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Mai 18

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Salary cap ou pas cap ?

Cette semaine, le Stade français a annoncé plusieurs recrutements en vue de la saison suivante. Et pas n’importe lesquels : Nicolas Sanchez, ouvreur international de la franchise argentine des Jaguares, Yoann Maestri et Gaël Fickou, respectivement deuxième-ligne et trois-quarts centre du Stade toulousain, porteront ainsi le maillot rose du club de la capitale. On se doute bien que ces trois joueurs ne viendront pas pour des clopinettes. Il faudra même au Stade français racheter une partie du contrat de Gaël Fickou à qui il reste normalement une année toulousaine.

Bénéficiant de la manne financière de son président, le très riche Hans-Peter Wild, le club parisien compte bien faire concurrence aux habitués des recrutements dorés sur tranche, dont les plus emblématiques sont Montpellier, Toulon ou le Racing 92. Dans le même temps, l’Union-Bordeaux Bègles a annoncé plusieurs arrivées qui ont nécessité un effort financier assez significatif.

Cette valse des contrats à six chiffres laisse dubitatif sur le respect par les équipes du Top14 du fameux Salary cap, censé limiter les dépenses salariales des clubs, et qui est fixé à 11,3M€ pour la saison à venir. Pourtant, le règlement édicté par la Ligue Nationale de Rugby, qu’on peut aisément consulter sur son site Internet, semble particulièrement drastique. En effet, sont pris en comptes non seulement les rémunérations servies par les employeurs des joueurs mais également les versements effectués par des « parties associées » aux clubs aux « parties associées aux joueurs ».  Ces «parties associées » sont considérées de manière très large, sans qu’un lien juridique soit absolument nécessaire, puisqu’un lien économique peut suffire à qualifier une entité de « partie associée ».

A titre d’exemple, une somme versée par un sponsor au cousin germain du joueur doit être prise en compte dans le calcul de la masse salariale. Idem pour les contrats de cession de droits d’image. A cet égard, le règlement de la LNR cherche à ratisser large dans l’espace (ceux qui versent et ceux qui reçoivent) et temps le temps (les rémunérations perçues après la fin du contrat sont également concernées). De surcroît, le plafond intègrera désormais les contrats espoirs et les jokers médicaux.

Reste qu’au vu des rémunérations annoncées à chaque intersaison, et de l’importance des effectifs professionnels (au moins une trentaine), la question se pose de l’effectivité de ce dispositif. Entre ceux qui fustigent le non respect du salary cap par quelques uns et ceux qui dénoncent l’hypocrisie d’un système contourné par tout le monde, il est difficile d’y voir vraiment clair.

On sait pertinemment que le rugby français, ça ne date pas du professionnalisme, déteste parler d’argent. Il aurait pourtant tout à gagner à afficher clairement la donne. Quitte à instaurer, comme en NBA, une « luxury tax » pour les dépassements, qui ne serait pas une sanction comme celles qui existent actuellement, mais plutôt la contrepartie à des velléités de recrutements dispendieuses.

Il semble vain de vouloir imposer un système rigide, même si son fondement est sportivement et éthiquement justifié. Mais la vérité des prix vaut mieux qu’une situation qui laisse la porte ouverte aux pratiques discutables et aux fantasmes alimentant la défiance plus ou moins généralisée des dirigeants du rugby pro hexagonal.

Alors messieurs les présidents de clubs, rugbymen et agents, cap ou pas cap de jouer la transparence ?

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