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Avr 12

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Sélectionneur national : la tentation plébiscitaire ?

Les résultats de la consultation des présidents des clubs amateurs de rugby par la Fédération française sur l’opportunité de nommer un sélectionneur étranger à la tête du XV de France ont été rendus publics. Près de 60% des suffrages exprimés l’ont été en défaveur de cette mesure proposée par le président Laporte qui, à titre personnel, la soutenait officiellement. Et comme il s’est engagé à se conformer à ces résultats, la perspective de voir Warren Gatland (ou un autre) revêtu d’un survêtement frappé du coq s’éloigne sensiblement, pour ne pas dire qu’elle est durablement enterrée.

Cela n’est pas forcément une bonne nouvelle pour notre équipe nationale. Il paraît que « nous avons tout ce qu’il faut chez nous ». Les performances tricolores depuis près de dix ans auraient plutôt tendance à invalider un constat qui tient plus de la méthode Coué qu’autre chose. Ce qui a prévalu, c’est le conservatisme d’un rugby engoncé dans des certitudes qui confinent à de l’aveuglement.

On nuancera cependant ce jugement sévère par deux remarques : en premier lieu, il faut observer que la moitié du corps électoral ne s’est pas donné la peine de voter. Il en ressort que le rejet de la proposition formulée par Bernard Laporte correspond à 30% des inscrits. Autant dire qu’on est loin d’un refus massif, d’autant qu’il est généralement observé que les opposants se mobilisent davantage que la « majorité silencieuse ».

Ensuite, il ne faut pas écarter la possibilité que ce référendum ait, dans la grande tradition politique hexagonale, viré au plébiscite : plus qu’un vote contre la proposition, on a voté contre son auteur, lui manifestant ainsi un mécontentement sur l’ensemble de sa politique, en particulier en direction des clubs amateurs, précisément. Ces derniers ont en effet quelques griefs à opposer à Bernard Laporte et ce scrutin revêtait des accents d’élections de mi-mandats.

Il est difficile de conclure sur les motivations véritables du président de la FFR sur la question du sélectionneur étranger. Certains avancent même que ce résultat négatif arrange bien les affaires d’une fédération dans le rouge financièrement et de son principal dirigeant qui a désormais une légitimité supplémentaire pour faire prévaloir ses vues sur l’articulation entre la sélection et les clubs.

Reste que le spectre d’un plébiscite raté plane désormais sur Bernard Laporte. Au sein de sa base électorale l’enthousiasme des débuts cède peu à peu la place à une forme de défiance à laquelle, semble-t-il, l’épineux dossier du sélectionneur national n’est pas totalement…étranger.

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