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Mar 11

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Toujours bon à prendre

« Réjouis-toi d’une victoire contre les Anglais. Si tu ne sais pas pourquoi, eux le savent. »

Voilà, en gros, le sentiment partagé par tous les supporters du XV de France après le succès plutôt inattendu remporté face à nos meilleurs ennemis. Tant pis pour la manière – mais fallait-il s’attendre à autre chose ? – et tant pis si, en face, les Rosbeefs, loin, très loin d’être saignants, donnèrent l’impression d’être un peu cuit en cette saison post-tournée des Lions britanniques.

Alors que le public tricolore n’en menait pas large à l’entame de la rencontre, son homologue anglais laissait libre court à une certaine arrogance qui lui fit chanter le Swing low, généralement entonné lorsque le XV de la Rose manifeste sa supériorité sur son adversaire, avant même que les premières balles fussent échangées. Mais après tout, comment en vouloir à ces supporters dont l’équipe a affiché depuis deux ans une série de victoires à faire pâlir d’envie le plus cocardier des fans tricolores ? Seulement voilà, l’équipe d’Angleterre traverse un passage à vide depuis le début des hostilités hivernales et n’est plus que l’ombre de la triomphante armada qui aligna 23 succès de rangs après sa Coupe du monde ratée.

Et quand le XV d’Angleterre roule sur la jante, il ne faut surtout pas rater l’occasion de l’envoyer dans le décors. Ce que firent Guilhem Guirado et ses coéquipiers pour le plus grand plaisir d’un public ravi de cette victoire aux allures de divine surprise.

Si les chiffres ne sauraient à eux seuls résumer un match, quelques-uns illustrent combien ces Anglais ont été en deçà de leurs standards habituels. Ils ont ainsi concédé quinze fautes, un score indigne d’une équipe classée au deuxième rang mondial. De leur côté, les Tricolores ont perdu cinq de leurs touches – dont une en toute fin de rencontre qui aurait pu être fatale – et été pénalisés trois fois en mêlée. Ce qu’en revanche ces chiffres n’indiquent pas, c’est l’état d’esprit irréprochables des Français, qui ont affiché une belle solidarité dans le combat et des vertus hormonales qui ont suffi, hier, pour gagner.

Si ce blog a souvent été critique à l’égard de Mathieu Bastareaud, il faut reconnaître que le Toulonnais a été excellent, dans un registre qui a fonctionné face à des Anglais incapables d’imprimer une cadence suffisamment élevée pour le gêner. L’autre revenant, François Trinh-Duc, a également été à son avantage, affichant une grande sobriété et assez peu de déchets dans son jeu. Si les deux hommes ne figurent pas l’avenir du XV de France, ils ont répondu présent et de cela, il faut les remercier.

Globalement décevant, les joueurs Anglais ont donné l’impression de ne pas être en mesure d’imposer leur propre tempo, attendant le dernier quart d’heure pour montrer quelques signes de leur véritable potentiel. Au-delà des interrogations qu’on peut avoir sur leur fraîcheur physique et mentale, plusieurs questions se posent sur certains postes, et en particulier la troisième-ligne. Ainsi, le choix d’aligner Courtney Lawes en numéro 6, l’absence de Billy Vunipola, qui joue un rôle déterminant dans le jeu offensif anglais apparaissent comme des paramètres de l’équation qui se pose aujourd’hui à Eddie Jones.

Au lendemain de ce match, deux constats se dégagent : le XV d’Angleterre traverse un trou d’air et c’est le prochain Tournoi et non celui-ci qui éclairera véritablement sur ses chances de succès en coupe du monde. Le XV de France n’est pas devenu comme par miracle une machine à gagner, mais il a su remporter un match qu’il aurait sans doute perdu l’automne dernier, ce qui est positif : par les temps qui courent, toute victoire est bonne à prendre. Surtout face aux Anglais.

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