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Mar 21

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The devil in mister Jones

Ca n’arrive pas qu’aux autres !

Voilà ce que pourraient dire les sélectionneurs qui se sont succédé à la tête du XV de France ces dernières années : Eddie Jones lui-même est en effet sur la sellette des médias britanniques après la piteuse cinquième place de l’équipe d’Angleterre dans le Tournoi des six nations. Il faut dire qu’avant le début de la compétition, les mêmes médias s’interrogeaient sérieusement sur la possibilité pour le sélectionneur de décrocher une historique troisième victoire d’affilée.

Il est très douteux que la RFU, qui a prolongé en janvier dernier son contrat jusqu’en 2021, ne fasse subir à Eddie Jones le sort d’un Guy Novès, débarqué à moins de deux ans de la prochaine coupe du monde. Pourtant, les critiques sont fortes qui devraient certainement provoquer des changements à la tête de la sélection anglaise.

Force est de constater que le trou d’air qui frappe le XV de la Rose a de quoi inquiéter. On l’a dit, la Tournée des Lions britanniques a eu sa part de responsabilité dans la perte de fraîcheur physique et mentale des joueurs au maillot blanc, usure dont les prestations du deuxième-ligne Maro Itoje constituent l’illustration la plus évidente. Les blessures n’ont pas non plus épargné le groupe et ont éloigné de lui des éléments clés, à l’image de Billy Vunipola.

Pourtant, les moins conciliants des observateurs outre-Manche relèvent que le jeu du XV d’Angleterre affiche une nette tendance à la dégradation depuis plusieurs mois et que ses dernières prestations ont mis en exergue le manque de lucidité – pour ne pas dire d’intelligence – de joueurs qui ont pourtant fait la preuve de ces qualités il y a encore un an.

Faut-il voir dans ce phénomène la conséquence du management d’Eddie Jones, ce diable d’homme dont la réputation de « dur » n’est plus à faire ? A cette aune, et sans verser dans la caricature, l’exemple de sa réussite japonaise peut être discuté : ce qui a fonctionné avec la mentalité nippone marche peut-être moins bien en Angleterre. Parmi les pièces à charge versées au dossier, la presse britannique évoque un staff bridé (si l’on ose dire) par façon dont Eddie Jones exerce sa supervision sur lui. Celui-ci inhiberait plus qu’il ne libèrerait les initiatives. Où l’on retombe sur le problème d’intelligence de jeu et, justement, de prises d’initiatives. Mais la presse ne fait pas peser la responsabilité de la mauvaise passe du XV de la Rose sur les seules épaules de Jones. Elle questionne également le curriculum vitae de ses collaborateurs.

On peut penser que si des changements interviennent, ils porteront précisément sur l’entourage du sélectionneur plutôt que sur le sélectionneur lui-même. A l’approche de l’échéance mondiale, la RFU préférera sans doute demander à Jones de modifier certains aspects de son management au lieu de faire table rase de deux ans et demi de mandat.

Au nom du pragmatisme dont ils sont coutumiers, les Anglais s’accommoderont certainement du diable pendant dix-huit mois plutôt que de se vouer à on ne sait quel saint.

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2 Commentaires

  1. jluc

    une troisième victoire d’affilée dans le tournoi, pas un troisième grand chelem d’affilée.

    1. Antoine

      Tout juste.

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