Remake

A quelques encablures de la Cité du cinéma, c’est à un remake que nous invitent le Stade français et Clermont samedi prochain. Avec la particularité que certains des acteurs seront les mêmes que pour l’original. Quant à l’issue, quelque chose nous dit qu’elle pourrait être identique.

Huit ans après leur dernière confrontation en finale, les deux clubs se retrouvent avec l’espoir de décrocher le bouclier de Brennus. Ce serait une première depuis 2007 pour la formation parisienne et une deuxième depuis sa création pour l’Auvergnate. On peut vraiment parler de revanche au vu de la liste des joueurs qui, déjà, s’étaient affrontés dans l’enceinte dionysienne lors du dernier sacre du Stade français. Ainsi Pierre Rabadan, Jérôme Fillol, Sergio Parisse et Julien Arias retrouveront Brock James, Aurélien Rougerie, Davit Zirakashvili et, peut-être, Julien Malzieu et Loïc Jacquet. Quant à Jamie Cudmore, il doit à une commotion de ne pas pouvoir fouler à nouveau la pelouse du Stade de France samedi.

Il y a huit ans, le Stade français avait remonté un déficit de douze points pour l’emporter sur le fil grâce à un essai du puissant troisième ligne Radike Samo, après un rush de Julien Arias sur près de 60 mètres. L’ASMCA qui pensait enfin l’emporter devait attendre trois années supplémentaires pour brandir le Brennus.

Pourtant, bien qu’il ait arraché la victoire presque miraculeusement, le Stade Français pouvait se poser en vainqueur incontestable de l’édition 2006-2007, lui qui occupa la place de leader de la première à l’ultime journée de la saison régulière. Cette année, les choses sont moins évidentes et sur la seule phase qualificative, on ne saurait vraiment départager les deux équipes. Proches au classement (Clermont occupe la place de dauphin, Paris la quatrième), elles ont chacune remporté chez elles leurs confrontations directes.

On sent néanmoins comme un je-ne-sais-quoi d’assurance chez le Stade français qu’on ne trouve pas avec la même force chez le concurrent auvergnat. Indéniablement, les soldats roses sont sur une dynamique positive, qui leur a permis de renverser facilement le Racing 92 en barrages puis de surclasser le RC Toulon en demies. On insiste beaucoup sur la qualité du pack parisien, terreur des mêlées, présent dans le combat et la conquête. Mais il faut également saluer le dynamisme des trois-quarts et, naturellement, le retour au meilleur niveau de l’ouvreur Morné Steyn. Difficile d’afficher autant d’optimisme côté Clermontois. Pénibles vainqueurs de Toulousains pourtant très moyens, les hommes de Franck Azéma paraissent traîner encore derrière eux leur défaite en finale de Coupe d’Europe. La sérénité du champion qui semblait habiter l’équipe auvergnate au sortir de l’hiver et de sa magnifique campagne européenne, a fait place à une prudence de chat échaudé.

La possibilité d’être deux fois fanny après l’échec en ERCC ne va certainement pas contribuer à faciliter l’approche psychologique de la finale pour Franck Azéma et ses hommes. Mais, a contrario, comment rêver meilleure occasion pour l’ASM de faire taire tous ceux qui la taxe de faiblesse mentale ? En cas de défaite, le club serait le deuxième de l’histoire du rugby français à échouer sur la dernière marche des deux compétitions la même année après…le Stade français en 2005.

A quelques heures de la finale, on sera donc tenté de donner un petit avantage au Stade Français, qui de surcroît jouera un peu à domicile. Mais on souhaite surtout que ce remake soit à l’image de l’original et nous offre la même dramaturgie qu’il y a huit ans.

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(1 commentaire)

  1. De la dramaturgie et du suspens, il ne faut pas demander plus et surtout pas du rugby dans ces phases finales insipides depuis de trop longues années.

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