Solides !

On espérait une confirmation du XV de France, elle est intervenue. Dans un stade de Lille pas tout à fait plein (pour la deuxième fois en deux test-match des bleus…), sur une pelouse indigne d’une rencontre internationale, les hommes de Philippe Saint-André ont répondu aux attentes et aux interrogations de leurs supporters.

C’est un marronnier rugbystique que de mettre en exergue l’inconstance des tricolores, leur incapacité à enchaîner les bonnes performances. Avant la rencontre d’hier, les commentateurs avisés rappelaient qu’en novembre 2004 les Français avait chuté à Marseille face aux Argentins une semaine après avoir battu l’Australie.

Cette fois, nous avaient promis les bleus, pas question de se relâcher et de laisser échapper une deuxième victoire de rang. Force est de reconnaître qu’ils ont tenu parole.

Et pourtant, les choses n’avaient pas nécessairement débuté de la meilleur des manières. Empruntés en défense, laissant le ballon à leurs adversaires, les Français ont permis aux Pumas de s’installer de la meilleure des manières dans la rencontre. Sur une belle action collective, les joueurs de Santiago Phelan ont profité d’un positionnement défensif et de plaquages manqués des tricolores pour marquer dès la 6ème minute le premier essai de la rencontre.
Menés 7-3 puis 13-3 après un quart d’heure de jeu et deux pénalités inscrites par Federico Sanchez, les bleus semblaient repartis dans leurs travers habituels. Mais cette fâcheuse impression a rapidement cédé la place à l’enthousiasme.

Conduits par un Frédéric Michalak encore une fois très inspiré, comme piqués au vif par la réussite argentine, les tricolores ont remis leur jeu à l’endroit. Et c’est par l’inusable Vincent Clerc qu’ils sont revenus au score puis ont pris l’avantage, avec deux essais inscrits en trois minutes (19ème et 22ème minute), puis un troisième sur un magnifique exploit personnel de Yannick Nyanga à la 34ème minute. Un avantage définitif que le XV de France s’est attaché à accroitre jusqu’au score final (39-22).

La première mi-temps fut remarquable, tant les deux équipes semblaient décidées à relancer tout les ballons, faisant presqu’aucune faute de main. Il fallu ainsi attendre la 39ème minute pour assister à la première mêlée de la rencontre. Dans ce domaine, les bleus ne connurent pas la même réussite que la semaine précédente. Il furent même dominés sur les trois premières. Mais la rentrée de Thomas Domingo puis celle de Vincent Debaty leur permirent de rééquilibrer les débats en ce domaine.

Si la deuxième période fut moins enthousiasmante que la première, elle fut un modèle d’abnégation et de sérieux de la part du XV de France. Imprimant à leur défense une intensité remarquable, Pascal Papé et ses coéquipiers n’ont jamais permis aux Pumas de profiter des quelques occasions offensives que leur capacité à passer après contact pouvait leur offrir. S’ils n’ont pas marqué d’essai en deuxième mi-temps, les bleus ont néanmoins proposé plusieurs phases de jeu intéressantes, sanctionnées par des pénalités transformées par un Frédéric Michalak en réussite. Et après un sursaut d’orgueil argentin, bien maîtrisé par la défense française, les tricolores ont offert aux spectateurs du stade de Lille un bouquet final à la sirène, attaquant pendant près de 5 minutes au-delà du temps réglementaire et échouant d’un rien à inscrire un ultime essai.

Si l’ensemble du XV de France a réalisé une prestation de choix, il paraît difficile de ne pas évoquer quelques noms particulièrement en vue hier soir. On a déjà cité celui de Frédéric Michalak, qui semble désormais installé durablement aux commandes de l’équipe. Devant, Louis Picamoles se bonifie au fil des matchs et Yannick Nyanga, en deux sorties, a donné au prédécesseur de Philippe Saint-André toutes les raisons de regretter de l’avoir écarté de son groupe. Dans le même ordre d’idée, Florian Fritz a une nouvelle fois justifié sa sélection au centre de l’attaque tricolore. Un petit mot, enfin, sur Brice Dulin dont on peut penser qu’il sera un taulier de cette équipe s’il continue à progresser.

Après les deux premiers matchs de la tournée automnale, le XV de France affiche une solidité qu’on ne lui connaissait plus depuis un bon bout de temps. Il est en passe de réussir son objectif de remporter les trois tests de son programme. Mais il devra se méfier des Samoa. Solide, l’équipe ilienne l’est aussi, comme en témoigne son succès à Cardiff face aux Gallois. A cet égard, alors qu’on pensait que le sélectionneur français pourrait faire tourner son effectif et aligner les « petits jeunes », on pouvait estimer que les dernières performances Samoanes convaincrait sans doute PSA de reconduire l’essentiel de son groupe actuel et de ne retoucher que très marginalement l’équipe. L’annonce de l’arrivée de Gaël Fickou, Pierrick Gunther et du retour de Sébastien Vahaamahina apparaît comme le signe d’une belle confiance du sélectionneur dans le potentiel et la force de caractère de cette équipe.

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