Plaisir d’offrir, joie de recevoir

C’est entendu, la période est aux cadeaux. Mais on aurait préféré que les Toulousains jouent les pères fouettards avec les Harlequins plutôt que les pères Noël. On attendait des hommes de Guy Novès qu’ils valident par anticipation leur billet pour les quart-de-finale de la H Cup, mais ils ne sont malheureusement pas parvenus à prendre le meilleur sur un adversaire qui n’a pas galvaudé sa réputation du moment, à savoir celle d’une équipe redoutable et accrocheuse.

Une semaine après leur succès au Stoop stadium, les Toulousains ont-ils fait preuve de suffisance à l’égard des Harlequins ? C’est possible, même si on ne peut pas dire que les joueurs aient attaqué la rencontre la fleur au fusil, comme en témoignèrent notamment les trois premières mêlées qui virent le pack rouge-et-noir mettre au supplice son vis-à-vis, ou la prestation en touche de l’alignement haut-et-garonnais. Mais ce sont surtout certaines insuffisances qui privèrent les Toulousains des quatre points de la victoire.

Ainsi celles de leurs buteurs, et au premier chef Luke McAllister. Près de 15 points laissés en route, voilà qui fait beaucoup, d’autant que les Toulousains n’ont pas su non plus convertir en essais leur domination territoriale. A l’exception de la deuxième moitié de la première période, les Toulousains ont en effet mis la main sur le cuir sans parvenir à franchir plus de deux fois la ligne d’en-but adverse, alors que, dans le même temps, les Anglais ont su à trois reprises aller pointer en terre promise.

Rarement on vit équipe anglaise être aussi clairement à la limite de la régularité, pour ne pas dire au-delà, sur le terrain comme en dehors. Ainsi, à deux reprises, un soigneur puis un joueur ont sciemment empêché les Toulousains de jouer rapidement une touche. Le carton rouge infligé par M. Rolland au troisième ligne des Quins auteur du deuxième acte d’anti-jeu, est intervenu trop tardivement pour changer quoi que ce soit.

Mais le comportement discutable des hommes de Conor O’Shea n’explique pas seule la contreperformance toulousaine. Force est de constater que les attaquants rouge-et-noir n’ont pas su s’adapter à la défense anglaise, celle-ci coupant rapidement les extérieurs et gênant énormément les transmissions de balle.

Trop souvent isolé, le porteur du ballon n’a pas trouvé ses habituels soutiens. Et parallèlement, les Quins sont parvenus à bonifier plusieurs de leurs situations offensives, en particulier sur des récupérations de balle. Auteurs de trois essais, les Anglais ont bien failli revenir de leur déplacement au Stadium avec cinq points, ce qui aurait représenté une très mauvaise affaire pour Toulouse.

En accrochant le bonus défensif, le Stade a préservé l’essentiel. Mais il se prive d’une fin d’hiver tranquille. Il devra batailler jusqu’au bout pour décrocher sa qualification, et pourrait bien regretter les trois points lâchés hier, au moment où il faudra déterminer les équipes qui recevront pour les quarts.

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