Top 14 : Bilan à mi-parcours

Déjà treize journées disputées pour le Top14 version 2011-2012. Renvoi aux 22 vous propose un bilan à mi-parcours, avant d’attaquer la phase « retour » de la saison régulière.

Effet Coupe du Monde

La phase « aller » du Top 14 a été clairement marquée par la Coupe du monde. Celle-ci a privé un certain nombre de clubs d’une part non négligeable de leur effectif pendant une période très longue (9 matchs !). Toutes les équipes n’ont pas su s’adapter à cette situation, en particulier celles dont la profondeur de banc ne permettait pas de faire face aux absences. Quelques clubs ont montré combien ils étaient dépendant de deux ou trois éléments clés. C’est ainsi le cas de Biarritz et Montpellier, même si, s’agissant du BO, il semble délicat d’imputer ses difficultés à la seule Coupe du monde.

A noter le comportement de l’ASMCA, dont les jeunes joueurs alignés en l’absence des internationaux du club ont tout particulièrement brillé et permis à Clermont d’occuper le haut du classement, une position désormais consolidée.

Les rouge-et-noir au sommet

C’est la couleur du moment. Celle qui orne les maillots du Stade toulousain et du Rugby club toulonnais. Les deux clubs occupent respectivement la première et la troisième place du classement à l’issue de la phase aller du championnat. Même si les Toulousains paraissent un cran au-dessus, certains observateurs se demandent si cette année ne sera pas, enfin, celle du RCT. La philosophie du président Boudjellal n’a pas changé : embauche de stars et objectifs ambitieux. Des objectifs quelque peu contrariés en début de saison et le départ anticipé de Philippe Saint-André vers l’équipe de France. Mais l’arrivée de Bernard Laporte semble avoir eu un effet positif sur le groupe toulonnais, qui, de plus, ne se dispute pas la H Cup cette année.

Côté Toulouse, le recrutement n’a pas été moins prestigieux, avec notamment une charnière internationale Australo-Kiwi du meilleur aloi. Même si la paire Burgess – McAllister est loin d’avoir donné toute sa mesure, force est de reconnaître qu’elle apporte un plus à l’effectif toulousain. Quand, en plus, un Lionel Beauxis retrouve le niveau international, un Jean-Marc Doussain poursuit son ascension, ou que Timoci Matanavou fait oublier Rupeni Caucaunibuca sur son aile (liste non exhaustive de satisfactions toulousaines), on peut décemment estimer que le Stade version 2011-2012 ne devrait pas être bien loin du doublé HCup – Top14.

Clermont et Castres : silence, ça tourne

Et pendant que Toulouse et Toulon tiennent le haut du pavé médiatico-rugbystique, l’ASMCA poursuit tranquillement sa route. Deuxième à mi-parcours, le club Auvergnat enchaîne les bons résultats, et a même profité de la Coupe du monde pour faire éclore au plus haut niveau Wesley Fofana et Jean-Marcellin Buttin. Néanmoins, même si l’effectif clermontois apparaît riche et homogène, il est possible que l’avenir du club en Top14 dépende de son parcours en H Cup. Une élimination prématurée de cette compétition, objectif majeur du club cette saison, renforcerait sans doute son statut d’ennemi public numéro 1 de Toulouse dans la course au Brennus.

Côté Castrais, l’équipe ne fait pas beaucoup parler de soi, mais pourtant, elle tourne. Et plutôt bien, à en juger par sa quatrième place au classement. Le duo d’entraîneur Laurent Labit – Laurent Travers n’est pas parvenu à imposer leur équipe en H Cup (le CO est quasi-éliminé), mais poursuit en championnat le travail déjà accompli les saisons passées. Il ne manque pas grand chose, sans doute, pour que les Tarnais passent enfin le cap des barrages et accèdent aux demi-finales. Pourquoi pas cette année ?

Les Basques faiblissant

L’Aviron Bayonnais, après les remous de la fin de saison dernière, pensait sans doute jouer enfin les premiers rôles en Top14. Mais force est de constater – une fois encore – que le recrutement était loin d’être aussi brillant sur le terrain que sur le papier. Les Sione Lauaki et, plus récemment, Joe Rokocoko, ne sont que l’ombre d’eux-mêmes. Et le staff a finalement fait les frais des mauvaises prestations de l’équipe, sanctionnées par une piètre 11ème place au classement.

Mais nul doute que les supporters Bayonnais se consoleront de leurs déboires en constatant combien le voisin et rival Biarrot est mal en point, bien plus que les ciel-et-blanc. Le BO occupe une triste dernière place, avec 15 points seulement. On pensait que le retour des internationaux redonnerait du ressort à l’équipe, mais celui-ci reste désespérément grippé. Le sort de Patrice Lagisquet ne tient plus qu’à un fil et on verrait assez le président Blanco couper celui-ci. La situation n’est pas encore totalement compromise. Mais il faudra à la lanterne rouge-et-blanc accomplir un gros parcours retour pour échapper à la relégation.

 Tout, tout de suite

Pas besoin d’attendre le concert du nouvel an pour assister à une valse. Celle des entraîneurs du Top14, en l’occurrence. Jacques Delmas a ouvert le bal à l’USAP, avant d’être rejoint par les entraîneurs de Bayonne et Simon Mannix, l’adjoint de Pierre Berbizier au Racing. On a également appris que le duo Lanta – Deylaud, qui pourtant fait de l’excellent travail à Agen, ne sera pas reconduit l’an prochain. Quant au sort de Patrice Lagisquet, il est, on le sait, suspendu à la décision de son président. Les clubs professionnels de rugby ne supportent plus, désormais, d’attendre pour obtenir des résultats. On en en vient à donner son congés à un coach quelques mois seulement après sa prise de fonctions. Une manière d’agir qui, pourtant, ne donne pas nécessairement les résultats escomptés, comme on peut le constater à Bayonne et à Perpignan.

Mano a mano francilien

C’est toujours le chassé-croisé entre le Stade français et le Racing Métro 92. Cette année, les deux clubs se tiennent dans un mouchoir de poche, occupant respectivement les 5ème et 6ème place du classement. La première manche du derby, remporté facilement par le Stade Français dans un Stade de France bien rempli, a donné le ton de la première phase du championnat : le Racing connaît un coup de moins bien en Top14, assorti d’une campagne calamiteuse en H Cup, alors que le Stade Français paraît renaître de ses cendres, mené par un Pascal Papé transfiguré depuis son  retour de la Coupe du Monde. Seul Byron Kelleher, erreur du casting parisien, n’a pas participé au renouveau parisien.

Les promus s’accrochent

Ils sont certes classés 12ème et 13ème, mais l’Union Bordeaux-Bègles et le Lyon Olympique Universitaire ne sont pas décrochés. L’UBB ne compte qu’un point de retard sur le 11ème, Bayonne, et le LOU quatre. Les deux promus s’affronteront en match en retard. En cas de victoire, Bordeaux-Bègles pourrait bien provoquer un coup de froid chez les clubs du « ventre mou » du classement. Même si on sent bien que les deux équipes sont les plus fragiles sur le papier, elles peuvent profiter de la crise qui pointe à Biarritz voire à Perpignan. Plus encore que les années précédentes, il semble bien que le maintien sera âprement disputé.

Un Top14 qui tient, globalement, ses promesses

Au terme de la phase aller, les interrogations sont au moins aussi nombreuses que les confirmations. Malgré quelques matchs décevants, le Top14 tient pour l’instant ses promesses en termes d’intensité et de suspens. On souhaiterait évidemment un peu plus de jeu, que les schémas tactiques soit moins restrictifs, et on regrettera les flops Bayonnais, Biarrots ou Perpignanais. Mais une fois de plus, le haut comme le bas de tableau offrent des perspectives intéressantes pour les amateurs de rugby.

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