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Juin 11

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Toulouse – Clermont, le beau jeu au conditionnel

Toulouse et Clermont ont réussi à déjouer les probabilités et se retrouveront donc au Stade de France samedi soir pour se disputer le Bouclier de Brennus. Sans trop forcer leur talent, et bien aidé par leur banc, plus frais et plus étoffé que celui des Rochelais et des Lyonnais, le Stade toulousain et l’ASM Clermont-Auvergne ont dominé des adversaires qui ne seront jamais vraiment parvenus à les faire douter.

Sur le papier, cette finale est la plus alléchante qui soit, et pas seulement parce qu’elle opposera les deux équipes les mieux classées à l’issue de la saison régulière. Par leurs ambitions offensives, par leur volonté de ne pas réduire le rugby à une série de chocs frontaux, Toulouse et Clermont composent l’affiche de rêve d’un championnat au jeu trop souvent restrictif dont, il est vrai, on a vu des prémices d’évolution plutôt positives depuis quelques mois.

Pourtant, il faut se garder de tout excès d’enthousiasme. Les exemples abondent en effet de finales qui devaient constituer l’acmé du beau jeu et qui ont donné lieu à des purges indigestes.

Qu’on se souvienne aussi des succès toulousains de ce dernier quart de siècle, quand le parangon du jeu de main se transforma plus souvent qu’à son tour en chantre du rugby réduit à sa plus simple expression, celle du lénifiant (mais efficace) triptyque « conquête – occupation – réalisme », avec l’essentiel des points inscrits sur des coups de pied de pénalité et des essais souvent de rapine.

Clermont a certes moins souvent transigé sur ses principes mais, si l’on dresse son ratio de victoire en finale, pas forcément pour son plus grand bénéfice. A l’instar de son concurrent toulousain, le club auvergnat a obtenu ses succès en pratiquant un rugby moins chatoyant qu’à l’accoutumé.

Est-ce à dire qu’une fois de plus l’enjeu va tuer le jeu ? Il reste des motifs d’espérer. En premier lieu parce qu’en demi-finales, les deux clubs n’ont pas bouleversé leur façon de jouer, persévérant dans la recherche des intervalles et des solutions au large. Ensuite, parce leur profondeur de banc les autorisent à nourrir ces ambitions de mouvement très exigeantes pour les organismes. Enfin parce que malgré une saison à rallonge, leurs joueurs paraissent disposer d’encore un peu de fraîcheur tant mentale que physique. Le fait de ne pas disputer les barrages les y aura aidés.

Importants, ces facteurs ne seront sans doute pas les plus déterminants : la clé de la réussite – et du spectacle – sera trouvera sans doute dans la capacité des deux équipes à dynamiser leurs rucks offensifs et organiser le désordre dans la défense adverse au profit d’une cavalerie très à l’aise dans l’art du contre. Or ces deux équipes, si elles sont les plus prolifiques en attaques, font également partie des formations les plus hermétiques du championnat.

Ne nous y trompons donc pas. C’est d’abord en conquête que la finale se jouera. Et que le jeu trouvera, ou non, à s’épanouir.

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