«

»

Mai 01

Imprimer ceci Article

Un derby à l’ancienne

Hier au stade Jean-Bouin se disputait – n’en déplaise à Monsieur Bonnot – un vrai derby, entre deux clubs qui ont su renouer avec les fondations de leur histoire, quand le ballon ovale n’était l’affaire que de quelques étudiants fascinés par ce jeu importé d’outre-Manche. Le stade Jean-Bouin (ce dernier était sociétaire du CASG…) affichait une belle ambiance, et un taux de remplissage comme Thomas Savare aurait certainement souhaité qu’il fût plus souvent constaté.

Bien sûr l’épisode de la fusion morte-née n’a pas été pour rien dans ce succès populaire. Les sifflets et noms d’oiseau entendus dans les travées lors des quelques gros plans de Jacky Lorenzetti affichés sur les écrans géant en témoignent. Faut-il voir dans cette affluence record un réflexe affectif, le souhait de voir un dernier derby francilien au plus haut niveau alors que l’incertitude plane sur un éventuel repreneur pour le Stade français ou un regain d’intérêt lié à une fin de saison à suspens ? Un peu de tout cela, certainement.

Et on avouera que les acteurs de ce match ont été plutôt à la hauteur des espoirs placés en eux, même si, bien sûr, la rencontre a eu son lot de maladresses, de ballons tombés et autres choix de jeu peu judicieux comme le Top14 sait si bien nous en proposer. Ce derby nous a proposé quelques séquences qui ont rassuré les nostalgiques de ce jeu, la plus emblématique d’entre-elles étant sans conteste l’expulsion de Pascal Papé pour un coup de poing magistralement assené à un Henry Chavancy qui n’avait rien demandé (ni rien distribué qui mérite pareille mesure de rétorsion). Le capitaine du Stade français pourrait bien conclure sa carrière – il a annoncé sa retraite sportive à la fin de la saison – sur un geste qu’il aura régulièrement utilisé dans la chaleur des débats entre avants.

Dans ce derby à l’ancienne, que les rafales de vent et la pluie drue ont contribué à inscrire dans la tradition du rugby de papa, on aura également eu droit à du « chambrage » entre supporters, le coin de tribune réservé aux fans du Racing92 tenant la dragée haute aux hôtes rose-et-bleus. Tout cela resta néanmoins mesuré, entre gens de bonne compagnie, on n’insulte pas l’adversaire (exception faite, on l’a dit, de Jacky Lorenzetti, pour les raisons que l’on sait).

Au terme de ce match haut en couleur, nul doute que supporters et dirigeants du Stade français regretteront encore un peu plus la première partie de saison catastrophique de leur club dont les dernières prestations mettent en relief le gâchis sportif que constitue l’exercice 2016-2017. Même s’il reste encore un petit espoir de qualification pour les barrages, le Stade français devrait conclure sa saison dans une semaine. Et attendre que se manifeste un repreneur. Histoire de rejouer des derbies à l’ancienne dès la saison prochaine. On le lui souhaite. Et même au Racing, qui, n’en déplaise à Jacky Lorenzetti, a tout à gagner à faire perdurer cette rivalité sportive.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/un-derby-a-l-ancienne/

Facebook comments:


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>