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Avr 07

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Spedding, une claque en guise de JIFF

La croisade personnelle de Scott Spedding aurait pu se terminer cette semaine. Mais la décision de la Fédération française de rugby, qui devait se prononcer sur l’octroi du statut de JIFF au joueur clermontois, de confirmer son refus malgré l’invitation du tribunal arbitral du CNSOF à accorder une dérogation à l’international tricolore, a relancé le dossier et, peut-être, signifié la fin prochaine du dispositif.

Rappelons que Spedding, non conservé par son club à la fin de la saison, cherche à décrocher le fameux statut de JIFF (joueur issu des filières de formation) pour pouvoir faciliter son recrutement des formations du Top14. Car paradoxalement, sa nationalité française, obtenue il y a quelques années, et ses sélections internationales avec le XV de France, ne lui garantissent pas un nouveau contrat pour la saison prochaine. La faute en particulier à la contrainte imposée aux équipes professionnelles par les règlements hexagonaux d’avoir au maximum 16 joueurs « non JIFF » dans leur effectif. Ne satisfaisant pas aux conditions requises pour bénéficier du statut de JIFF, Spedding voit ses chances de recrutement sérieusement compromises.

Voilà pourquoi l’ancien international junior sud-africain se bat afin qu’une exception soit faite à son profit. Le terme « profit » est d’autant plus adéquat que les JIFF, denrées recherchées, ont une rémunération plus importante que celle à laquelle ils pourraient prétendre sur des critères purement sportifs. Ce n’est pas neutre pour Spedding, dont le niveau de salaire, lié à son statut d’international, connaîtra un sérieux infléchissement en cas d’échec de sa démarche. Barré à l’ASMCA, âgé de 31 ans, il ne peut plus avoir les mêmes prétentions qu’il y a encore trois ans, quand il revêtait régulièrement la tunique frappée du coq.

Que sa quête du JIFF soit animée par des motifs personnels – égoïstes oseront certains – voilà qui n’ôte en rien la légitimité de Spedding à vouloir obtenir gain de cause. Après tout, ayant mouillé le maillot bleu, il pourrait mériter des égards particuliers. Cependant, s’il décidait de porter l’affaire devant les tribunaux, il est à craindre pour le dispositif des JIFF qu’il soit sérieusement menacé. Un bon nombre de spécialistes du droit estiment en effet que ce dernier porte atteinte aux règles de libre circulation des travailleurs européens. L’exemple du basket espagnol, dont un système analogue a été démantelé suite à une décision de justice, est régulière cité à l’appui de ce raisonnement.

Après sa claque reçue devant les instances fédérales, Scott Spedding pourrait donc bien être tenté de porter l’affaire devant les juridictions administratives, ce qu’au passage les présidents de clubs les plus opposés au dispositif des JIFF n’ont jamais fait malgré leurs menaces.

Les chances de réussite sont sérieuses pour le Clermontois. A tel point qu’on s’interroge sur la décision de la FFR. Pourquoi prendre un tel risque alors qu’une dérogation pour services rendus (22 sélections, ce n’est pas rien) aurait permis de limiter les risques de « contagion » ? Peut-on imaginer que le président Laporte chercherait à casser un dispositif conçu par la LNR, à laquelle il est en conflit plus ou moins ouvert depuis son élection à la tête de la fédération ?

Force est de constater qu’une annulation judiciaire du système constituerait un sacré camouflet pour Paul Goze et placerait « Bernie » en position de force dans le bras-de-fer qui oppose les deux hommes et, avec eux, les institutions qu’ils représentent.

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