«

»

Avr 01

Imprimer ceci Article

Toulon : des bâtons pour se faire battre

Gagner au Munster est un plaisir rare, que seules quelques équipes ont connu en Coupe d’Europe. Hier, en quart-de-finale de Champions Cup, le RC Toulon a bien failli y goûter, mais le délicat fumet de la victoire s’est envolé à quelques minutes de la fin de la rencontre. Si l’on s’en tient à l’action décisive de la 75ème minutes, la faute en revient à l’imprécision de son ouvreur, François Trinh-Duc, incapable de trouver une touche depuis ses vingt-deux mètres, et à l’ailier Josua Tuisova, dont le placement défensif hasardeux a ouvert un boulevard à l’ailier irlandais Andrew Conway, slalomeur de talent au milieux des piquets varois.

Mais au regard de l’ensemble de la rencontre, le RCT a donné beaucoup de bâtons pour se faire battre par le Munster. Il a collectionné les imprécisions, en touche notamment, s’est entêté à pratiquer des mauls, un des rares secteurs du jeu où le Munster, bousculé une bonne partie du match, conservait sa supériorité, et donné des points à son adversaire sur des pénalités qu’un peu plus de lucidité aurait permis d’éviter.

De surcroît, le club varois a vérifié à ses dépens une règle d’or du rugby : quel que soit le niveau auquel il évolue, un joueur connaissant parfaitement les règles jouira d’un avantage certain sur son adversaire. Il faut souhaiter à Éric Escande qu’il retienne cette leçon infligée par son vis-à-vis Conor Murray.

Au bilan, Toulon a encaissé deux essais qu’il aurait largement pu éviter pour se qualifier logiquement. Oui, logiquement, car ce RCT là semblait hier revenu au niveau auquel on l’avait connu il y a quelques saisons, puissant et dominateur, au point d’infliger à son rival un premier quart d’heure étouffant comme rarement Thomond Park en avait connu. A son détriment, s’entend.

Les critiques sont nombreuses à s’être abattues sur l’arbitre de la rencontre. Nigel Owens, qui ne jouit pas d’une réputation très flatteuse auprès des Français, est un bouc émissaire fort pratique pour passer ses nerfs ou éviter de se poser trop de questions sur sa propre performance. Le président du RCT l’a bien compris qui s’est empressé de faire peser plus ou moins subtilement sur le Gallois la responsabilité de la défaite de son club. Après ses sorties hasardeuses sur son staff, et avant une fin de saison où Toulon a une belle carte à jouer, ses critiques sur l’arbitrage permettent de détourner l’attention, de laisser ses joueurs dans un état d’esprit revanchard et d’entretenir le début de dynamique entrevu ces dernières semaines. Le Brennus est peut-être à ce prix.

Que Monsieur Owens n’ait pas été dans son meilleur jour, c’est possible. Qu’il n’ait pas été aidé par son TMO, c’est certain. Nul doute qu’accorder un essai de pénalité à Toulon et donner un carton jaune à Simon Zebo dans les premières minutes aurait changé la physionomie de la rencontre. Mais il faudrait également revenir sur l’essai de Chris Ashton entaché d’un en-avant de passe préalable. D’une manière générale, Nigel Owens a été cohérent. Face à une équipe comme le Munster, c’est déjà beaucoup…

Au final, Toulon repart avec des regrets mais sans doute également de belles certitudes. A condition qu’il s’emploie à ne plus offrir de bâtons à son adversaire, on voit mal le club varois viser autre chose qu’un titre en Top14.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/toulon-des-batons-pour-se-faire-battre/

Facebook comments:


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>