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Nov 05

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Question de cohérence

Ce sont des Springboks très certainement un peu revanchards qui se présenteront samedi sur la pelouse du Stade de France (qu’au passage la FFR s’évertue à remplir avec force rabais). La faute aux Anglais qui ont fait chuter à Twickenham les seuls tombeurs des All Blacks en 2018, au terme d’une rencontre que les Sud-africains n’aurait sans doute pas perdu avec un peu plus d’application et, peut-être, gagné si l’arbitre du match, l’Australien Angus Gardner, avait appliqué plus rigoureusement les directives de World Rugby en matière de plaquages dangereux.

Il faut être clair. Les premiers responsables de la défaite sont les joueurs de Rassie Erasmus eux-mêmes. Leur domination insolente en première période aurait dû se concrétiser par une confortable avance au tableau d’affichage. Mais la multiplication de fautes de main et de touches ratées à proximité de l’en-but ont permis aux Anglais d’atteindre la pause avec un retard de deux petits points (8-6). La deuxième mi-temps a été plus équilibrée, comme on pouvait s’y attendre entre une équipe en fin de saison et une autre qui débute la sienne, d’autant qu’Eddie Jones a fait du « fitness » de ses hommes un axe majeur de son travail en vue de la prochaine Coupe du monde. Et ce sont les Anglais, loin d’être éblouissants mais très solides physiquement, qui ont remporté le match avec deux pénalités inscrites contre une seule aux Springboks.

La cause aurait été entendue sans l’incident survenu dans les arrêts de jeu, qui aurait pu, qui aurait dû valoir aux Anglais une pénalité « tentable » pour le buteur sud-africain. Seulement voilà, la charge à l’épaule d’Owen Farrell sur le trois-quarts André Esterhuizen n’a été jugée irrégulière ni par l’arbitre, ni par le TMO. Sherry sur le pudding, le commissaire à la citation n’a pas davantage estimé que l’ouvreur anglais ait commis un geste répréhensible.

Pourtant, au vu des images, la faute est difficilement discutable, surtout dans le contexte des directives de World Rugby visant à protéger les joueurs contre les plaquages dangereux. Celui de Farrell peut d’ailleurs difficilement être qualifié de « plaquage » puisqu’il ne fait pas le geste consistant à ceinturer son adversaire. Le camp des défenseurs de la décision favorable à Farrell (qui, comme on peut s’en douter, regroupe pour l’essentiel des journalistes et joueurs de l’hémisphère nord) a beau jeu de déclarer qu’il s’agit simplement d’une « collision massive » entre deux joueurs ou de déplorer que tendance émolliente du rugby. Dès lors que World Rugby demande aux arbitres de sanctionner ce type de geste, il convient de le faire. Quant à prétexter que l’arbitre ne doit pas influencer le score dans les derniers instants du match, cela revient à dire qu’il serait possible pour l’équipe qui défend de faire n’importe quoi pour éviter un essai ou un drop en bonne position.

Interrogeons-nous seulement sur le comportement qu’aurait adopté l’arbitre à un autre moment du match. Et on ne parlera même pas de la nationalité du fautif, qui n’aurait peut-être pas bénéficié de la même mansuétude s’il avait été Fidjien ou Samoan. En l’occurrence, il ne s’agit pas de rendre le rugby moins « percutant », mais bien de faire preuve de consistance dans un contexte particulier, celui d’une remise en cause d’un sport professionnel dont l’image s’est dégradée au fur et à mesure qu’il a gagné en intensité physique.

Ainsi, pour avoir manqué de cohérence dans leur jeu, les Sud-Africains se sont grandement compliqué la tâche. Et le match s’est finalement joué sur une décision d’arbitrage qui, elle aussi, a pêché par défaut de cohérence.

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