patience et de technique, elles se transformaient en victoire. Le problème, en effet, c’est le ENCORE.
    Depuis le dernier grand chelem en 2010, le XV de France n’est pas très loin de l’adversaire britannique dans ses défaites : jamais plus de 10 pts d’écart en 20 matchs perdus, sauf à 2 occasions (Anglais en 2015 et Gallois en 2014).
    Comme en 2017, la France est l’équipe la moins prolifique en essais et celle qui en encaisse le moins. ça vaut aussi en 2016 pour la plus faible attaque.
    Bref, continuité dans le changement de staff.

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