Premiership + guest

Comme il fallait s’y attendre, il y aura trois clubs anglais en demi-finale de la Champions Cup. Le Stade français, empêtré dans une saison compliquée, n’a pas pesé bien lourd face à Leicester et c’est donc l’équipe des Tigres qui affrontera le Racing 92, vainqueur du quart franco-français qui l’opposait au Rugby club toulonnais. Dans l’autre demi-finale, les Saracens et les Wasps se recontreront après avoir battu respectivement Northampton et Exeter. Cette année, la Champions cup ressemble fortement à une « Premiership + guest ».

En Challenge Cup, Grenoble et Montpellier représenteront la France en demies, alors que les Gallois de Newport ont créé la surprise en l’emportant à Gloucester, privant l’Angleterre de son deuxième représentant (avec  les Harlequins) à ce stade de la compétition.

Une seule formation celte en demi-finales, et encore, dans la coupe la moins prestigieuse des deux, voilà qui fait un peu désordre dans le paysage du rugby européen. Certes, c’est la première fois depuis des lustres qu’aucun représentant écossais, irlandais ou gallois ne figurera pas dans la liste des quatre derniers prétendants au titre de la « grande » coupe d’Europe. Mais il est troublant de constater que depuis la finale 100% irlandaise de 2012, seul le Munster en 2013 et 2014 puis le Leinster l’année suivante ont été en mesure d’accéder aux demi-finales – sans se qualifier pour la finale. Faut-il voir dans cette situation une simple coïncidence avec la prise de pouvoir des clubs anglais et français dans les instances dirigeantes des compétitions européennes ? C’est loin d’être certain.

On espère vraiment que l’absence irlandaise de cette année ne sera qu’un accident. Parce qu’une compétition réduite à un mano-a-mano franco-anglais perdra vraiment de sa saveur, surtout si on devait voir se multiplier les matchs entre clubs de même nationalité. Hier, la rencontre Racing- Toulon a proposé un spectacle manquant nettement de sel, ce qui était moins le cas de celle qui opposait le Stade français à Leicester, malgré un score déséquilibré.

Au-delà du passage à vide irlandais, c’est l’absence durable de représentants écossais ou gallois qui inquiète et désole. D’évidence, le déséquilibre des forces économiques explique cette disparition des écrans radar. Il y a d’ailleurs un côté cynique dans le fait que les tenants d’un super-championnat européen avec une élite resserrée sont en partie à l’origine du phénomène d’appauvrissement de l’intérêt de la compétition européenne actuelle.

A moins d’un exploit du Racing le 24 avril, on assistera le 14 mai prochain à la deuxième finale de rang opposant deux clubs d’un même pays. Une coïncidence, vraiment ?

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(1 commentaire)

    • jluc on 11 avril 2016 at 18 h 30 min
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    je ne partage pas l’analyse.
    L’an dernier 4 clubs anglais en quart, 1 seul en demi et zéro en finale.
    Cette année, il n’y a qu’un club anglais de plus en 1/4 mais le tableau différent pourrait donner une finale 100% anglaise. C’est la 1ère fois depuis 2009 que les 4 clubs recevant en 1/4 se qualifient en 1/2.
    Si finale anglaise il y a, ce sera la 4è en 5 saisons opposant 2 équipes de la même nation, alors que ce n’est que la 2è saison de l’EPRC. La compétition a toujours été l’objet de cycles de clubs/franchises et de nations.

    Regardez le classement du PRO12 celte. Sauf retournement à 3 journées de la fin, les 4 provinces irlandaises seront dans la grande coupe d’Europe l’an prochain, au détriment des Ospreys qui rateront pour la 1ère fois cette compétition. Hormis les Irlandais qui arrivent à garder leurs meilleurs joueurs, la majorité des Gallois et Écossais ont filé depuis belle lurette en Angleterre, ou en France avec parfois moins de succès (surtout les 3/4).

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