La révolution attendra

Philippe Saint-André, le nouveau sélectionneur du XV de France, et Jo Maso, président du comité de sélection, viennent de communiquer la liste des trente joueurs convoqués pour la prochaine édition du tournoi des 6 nations. Celui-ci débutera le 5 février avec la rencontre France-Italie, revanche – on l’espère – de la piètre défaite encaissée par les bleus l’an passé.

Le sélectionneur avait prévenu qu’il ne bouleverserait pas l’équipe et construirait son groupe avec la patience et la précision que cet exercice requiert. Sa première liste de sélectionnés vient donc confirmer ce qu’il avait laissé entendre lors de ses récents interviews. Ceux qui attendaient une révolution en sont pour leur frais. Volonté de trancher avec son prédécesseur ou simple changement de méthode, il est sans doute trop tôt pour conclure. Néanmoins, on peut avancer que Philippe Saint-André et ses collègues du comité de sélection ont proposé une liste de transition.

Celle-ci mentionne en effet 22 noms qui figuraient dans le groupe qui a disputé la Coupe du monde et ne compte au final que deux débutants à ce niveau, Wesley Fofana (Centre – Ailier, Clermont) et Yoann Maestri (deuxième ligne, Toulouse), voire trois si l’on considère que la seule sélection internationale de Vincent Debaty (pilier, Clermont) n’en fait pas vraiment un ancien.

Les cinq autres joueurs venant compléter la liste sont des revenants, dont l’état de forme actuelle exigeait qu’ils fasse partie du groupe. Un sélectionneur ne peut faire l’impasse sur le critère de l’homme en forme. C’est particulièrement vrai pour Lionel Beauxis et Yannick Nyanga, au sommet de leur art avec Toulouse, et (à un degré moindre néanmoins), Clément Poitrenaud, Yann David (Toulouse, toujours) et Julien Malzieu (Clermont).

On remarque que c’est surtout « derrière » que les changements les plus nombreux sont intervenus, puisque 6 des neufs évincés sont des trois-quarts. Mis à part Jean-Marc Doussain dont la non-sélection semble du domaine du conjoncturel, les absences de Damien Traille, David Marty, David Skréla, Cédric Heymans et Fabrice Estébanez ressemblent fort à une fin de carrière internationale.

Même si un revirement n’est pas à exclure, on voit mal comment ces cinq joueurs pourraient se mêler à la lutte pour des postes où la concurrence et la perspective de la Coupe du monde 2015 ne plaident vraiment pas en leur faveur.

Parmi les neuf mondialistes non retenus figurent trois avants seulement : Lionel Nallet est le plus emblématique d’entre eux. L’ancien capitaine savait pertinemment que son âge n’en faisait pas un candidat de premier rang à la nouvelle liste, même si son talent reste encore indiscutable. L’éclosion de Yoann Maestri, qui survient au moment où Lionel Nallet quitte le XV de France, est une forme de symbole, celui d’un nouveau chapitre qui s’ouvre pour l’équipe nationale. Guilhem Guirado et Raphaël Lakafia sont également écartés de la sélection. Le premier paie la mauvaise première partie de saison de l’USAP et le fait que les listes pour le tournoi ne comptent pas souvent trois talonneurs, contrairement à la Coupe du Monde où le choix est souvent fait de « sécuriser » ce poste sur la durée de la compétition. Quant à Réphaël Lakafia, il peine avec le BO à retrouver son niveau de fin de saison dernière. Pour ces deux joueurs, le seul mot d’ordre est « travailler », pour pouvoir postuler à l’avenir.

S’agissant des « oubliés », on pense évidemment à Florian Fritz, Mathieu Bastareaud ou Julien Dupuy, leur absence peut se discuter, en particulier celle du Toulousain, alors que la présence d’Aurélien Rougerie dans la liste apparaît tout autant sujette à discussion.  Mais c’est, après tout, consubstantiel à toute sélection.

Pas de révolution donc, dans cette première liste de l’ère Saint-André, mais une façon de remercier les finalistes de la dernière coupe du monde, d’accueillir ceux qui auraient pu (dû) partir en Nouvelle-Zélande et de préparer (doucement) l’avenir.

La liste des trente joueurs sélection :

Avants (17) : Fabien Barcella (Biarritz), Vincent Debaty (Clermont), Luc Ducalcon (Castres), Nicolas Mas (Perpignan), Jean-Baptiste Poux (Stade Toulousain), William Servat (Stade Toulousain), Dimitri Szarzewski (Stade Français), Yoann Maestri (Stade Toulousain), Romain Millo-Chluski (Stade Toulousain), Pascal Papé (Stade Français), Julien Pierre (Clermont), Imanol Harinordoquy (Biarritz), Thierry Dusautoir (Stade Toulousain, cap.), Fulgence Ouedraogo (Montpellier), Yannick Nyanga (Stade Toulousain), Louis Picamoles (Stade Toulousain), Julien Bonnaire (Clermont)

Arrières (13) : Morgan Parra (Clermont), Dimitri Yachvili (Biarritz), Lionel Beauxis (Stade Toulousain), François Trinh-Duc (Montpellier), Yann David (Stade Toulousain), Wesley Fofana (Clermont), Maxime Mermoz (Perpignan), Aurélien Rougerie (Clermont), Vincent Clerc (Stade Toulousain), Julien Malzieu (Clermont), Alexis Palisson (Toulon), Maxime Médard (Stade Toulousain), Clément Poitrenaud (Stade Toulousain)

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Le comité de sélection, cet inconnu

A deux jours de l’annonce par Philippe Saint-André de sa première sélection en vue du prochain tournoi des 6 nations, le journal Midi Olympique a eu la bonne idée d’évoquer le Comité de sélection. Cet organe est assez méconnu alors que son rôle est très important.

En effet, la liste que donnera demain PSA ne sera pas le fruit d’une réflexion personnelle mais bien celui d’un travail collectif, d’un « brainstorming », comme le dit Jo Maso, président du comité depuis 15 ans ( !).

La composition du Comité n’est pas un secret, mais il est assez difficile de la trouver sur Internet (le site de la FFR le mentionne au détour d’un communiqué…). Aussi, profitons de l’article de Midi Olympique pour en donner le détail.

On l’a dit, son président est Jo Maso, le frisé indéboulonnable du XV de France. Il a pris sa retraite de manager mais restera influent à ce poste clé. A ses côtés, on retrouve évidemment le sélectionneur et son staff, Yannick Bru et Patrice Lagisquet. Le discours officiel affirme que le dernier mot revient à Saint-André. Mais lorsqu’on regarde la liste des autres membres du comité, on se dit qu’il faudra au sélectionneur un gros mental et de la conviction pour imposer ses idées lorsque celles-ci ne feront pas l’unanimité.

En effet, le comité de sélection compte dans ses rangs Jean Dunyach, vice-président de la FFR en charge du haut-niveau, Jean-Claude Skréla, Directeur technique national (DTN), Fabien Pelous, membre du comité directeur de la fédération et Philippe Sella, Manager de l’Equipe de France des moins de vingt ans. Du lourd, tant en nombre de sélections internationales que sur le plan de la personnalité. On imagine que les discussions doivent parfois être rudes. Et même si l’article du Midol nous donne une image très consensuelle du mode de fonctionnement du comité, on a un peu de mal à imaginer les débats sans le moindre coup de gueule.

A cet égard, quelques rumeurs ont bruissé par le passé sur de possibles dissensions entre les tenants d’une ligne « DTN » (notamment s’agissant du style de jeu à pratiquer et des hommes capables de le faire) et les sélectionneurs issus du rugby professionnel. On peut toujours gloser sur la question, les débats internes semblent aussi secrets que ceux du conclave désignant le Pape.

Jeudi, ce n’est pas le Pape mais peut-être le Papé qui sera désigné pour faire partie d’un groupe avec 29 autres collègues. Nul doute que le comité de sélection aura soupesé chaque nom avant de le coucher sur le papier. Car la responsabilité lui incombe d’impulser un bon départ au mandat de Philippe Saint-André. Même si, au final, seul ce dernier aura des comptes à rendre en cas d’échec.

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C’est reparti pour un an

En ce premier jour de l’année 2012, Renvoi aux 22 vous présente ses meilleurs voeux et souhaite que ce millésime olympique vous apporte le meilleur.

Sur le plan rugbystique, on peut souhaiter au Top14 une deuxième moitié de saison encore plus intéressante que la première. Pour cela, il suffirait que les coachs des clubs de l’élite prennent comme bonne résolution d’aérer un peu le jeu de leur équipe. On peut toujours espérer…Autre souhait, qui concerne le XV de France, celui de voir le nouveau sélectionneur faire franchir un pallier à une équipe qui nous a fait vibrer l’an passé, mais dont on aimerait tellement qu’elle cesse d’alterner le meilleur et le pire et qu’elle prépare la prochaine coupe du monde pour, enfin, la remporter. On peut toujours espérer…

Enfin, à tous les pratiquants et supporters de ce sport merveilleux, que 2012 soit une année d’accomplissement, de joie et d’émotions.

 

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Une victoire, et pluie c’est tout

C’était hier soir l’ouverture de ce « boxing day » qu’on nous a vendu depuis plusieurs semaines dans les médias comme LE rendez-vous à ne pas manquer. Le match entre Toulouse et Bayonne a sans doute davantage relevé d’un « boring day » que d’un happening festif. La faute à la pluie, qui tombait en abondance sur le stade Ernest Wallon. Une pluie dense, douchant toute velléité de jeu au large, confinant l’essentiel des débats au petit périmètre.

Inutile de dire que ce type de jeu restrictif n’a pas favorisé les situations d’essais. Et c’est au pied que les 45 points de la rencontre ont été inscrits, dont 30 pour le seul Lionel Beauxis. L’ouvreur du Stade Toulousain hier soir (Luke McAllister étant repositionné au centre) a affiché un niveau de jeu très intéressant. Malgré quelques erreurs sur des coups de pied de déplacement, il a, comme la semaine passée, tiré son épingle du jeu. Il a ainsi marqué deux drops bienvenus alors qu’il n’y avait pas de situation d’essai évidente pour Toulouse, réussi une jolie percée plein champ et, surtout, l’ancien Parisien a réalisé un sans-faute sur ses tentatives de pénalité. Même si les conditions climatiques n’ont pas permis de le voir dans les conditions tactiques « habituelles » du Stade, qui réclament de l’ouvreur des qualités d’animation hors pair, ce qu’on a vu hier soir qualifie sans problème Lionel Beauxis dans la course à la sélection (annoncée le 5 janvier prochain).

On pensait que la pluie faciliterait un peu la tâche des Bayonnais, que leur coach, Jean-Pierre Elissalde, avait « recentré » sur les fondamentaux du rugby (combat, conquête, occupation) en attendant des jours meilleurs. Malheureusement pour les Basques, les Toulousains n’ont pas cédé le moindre pouce de terrain, attaquant leurs adversaires en férocité et provoquant un nombre considérable de pénalités en leur faveur. L’indiscipline bayonnaise fut patente, à moins qu’il ne faille considérer que les coups de sifflets à son encontre ne faisaient que sanctionner la domination Toulousaine.

De ce match, on ne retiendra pas grand chose : l’hommage sympathique d’Ernest-Wallon à Cédric Heymans, revenu sur le pré toulousain sous les couleurs bayonnaises, l’échauffourée entre Florian Fritz et Rob Linde (étonnant, non ?) et la statistique impressionnante du Stade Toulousain qui a enchaîné une 7ème rencontre sans défaite en Top 14.

Onze victoires et un match nul en 14 journées, le Stade maintient son rythme. Un rythme de champion, pas seulement d’automne…

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