Saikō no shifuku

Photo The Yomiuri Shimbun

Incroyable. Extraordinaire. Les qualificatifs manquent pour exprimer ce que tous les amoureux du rugby ont pu ressentir aujourd’hui, devant l’une des plus belles rencontres de la Coupe du monde 2019, qui opposait le XV du Japon à celui de l’Ecosse.

Au lendemain du passage d’Hagibis, typhon d’une rare violence, qui aura fait près de vingt victimes et d’incommensurables dégâts, les organisateurs sont parvenus à offrir au monde entier le spectacle d’un match magnifique disputé dans une ambiance fantastique de ferveur. Tout, des hymnes jusqu’aux scènes de liesses au coup de sifflet final, fut magnifique.

Il fallait pour cela que les deux adversaires en présence se hissent à la hauteur de l’événement. Et ce fut le cas, même si les Ecossais ont paru avoir du mal à rentrer dans le match. Magnifiques de volonté et d’abnégation, les Brave Blossoms ont livré l’un des matchs les plus aboutis de l’histoire de leur XV national, à placer au niveau du « miracle de Brighton » d’il y a quatre ans face aux Springboks. Cette fois, on ne parlera pas de miracle, d’abord parce qu’il y a eu le précédent de l’Irlande, dominée à Shizuoka le 28 septembre, et qu’ensuite les joueurs de Jamie Joseph ont dominé leur adversaire sur l’ensemble de la rencontre et sont parvenus à gérer leurs temps faibles avec une splendide efficacité.

Admirables en défense, les Japonais le furent également en attaque, avec un jeu de passes à faire pâlir d’envie n’importe quel sélectionneur français. La précision et la rapidité du jeu nippon a semblé déstabiliser des adversaires ne sachant plus vraiment comment les contrer, eux qui d’ordinaire se délectent d’un rugby décousu. Ayant perdu le fil d’Ecosse en première période, les joueurs de Greg Townsend ont cherché alternativement leur salut en seconde dans le défis physique et le jeu au large mais sans réelle continuité ni réussite.

Compensant un déficit de puissance dans les rucks par un mental à toute épreuve, les Japonais ont aussi été intelligents dans leurs choix tactiques, même si leur enthousiasme – et une propension à oublier l’arme du jeu au pied – aurait pu leur jouer quelques tours. Ils ont su contenir le retour des Ecossais et conserver une avance de sept points au tableau d’affichage.

Au coup de sifflet final les joueurs et leur public pouvait exulter et se laisser emporter par la « Saikō no shifuku », félicité suprême, récompense merveilleuse pour tout le travail accompli depuis quatre ans, et baume sur le cœur d’un peuple marqué par les épreuves climatiques depuis dix ans.

Les Japonais terminent donc premier de leur groupe devant l’Irlande et l’Ecosse et sont en quart-de-finales de leur coupe du monde de rugby. Ce n’est peut-être pas grand chose. Ce n’est que du sport. Mais c’est magnifique.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/saiko-no-shifuku-felicite-supreme/

(1 commentaire)

    • Anonyme on 13 octobre 2019 at 22 h 36 min
    • Répondre

    Un match et un result incroyable. Bravo aux Japonais.

Laisser un commentaire

Votre adresse ne sera pas publiée.