A qui le tour ?

Après Jacques Delmas, ce sont donc les entraîneurs de l’Aviron Bayonnais qui font les frais d’un début de saison en deçà des attentes de leurs dirigeants.

Actuel 11ème du classement, l’Aviron bayonnais est bien loin des ambitions affichées avant que ne débute le championnat, ambitions appuyées sur un recrutement pour le moins luxueux et, pour l’instant, totalement inefficace. C’est sans doute la raison pour laquelle Michel Cacouault (à moins qu’il ne s’agisse d’Alain Afflelou, bailleur de fonds n°1 du club et président annoncé l’an prochain) a décidé de remercier Christian Gajan et thomas Lièvremont.

Pour les remplacer, les dirigeants basques ont jeté leur dévolu sur Jean-Pierre Elissalde. Il y a quelque chose d’ironique au retour dans le club de celui qui fut son manager entre 2006 et 2008 et qui était parti dans des conditions, disons, mitigées…

Le limogeage du staff ciel-et-blanc et la nomination de son successeur se sont opérés dans une grande confusion, un démenti ayant été publié prestement sur le site Internet du club dès l’apparition des rumeurs sur Twitter et le net, avant que ledit démenti soit lui même remis en question quelques heures plus tard.

Parallèlement, et plus discrètement, on apprenait que Sylvain Deroeux  était nommé manager sportif de l’USAP en remplacement de Benoît Brazès qui va « prendre du recul avec l’équipe première », selon le président Perpignanais, Paul Goze.

Au passage, on appréciera le sens de la litote des dirigeants de club puisque pendant que Benoît Brazès prend du recul, Christian Gajan et Thomas Lièvremont ont été « dispensés d’entraînement ». C’est sans doute l’air du temps, un temps où certains termes sont proscrits. Ainsi, vous êtes donc priés de noter qu’il n’y a pas de crise à Biarritz…

Apparemment, un bon classement ne prémunit pas les entraîneurs contre le risque d’être remerciés.  On peut le constater à Agen, actuel 4ème au classement, dont le président Tingaud vient d’annoncer qu’il ne reconduirait pas la saison prochaine le duo formé par Christian Lanta et Christophe Deylaud.

On a souvent dit que le rugby professionnel empruntait le même chemin que le football et ses dérives. Force est malheureusement de constater qu’en la matière, il a plutôt réussi à dépasser son cousin manchot. Sauf erreur, aucun entraîneur de ligue 1 n’a encore été débarqué.

Le règne du « tout, tout de suite » n’a pas épargné le rugby. On répondra qu’il y a de l’argent en jeu, et qu’on ne peut plus attendre les résultats. C’est vrai, on peut même affirmer que dorénavant les dirigeants de l’ovalie professionnelle cèdent à la tentation d’anticiper les résultats, comme en témoigne la décision Agenaise, voire Bayonnaise.

Un peu comme les marchés financiers, en quelque sorte. Pas certain qu’il faille s’en réjouir.

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Les « terribles guerriers » sont orphelins

On vient d’apprendre la disparition de Marcel Bodrero, à l’âge de 90 ans. Ancien joueur du Rugby club Toulonnais, il est l’inventeur du fameux « Pilou-Pilou » qui fait la joie des amateurs de rugby et la crainte des joueurs venant affronter le RCT dans son antre de Mayol.

Pour honorer la mémoire de Marcel Bodrero, Renvoi aux 22 vous propose un article paru en 2008 sur ce blog, évoquant ce chant désormais consubstantiellement attaché au club Varois.

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Le Pilou – Pilou n’est pas vraiment un hymne au sens propre du terme. Il s’agit plutôt d’un cri de guerre.

Celui poussé par les supporters du Rugby Club Toulonnais, et qui peut faire penser à un Haka méridional et coloré, en tout cas plein d’humour. En règle général les paroles sont criées par un meneur (ou une meneuse, comme cela peut arriver en particulier dans les matchs à l’extérieur).
Entre chaque phrase prononcées par le meneur, les supporters scandent en choeur « Pilou – Pilou » ou déclinent les couleurs fétiches du « ércété ».

Le pilou-pilou a été créé en 1948 par Marcel BODRERO, ailier du club.

Ci-dessous, vous trouverez les paroles du Pilou-Pilou (en gras les phrases prononcées par le « meneur »).

Et en prime, un lien vers une vidéo (merci à Jeguetto, cliquez ICI), qui donne une petite idée de l’ambiance au Stade Mayol : 

Ah ! Nous les terribles guerriers du Pilou-Pilou

Qui descendons de la Montagne vers la Mer
Pilou-Pilou !

Avec nos femmes échevelées allaitant nos enfants
A l’ombre des grands cocotiers blancs
Pilou-Pilou !

Nous les terribles guerriers du Pilou-Pilou poussons notre terrible cri de guerre

AAAARRRGGGGHHHHH !

J’ai dit « NOTRE TERRIBLE CRI DE GUERRE » !
AAAARRRGGGGHHHHH !

Parce que TOULON
ROUGE !
Parce que TOULON
NOIR !
Parce que TOULON
ROUGE ET NOIR !

 

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Biarritz, USAP : c’est grave, docteur ?

Les journées se suivent et se ressemble pour l’USAP, qui vient de concéder à Lyon sa septième défaite de rang en Top14. Le choc psychologique était-il attendu après l’éviction de Jacques Delmas ? Ce n’est pas certain (on évoque d’autres motifs). Mais ce qui est sûr, c’est que Perpignan ne parvient absolument pas à redresser la barre. En défense comme en attaque, les joueurs de l’USAP manquent de la plus élémentaire efficacité. Tout juste pourront-ils se satisfaire d’avoir décroché le point du bonus défensif. Mais le chat n’est pas maigre, il est carrément étique. Le président Catalan Paul Goze ne s’y trompe d’ailleurs pas, qui parle maintenant d’éviter la relégation.

Quant à Biarritz, la victoire dans le derby basque de mardi dernier n’a pas produit le déclic qu’on imaginait, puisque le BO a calé face à un Montpellier très séduisant. On disait sur ce blog que le MHRC profitait pleinement du retour de ses internationaux, cela s’est encore vérifié cet après-midi. François Trin-Duc a été à son avantage, inscrivant notamment l’essai du bonus offensif pour sa formation qui, petit à petit, grignote les points et les places au classement. A Biarritz, il faudra sans doute beaucoup insister pour qu’un dirigeant (et le premier d’entre eux) lâche le mot de « crise ». Mais l’heure devient périlleuse. Comme l’USAP, le BO ne semble pas dans une dynamique de relèvement. Certains joueurs affichent clairement leurs limites, comme Jérôme Thion ou Sylvain Marconnet, dont le bagout ne suffit pas à compenser le déclin. Trop brouillon, trop inconstant, Biarritz réagit plus qu’il n’agit. Il va sans doute lui falloir lâcher la HCup pour se concentrer sur le Top14 et sauver ce qui peut l’être.

Si la situation est moins compromise pour le voisin Bayonnais, on ne peut pas dire que les ciel-et-blanc soient en position de jouer les fanfarons. Défaits à Agen, Yoann Huget et ses coéquipiers sont très loin de constituer l’épouvantail du Top14 que le recrutement de début de saison laissait entrevoir. A cet égard, on est inquiet pour Joe Rokocoko, déjà sorti du groupe…

Lorsque le championnat a démarré, les clubs de Lyon et de l’UBB apparaissaient comme les victimes désignées pour la relégation. Il semblerait que les choses ne soient plus tout à fait aussi claires aujourd’hui.

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Au(x) stade(s) des intentions

Le Stade Toulousain affiche ses ambitions face à Toulon (photo L’Equipe)

Les deux stades recevaient aujourd’hui. Et le Toulousain comme le Parisien l’ont emporté. Plutôt facilement, ou plus précisément sans être réellement inquiétés. Dans les deux cas, le score est sans appel : 33 à 12 pour Toulouse face à Toulon, 29 à 3 en faveur du Stade Français opposé à son rival Francilien du Racing métro.

Indéniablement, les deux rencontres figuraient au rang d’affiches incontestées de cette 12ème journée de Top14, même si le Biarritz – Montpellier de demain méritera d’être regardé. Au bilan, le match entre les deux équipes rouge-et-noir fut assez largement supérieur au derby parisien, dont la qualité du jeu fut assez médiocre. La faute à un temps exécrable sur la capitale, qui a sans doute empêché les deux équipes de développer un jeu ambitieux. On est donc resté, au stade de France, sur les fondamentaux : conquête et défi physique. A ce jeu, les hommes de Michael Cheika se sont montrés plus à l’aise que leurs rivaux, bousculés en agressivité puis incapable, en deuxième mi-temps, de scorer sur leurs possessions.

Le président Lorenzetti, dont Renvoi aux 22 évoquait ce matin les dernières provocations avant le derby, pourra toujours moquer (avec raison) le kitsch du cérémonial d’avant match qui vit un Johnny Halliday visiblement fatigué donner le coup d’envoi sur fond de moteurs de Harley Davidsons. Mais s’agissant du volet rugby de l’événement, il n’est visiblement pas en position, ce soir, de trop jouer les donneurs de leçon. Car la leçon, ce sont plutôt ses joueurs qui l’ont reçue. Le départ de Simon Mannix, entraîneur des lignes arrières, n’a rien changé à la situation de flottement dans laquelle se trouve actuellement le Racing. Il va lui falloir sérieusement resserrer les boulons si le club ne veut pas subir une deuxième désillusion après celle vécue en H Cup.

Côté Stade Français, la résurrection semble  enclenchée. Occupant provisoirement la 5ème place du classement après son succès du jour, le club Parisien peut désormais afficher des intentions résolument ambitieuses. Si le club de la capitale continue à progresser comme il le fait actuellement, dans le sillage de Pascal Papé et Dimitri Szarzewski, il pourra effectivement viser une qualification pour les quarts de la compétition.

Des intentions, il y en eut sur la pelouse du Stadium de Toulouse (une pelouse qui va devoir être bichonnée pour pouvoir être de nouveau praticable…), qui a vu l’équipe locale disposer facilement d’un Toulon dont le niveau collectif n’est toujours pas à la hauteur de celui des individualités qui le composent. Le Stade toulousain a largement dominé son sujet. Emmenés par un Louis Picamoles de gala, le pack Haut-et-garonnais a mis la main sur le ballon, un ballon exploité par une charnière internationale de haute tenue et des trois-quarts qui n’ont pas d’équivalent dans l’hexagone en terme de qualité offensive.

Le Stade toulousain hésite, paraît-il, entre HCup et Brennus, s’agissant de la compétition à privilégier. Au vu de son match du jour, les intentions du Stade semblent claires : conserver la mainmise sur le bouclier, cette année encore.

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