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Avr 24

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Un dimanche sous le signe du suspens

De l’incertitude jusqu’au bout, des candidats qui ne s’avouent vaincus qu’au terme d’une lutte acharnée, des résultats accueillis dans la liesse par le camp des vainqueurs, on peut dire que ce dimanche 23 avril s’est distingué à plus d’un titre. Sur celui qui intéresse ce blog, à savoir le rugby, les deux matchs de coupe d’Europe qui se sont déroulés à Paris et à Lyon ont offert aux amateurs un cocktail d’émotions comme seules les rencontres internationales et les phases finales de championnat peuvent nous en offrir.

A Paris, d’abord, où le Stade français, dans le rôle du phénix ovale, a décroché son billet pour la finale de la Challenge Cup en matant in extremis une équipe de Bath entreprenante, dont les qualités physiques semblaient au-dessus de celles des Parisiens, faisant craindre vingt dernières minutes douloureuses. Inscrivant trois essais en quelques minutes, les joueurs anglais se dirigeaient vers un succès sinon incontestable du moins mérité, quand Jules Plisson et ses copains, écoutant leurs tripes plutôt que leurs muscles endoloris, ont sonné la révolte et refusé d’abdiquer. Un essai magnifique de Hugh Pyle bien servi par un Djibril Camara de gala et un drop magistral de Plisson redonnaient l’avantage aux stadistes, avant que George Ford, l’oublié des Lions, ne rate la pénalité de la prolongation. Au coup de sifflet final, les tribunes donnèrent l’impression de fêter le titre. Ce n’était pourtant qu’une demi-finale de la « petite » coupe d’Europe. Mais après le chemin de croix du Top14 et la fusion avortée, le club de la capitale profite visiblement de la moindre occasion pour affirmer son bonheur d’être encore en vie.

Ensuite à Lyon, qui accueillait la demi-finale de l’ASM Clermont, opposé aux Irlandais du Leinster. Après un démarrage en trombe, les Auvergnats restaient à portée de fusil de ces diables de Leinstermen, auxquels il ne faut jamais laisser la moindre occasion de faire parler leur talent. Mais Clermont voulait sa finale et s’est montré intraitable, à l’image d’un Camille Lopez taille patron, auteur – entre autres – de deux drops magnifiques et qui s’impose de plus en plus comme l’ouvreur numéro un du rugby français. Dans une ambiance indescriptible, les hommes de Franck Azéma ont dû serrer les dents jusqu’au bout pour éviter une mauvaise surprise. En dépit de plusieurs absences, dont celles de Sean O’Brien et Jamie Heaslip, le Leinster a maintenu Clermont sous pression tout au long du match. Malgré 36 plaquages manqués, le club auvergnat est parvenu à contenir les vagues adverses et convertir ses temps forts en points. Il lui faudra certainement hausser encore davantage son niveau de jeu en finale face à d’impressionnant Saracens (quelle démonstration à Dublin devant le Munster !) pour espérer décrocher le Graal européen. En attendant, la fête lyonnaise fut magnifique et les admirables supporters auvergnats pouvaient à bon droit savourer la victoire des leurs.

Plus tard dans la soirée, d’autres joutes moins sportives sont venues peupler les écrans de télévision. On aura largement préféré le spectacle offert dans l’après-midi. Moins déterminant pour l’avenir de la France, c’est entendu, mais ô combien plus réjouissant.

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