Quarts de finale : la preview de Jules

Renvoi aux 22 ouvre ses colonnes à Jules qui vous présente les quarts de finales de la Coupe du monde. Petit rappel des forces et des enjeux en présence.

Après des phases de poule intenses, les quarts de finale s’ouvrent ce week-end pour nous emmener jusqu’à la finale dans trois semaines. Une preview en bonne et due forme est donc de rigueur

Angleterre-Australie : La pêche au gros

D’un côté, un XV de la Rose invaincu depuis le début de ce mondial et de l’autre des Wallabies qui ont éprouvé certaines difficultés à s’imposer contre des équipes moins réputées. Anglais et Australiens se connaissent par cœur : Deux finales de Coupe du Monde en 1991 et 2003, un quart de finale en 2007. Pour l’instant, l’avantage est anglais avec deux victoires et une défaite. Il est même égal si l’on ajoute un match de poule en 1987 remporté par les Wallabies. En tout cas, deux choses sont sûres ou presque : Le vainqueur affrontera la Nouvelle-Zélande à Yokohama et un gros poisson sera pris dans le filet.

Nouvelle-Zélande-Irlande : Le plafond de verre

Depuis 1987 et la première édition de la Coupe du Monde, l’Irlande n’a jamais passé les quarts de finale et on voit mal comment la malédiction pourrait s’arrêter face au double tenant du titre néo-zélandais. Bien sûr tout est possible mais, sans sous-estimer le XV du Trèfle, il est fort possible qu’ils passent une nouvelle fois à la trappe. A moins que…

Pays de Galles-France : Quitte ou double

Entre les Gallois et les Français, c’est une longue histoire. On se souvient tous de cette demi-finale en 2011 remportée d’un point par les Bleus. Mais c’était il y’a 8 ans, et depuis, on a plus en mémoire les affrontements dans le tournoi (Dont le dernier en date remporté par les joueurs du Poireau dans le scénario qu’on connait). On promettait la mort au XV de France en phase de poule mais ils ont malgré tout tenu leur barque et atteint l’objectif d’une qualification en quarts. Mais, cet objectif atteint, il faut maintenant essayer d’aller au bout. Ou de tomber lamentablement, au choix.

Japon-Afrique du Sud : En plein rêve

On a presque du mal à croire ce qu’on voit depuis 3 semaines mais c’est bien le cas : Le Japon impressionne depuis le 20 septembre dernier. Sauf qu’en face, ce sont des Springboks en quête de rédemption qui se dressent face aux Brave Blossoms en quête d’un nouvel exploit. Rappelons que lors du dernier match entre les deux nations lors du Mondial 2015, ce sont les Nippons qui l’avaient emporté 34-32. Un présage ?

Jules HAGNERE

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Les jours d’après

Nous retrouvons notre envoyé spécial, François-Xavier, pour son dernier article sur son séjour au Japon. Nous le retrouvons après le match des Bleus face aux Tonga, s’apprêtant à assister aux deux dernières rencontres programmées durant son périple : France – Angleterre et Japon – Ecosse…

J’avais quitté Kumamoto sur une impression très fâcheuse: celle d’avoir à assister, quelques jours après la rencontre des Bleus face aux Tonga, à une resucée nippone d’Azincourt ou de Waterloo.

Mes devoirs de supporter ne m’aveuglaient pas au point de renoncer à toute honnêteté intellectuelle : sauf retournement improbable, et donc imprévisible, j’allais devoir être le spectateur impuissant d’une déculottée rugbystique du XV de France par celui d’Angleterre.

Cela ne m’ a empêché de profiter, dans l’intervalle, des charmes des anciennes capitales que sont Kyoto et Nara. Kyoto, ville impériale dont les habitants se plaisent à dire que « l’empereur est seulement parti en congés à Tokyo », a certes perdu de sa superbe. Toutefois, les maisons mères des sociétés japonaises et des écoles d’arts sont encore sises à Kyoto et des milliers de temples sont toujours là. Parmi eux, on en compte un dédié au rugby. Le vaste panthéon shinto a placé le rugby sous l’égide de la déesse Kantama-no Mikoto. Un espace lui est dédié à l’intérieur du grand sanctuaire Shimagono et les ema (tablettes en bois portant les voeux des fidèles et suspendus aux bois des sanctuaires shinto) y prennent naturellement la forme d’ un ballon de rugby.

Venait ensuite la découverte de Nara, la première capitale fixe de l’empire. Dans le parc de la ville, au sein duquel se dresse le Temple Tōdai-ji, les daims tournent autour des visiteurs à l’ affût de la nourriture officielle vendue par un réseau de roulottes. Bien agrainés, ils ne manifestent aucune hostilité, bien que le cycle hormonal annuel devrait tourmenter les mêmes . Nous sommes vraiment dans la carte postale mais la découverte du pavillon d’or est toujours un moment de grâce.

Pour autant, ces élans esthétiques ne devaient pas nous faire oublier l’essentiel : France-Angleterre se rapprochait et le shinkansen pour Tokyo ne nous attendrait pas. Toutefois, les nouvelles de la météo se dégradèrent à toute allure. Le dix-neuvième typhon touchant cette année le Japon allait frapper de plein fouet l’ agglomération tokyoïte, imposant la décision d’annuler le match France-Angleterre. Le déchaînement des éléments a eu pour conséquence imprévue de permettre aux Bleus de sortir invaincus du premier tour, ce que personne n’ aurait parié.

Ayant vécu aux fauteuils d’orchestre les tempêtes françaises de 1999 et de 2009, je ne connaîs que trop la violence de la nature dans ces circonstances. Je n’ai personnellement eu à subir qu’ une réclusion dans ma chambre d’hôtel, avec électricité, eau courante et internet, pour me garder à l’abri des torrents de pluie qui se sont déversés sans discontinuer pendant vingt-quatre heures. J’ai toutefois éprouvé le (petit) frisson d’ un tremblement de terre.

Les média ont diffusé le dramatique bilan humain et matériel des intempéries. Le jour s’est levé sur un grand ciel bleu mais les dégâts étaient bien là. Pas dans le centre de Tokyo, où feuilles et quelques branches par terre étaient les seuls stygmates de la catastrophe. Egoïstement, mes regards se sont focalisés vers Yokohama. Port de l’ agglomération tokyoïte, il avait subi directement les assauts des éléments. La rivière jouxtant le stade avait débordé et certaines installations (dont les vestiaires) étaient inondées. La question de l’annulation pouvait se poser légitimement. Toutefois, le feu vert fut donné vers midi. La protection préalable de la pelouse et un immense travail invisible du grand public a permis la tenue du match dans des conditions matérielles tutoyant le zéro défaut.

C’ est ainsi que je me suis intégré à la marée rouge et blanche des supporters, pacifique celle-là, qui a déferlé sur le stade de Yokohama. Nostalgique de l’auld alliance, je m’étais préparé à soutenir nos amis écossais. Je me suis cependant senti quelque peu isolé au sein de la colonie française, qui a majoritairement pris fait et cause pour les locaux. Dans un stade plein comme un oeuf, les 67.666 spectateurs ont d’ abord observé une minute de silence à la mémoire des victimes du typhon, moment de recueillement digne et grave. Vint ensuite le moment des hymnes. Celui du Japon se prête peu au chant. Pour un peuple peu réputé pour extérioriser ses passions, le seizième homme japonais s’est pourtant donné à fond dès ce moment et son investissement est resté du même niveau jusqu’au coup de sifflet final. J’ ai assisté à un déchaînement continu, même (et peut-être) surtout lorsque la barque nippone tanguait. Le tout, dans le respect le plus complet de l’ adversaire, a débouché sur des moments de fraternisation, autour de la musique, des chants et des buvettes.

Le score est connu de tous. Force pour moi est de reconnaître que le meilleur a gagné. Mais de quelle manière ! L’enjeu était lourd pour les deux protagonistes. Les Japonais ont pourtant joué avec l’audace de ceux qui ont tout à gagner. J’ai apprécié cet engagement physique et moral de tous les instants, cette recherche continue de solutions pour briser la résistance de l’adversaire. Certes tout ne fut pas parfait (mais la perfection est-elle de ce monde?). Un jeu au pied mieux possédé par les Brave blossoms leur aurait permis d’ alourdir le score en leur faveur. Quelques violences ont un peu entâché le cours du jeu, avec notamment l’amorce d’une bagarre générale à la 67ème minute. Mais ce n’ est pas avec des chaussures en rafia que les joueurs pouvaient offrir un spectale d’ une telle qualité et offrir autant de plaisir aux spectateurs. Des mouvements d’ une intensité rare, d’ une rapidité et d’ une audace folle trahissent la force collective et les compétences techniques possédées par les deux groupes. Tout cela ne fait que souligner en creux ce qui manque tant à notre quinze…

Le lendemain, j’ai fait mes adieux au Japon pour regagner mon cher pays. Je garde toutefois dans mon coeur et ma mémoire des moments inoubliables de découverte, de surprise et de joie.

Qu’est maintenant le Japon à mes yeux? Un mélange de la RFA d’ Adenauer et de futuropolis, avec ses bons et des mauvais côtés. Le tramway de Fukuoka, avec son plancher en bois, ses sièges en moleskine à boutons (sans aucune éraflure) et ses tablettes en bois verni. Les cabines téléphoniques à pièces avec l’ annuaire, libre de tout lien, sous le combiné. La ponctualité rigoureuse des moyens de transport. Les restaurants où le tabac est naturellement présent. Les motocyclistes qui ignorent le port du casque. Les équipements techniques du dernier cri. En même temps, ce respect forcené des règles, expression de ce zen collectif qui tient lieu d’ idéal social. Tout clou qui dépasse appelle le marteau, dit (à peu près) un proverbe local. Un monde profondément matérialiste, où la solitude est prégnante. Un hyperconsumérisme, dont la simple soutenabilité devrait faire question.

Et si, au fond, ce qui est vraiment japonais était ce qui ne se voit pas? Puissent les jours d’ après mon retour me permettre de le discerner.

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De la reproduction sociale dans le rugby

Le Canada s’est qualifié pour la Coupe du monde 2019 au repêchages au détriment de nombreux principes sportifs

La Coupe du monde 2019 met sous nos yeux un fait surréaliste : une seule nation qui dispute le Mondial au Japon n’a pas disputé celui en Angleterre en 2015. Il s’agit de la Russie. Le pire, c’est que la Russie s’est qualifiée suite aux sanctions infligées à d’autres pays européens pendant le processus de qualification. Parmi eux se trouvait évidemment la Roumanie, qui était l’équipe présente en Angleterre en 2015. À titre de comparaison, il y a eu huit changements parmi les 32 équipes présentes aux Coupes du monde de football 2014 et 2018. Alors que se passe-t-il sur la planète ovale ?

Je sais ce à quoi vous pensez. C’est vrai, le monde du rugby est bien plus restreint que celui du football et le nombre de nations compétitives au plus haut niveau mondial est encore plus limité. Seulement, ce serait se voiler la face que de fermer les yeux sur les autres facteurs de reproduction des équipes dans les grandes compétitions mondiales. En effet, le système de qualification pour le mondial mis en place par World Rugby est complètement biaisé avec l’objectif de permettre aux équipes les plus compétitives de prendre part à la Coupe du monde et donc de proposer le meilleur niveau de jeu possible. Un choix qui semble entrer en contradiction avec la volonté de développer la pratique du rugby dans de nouveaux pays. D’ailleurs, si vous en doutez, regardez les grandes compétitions internationales que sont le Six-Nations et le Rugby Championship… personne n’a l’opportunité de les rejoindre s’il ne se fait pas inviter, aucun système de qualification n’étant mis en place. 

Mais regardons de plus près la qualification à la Coupe du monde qui est l’événement phare du rugby mondial. Nous prendrons deux pays comme exemple. Le Canada et la Namibie, tous deux présents au Japon. Pour se qualifier le Canada a eu droit à trois essais. Tout d’abord, le vainqueur de sa confrontation avec les États-Unis se qualifiait directement pour le Japon. Le perdant, le Canada, avait toutefois la chance de pouvoir jouer un match de barrage contre le vainqueur du tournoi sud-américain pour se qualifier directement à nouveau. Cette confrontation, gagnée par l’Uruguay envoya le Canada en repêchage, lui permettant de tenter sa chance une troisième fois dans une poule avec d’autres seconds, fois qui fut la bonne, pour se qualifier. Le Canada a donc eu trois opportunités pour se qualifier directement pour la Coupe du monde. 

La Namibie n’a pas eu la même chance. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il s’agit d’un pays africain, continent peu intéressant aux yeux de World Rugby d’un point de vue des retombées économiques. Il faut savoir que 90% du budget de la fédération internationale provient de cet événement tous les quatre ans. Les enjeux économiques qui y sont liés sont donc loin d’être mineurs. La Namibie n’a donc eu qu’une opportunité pour gagner un ticket pour le Japon. Si elle voulait se qualifier il fallait finir dans les deux premiers de l’Africa Rugby Gold Cup. En gagnant, elle s’est qualifiée directement, le Kenya finissant second se voyant offrir une place pour les repêchages. Mais non, cela ne fait pas deux opportunités de qualification pour autant mais bien une seule car le Canada était sûr de pouvoir essayer de se qualifier trois fois quelques soient ses résultats, la Namibie quant-à-elle n’a eu qu’une opportunité pour finir dans les deux premiers de son groupe continental. Alors oui je m’indigne, et je ne devrais pas être le seul, je trouve ce système allant à l’encontre du sport. Vous me direz, il est tout à fait en accord avec l’annulation de matchs comme Nouvelle-Zélande Italie. 

Mais aveuglée par les lueurs vertes des billets et non de la pelouse, la fédération internationale préfère faire la politique de l’autruche lorsqu’elle est confrontée à des inégalités de la sorte. Par exemple, lorsque les joueurs du Pacifique comme le samoan Dan Leo s’indignent sur les réseaux sociaux et dénoncent les pratiques des grands clubs français qui imposent à leurs joueurs de renoncer à la Coupe du monde au moment de signer leurs contrats, World Rugby fait la sourde oreille. C’est sûr, une finale Samoa-Fidji entraînerait bien moins de retombées économiques qu’Angleterre-Australie mais au moins elle respecterait les règles du sport. Pendant plus d’un siècle, cette même fédération s’est battue pour que le sportif ne soit pas perverti par le professionnalisme dans le rugby de manière on ne peut plus noble. Mais depuis 1995 tout a bien changé là-haut. 

J’arrête de critiquer World Rugby qui après tout investit l’argent de ces compétitions de manière très noble pour permettre à des jeunes de s’émanciper par le rugby à travers le monde et qui nous permet au quotidien de voir du beau jeu dans des compétitions (plutôt) bien organisées. Seulement trop c’est trop et il est temps que les dirigeants reviennent à la raison. Je profite de plus de ce dernier paragraphe pour saluer deux joueurs : Jack Lam et Jerry Tuwai. Le premier se retrouve sans club depuis que hier sa Coupe du monde avec les Samoa s’est terminée parce qu’il a refusé de signer en TOP 14 car les clubs qui le démarchaient lui auraient imposé de renoncer à représenter son pays au Mondial. Le deuxième, qui est un des meilleurs joueurs de rugby à sept du monde décline chaque année des offres pharamineuses de clubs du monde entier pour avoir le droit de continuer à représenter les îles Fidji sur les étapes de World Series et autres événements. Il a préféré vivre dans la misère plutôt que de faire vivre plusieurs familles en allant jouer à XV en Europe mais il fait la fierté de toute sa nation.

Et pour moi, ça mérite d’être souligné, bien plus que la qualification du Canada. 

Antoine Duval

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Saikō no shifuku

Photo The Yomiuri Shimbun

Incroyable. Extraordinaire. Les qualificatifs manquent pour exprimer ce que tous les amoureux du rugby ont pu ressentir aujourd’hui, devant l’une des plus belles rencontres de la Coupe du monde 2019, qui opposait le XV du Japon à celui de l’Ecosse.

Au lendemain du passage d’Hagibis, typhon d’une rare violence, qui aura fait près de vingt victimes et d’incommensurables dégâts, les organisateurs sont parvenus à offrir au monde entier le spectacle d’un match magnifique disputé dans une ambiance fantastique de ferveur. Tout, des hymnes jusqu’aux scènes de liesses au coup de sifflet final, fut magnifique.

Il fallait pour cela que les deux adversaires en présence se hissent à la hauteur de l’événement. Et ce fut le cas, même si les Ecossais ont paru avoir du mal à rentrer dans le match. Magnifiques de volonté et d’abnégation, les Brave Blossoms ont livré l’un des matchs les plus aboutis de l’histoire de leur XV national, à placer au niveau du « miracle de Brighton » d’il y a quatre ans face aux Springboks. Cette fois, on ne parlera pas de miracle, d’abord parce qu’il y a eu le précédent de l’Irlande, dominée à Shizuoka le 28 septembre, et qu’ensuite les joueurs de Jamie Joseph ont dominé leur adversaire sur l’ensemble de la rencontre et sont parvenus à gérer leurs temps faibles avec une splendide efficacité.

Admirables en défense, les Japonais le furent également en attaque, avec un jeu de passes à faire pâlir d’envie n’importe quel sélectionneur français. La précision et la rapidité du jeu nippon a semblé déstabiliser des adversaires ne sachant plus vraiment comment les contrer, eux qui d’ordinaire se délectent d’un rugby décousu. Ayant perdu le fil d’Ecosse en première période, les joueurs de Greg Townsend ont cherché alternativement leur salut en seconde dans le défis physique et le jeu au large mais sans réelle continuité ni réussite.

Compensant un déficit de puissance dans les rucks par un mental à toute épreuve, les Japonais ont aussi été intelligents dans leurs choix tactiques, même si leur enthousiasme – et une propension à oublier l’arme du jeu au pied – aurait pu leur jouer quelques tours. Ils ont su contenir le retour des Ecossais et conserver une avance de sept points au tableau d’affichage.

Au coup de sifflet final les joueurs et leur public pouvait exulter et se laisser emporter par la « Saikō no shifuku », félicité suprême, récompense merveilleuse pour tout le travail accompli depuis quatre ans, et baume sur le cœur d’un peuple marqué par les épreuves climatiques depuis dix ans.

Les Japonais terminent donc premier de leur groupe devant l’Irlande et l’Ecosse et sont en quart-de-finales de leur coupe du monde de rugby. Ce n’est peut-être pas grand chose. Ce n’est que du sport. Mais c’est magnifique.

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