Une animosité amicale

4,769 Km. C’est très exactement la distance qui sépare les stades Jean-Dauger et d’Aguiléra. Mais à écouter les joueurs et les supporters de l’Aviron Bayonnais et du Biarritz Olympique, c’est un fossé bien plus large qui divise les deux clubs.

4,769 km, c’est aussi le titre du documentaire réalisé par Ellande Ithurbide, Jean-Philippe Viel et Gorka Robles Aranguiz et qui est sorti fin 2011 en DVD. Un DVD qu’on peut se procurer dans les magasins des deux clubs, certains magasins de sport et grandes surface du Pays Basque, mais également sur Internet. En 55 minutes, les auteurs présentent la légendaire rivalité qui anime deux équipes phares du rugby français et leurs supporters, autour de quelques épisodes d’une histoire partagée. On y découvre des visages connus, d’autres moins, et des récits qui ne sont pas seulement anecdotiques. Les témoignages réunis par les documentaristes nous permettent de mieux cerner non pas les raisons de cette rivalité (les connait-on, d’ailleurs ?) mais comment celle-ci s’exprime autour des rencontres sportives qui rythment les saisons.

Évidemment, il y est question de quelques marrons distribués au gré des matchs (Francis Haget rappelant en particulier l’étendue de son savoir-faire…), de filouteries (un certain Serge Blanco s’illustrant ainsi à l’occasion d’un quart-de-finale du championnat), et de joutes rudes et passionnées. La notion de derby prend ici un sens d’une ampleur rarement égalée dans l’ovalie hexagonale. Une ampleur qui ne doit pas occulter, néanmoins, le grand respect mutuel entre tous ceux qui se sont affrontés sur le pré pour la suprématie du rugby basque. Cette « animosité amicale » dont parle Jacques Rollet, successivement talonneur de Bayonne et de Biarritz dans les années 60.

Le dernier chapitre du documentaire est consacré à l’épineuse question de la fusion, ce « serpent de mer » comme la définit l’un des protagonistes. Derrière le refus très marqué d’une fusion pure et simple, affirmé par les uns et les autres, on voit cependant poindre l’idée que l’évolution du rugby professionnel risque de laisser les deux clubs sur le carreau. Et c’est plutôt d’une association dans une entité basque spécifique que l’on veut bien parler – prudemment. A cet égard, les auteurs laissent le dernier mot à Pierre Camou, qui profite de cette occasion pour nous resservir l’un de ses thèmes de prédilection, celui des provinces ou franchises, ces entités supra-clubs qui disputeraient la Coupe d’Europe.

« 4,769 km » se garde bien de trancher sur ce thème. Mais l’intérêt du documentaire est ailleurs. Il offre un regard certes passionné, mais également fraternel sur ce sport dans lequel les rivalités les plus fortes construisent paradoxalement une culture commune à ceux qui les vivent.

4,769 km, un DVD Comedia production et Gorka Robles-Aranguiz

23€

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Du coeur, des poings et – un peu – de rugby

La 15ème journée du Top 14 n’est pas encore tout à fait terminée puisqu’un baisser de rideau est prévu demain soir avec un Clermont – Toulon qui donne assez envie de se priver du film de TF1…

En attendant, on a pu constater combien la conjonction d’un temps hivernal et des ambitions restrictives des coachs de l’élite pouvaient contribuer à proposer des matchs oscillant entre le terne et le franchement rébarbatif. Sommet (ou plutôt abyme) atteint vendredi avec un Agen – Biarritz assez laid. Ajoutons à cela la pression du résultat (en particulier lorsque l’équipe joue le maintien) et on obtient un Top14 « revival », les marrons et autres horions offrant au spectateur de quoi amoindrir son ennui et lutter contre le refroidissement sur son siège.

Quelques rencontres ont néanmoins eu une saveur particulière, comme celle qui opposait l’Aviron Bayonnais à l’Union Bordeaux-Bègles. La partie nous a offert plusieurs phases de jeu intéressantes, même si elles furent entachées de fautes de main ou de défaut de soutien. Bagarres et expulsions furent également au rendez-vous. Mais il y avait quelque chose de touchant et d’entraînant dans la façon dont les Girondins ont illustré sur le terrain leur solidarité avec l’un de leur coach, Laurent Armand. Ce dernier lutte contre la mort depuis un AVC survenu en début de semaine. Il peut être fier de ses joueurs, qui ont montré du cœur, de la solidarité et de l’envie face à des Bayonnais encore une fois à côté de leur sujet. L’UBB souffre sans doute d’un manque de profondeur de son banc et d’un défaut de variété dans son jeu. Mais cette équipe est bien partie pour se maintenir. A cet égard, son match en retard contre le LOU vaudra de l’or.

Un LOU qui, comme la plupart des clubs qui les ont rencontrés, a subi la loi de Toulousains toujours impressionnants. Un score sans appel (51-10) qui relègue les Lyonnais à la dernière place du classement, une position que lui a abandonné sans regret un BO ragaillardi par sa victoire à Agen (la première depuis 1997). La loi des vases communicants paraît s’appliquer aux Basques, puisque les Biarrots relèvent la tête quand celle des Bayonnais s’enfonce sous l’eau. Brive vient également se mêler à la lutte pour le maintien après sa défaite à domicile (la 5ème de la saison…) contre un Montpellier qui arbore de plus en plus des airs de candidat aux barrages. Enfin l’USAP surnage dans le peloton de queue, à l’issue d’une rencontre tout juste éclairée par le génie (osons le mot) de l’Argentin du Racing Juan Imhoff. Un Racing qui repart avec les deux points du match nul. Pas si mal, après tout, puisque ce résultat lui permet de s’accrocher à la 6ème place du classement.

Un dernier mot enfin du Stade Français qui n’en finit pas d’aller de l’avant. Sa large victoire face à Castres, assortie de 6 essais et du bonus offensif, lui ouvre un peu plus la voie vers les barrages. La prestation de Pascal Papé conforte l’évidence de sa sélection pour le prochain tournoi. Celle de Julien Dupuy va alimenter les interrogations sur son absence de la liste dévoilée par Philippe Saint-André.

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Concours Kamaté : le résultat

Renvoi aux 22 remercie les participants au concours parrainé par Kamaté et vous en présente le résultat.

Il vous fallait répondre aux trois questions suivantes :

1) En quelle année le XV de France remporta-t-il son premier Grand Chelem ?

En 1968. Cinquante ans après son entrée dans le Tournoi, l’équipe de France conduite par  les frères Cambérabéro enlève son premier Grand Chelem.
2) Quel ouvrage a rendu célèbre la tournée de l’équipe de France en Afrique du Sud en 1958 ?
Le Grand Combat du Quinze de France 1958 de Denis Lalanne. Une épopée sportive racontée comme un roman de pack et d’épée…
3) Qui fut l’arbitre de la toute première finale du championnat de France de rugby ?
Le Baron Pierre de Coubertin (1892) fut l’officiel de la première finale d’un championnat disputé par quelques équipes de la région parisienne. Cette finale fut remportée par le Racing Club de France (victoire 4-3 face au Stade Français).

Pour départager les participants ayant eu 3 bonnes réponses, il était demandé de pronostiquer les vainqueurs des deux rencontres suivantes, disputées au titre de la 14ème journée de Top14  :

– Biarritz Olympique – Rugby club Toulonnais : BO
– Montpellier Hérault Rugby – Racing Metro 92 : Montpellier

Trois participants ont fait un sans faute et ont donc été départagés par un tirage au sort effectué par Adrien (3 ans et demi).

Au terme de ce tirage au sort, c’est Philippe VIGNOLO qui remporte le magnifique polo Kamaté mis en jeu.

Merci à tous ceux qui ont participé et bravo au vainqueur !

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Le groupe, c’est fait. Maintenant, l’équipe…

Les sélections de l’équipe de France donnent lieu à deux types de pronostics distincts, aussi stimulant intellectuellement l’un que l’autre. Le premier porte sur le groupe d’une trentaine de joueurs formant le vivier dans lequel le sélectionneur puisera son équipe-type et les sept remplaçants.  Maintenant que Philippe Saint-André a dévoilé sa liste, il reste à trouver le XV de départ pour la première journée du tournoi, le 5 février au Stade de France face à l’Italie.

La philosophie du nouveau sélectionneur semble s’articuler autour de deux axes principaux : privilégier le renouvellement de l’équipe par touches successives plutôt que par un bouleversement massif et se concentrer sur les fondamentaux de ce jeu avant d’envisager des schémas tactiques plus ambitieux.

Ces deux aspects du projet et le fait que l’équipe n’aura que quelques jours d’entraînement avant d’attaquer l’Italie semble militer pour une feuille de match qui devrait comporter les noms d’une grande partie de ceux qui ont affronté les All Blacks en finale de la coupe du monde. Qui plus est, le premier match du tournoi des six nations au Stade de France sera l’occasion pour la Fédération de faire acclamer par les supporters du XV de France leurs héros de l’Eden Park.

Compte tenu de la non sélection de Lionel Nallet, on pourrait donc avoir une première ligne composée de Fabien Barcella, William Servat et Nicolas Mas, une deuxième ligne associant Pascal Papé et Yoann Maestri (on mise une pièce sur la première sélection du Toulousain) et une troisième ligne Bonnaire – Harinordoquy-Dusautoir. Encore que les prestations récentes de Louis Picamoles et Yannick Nyanga – et leur complémentarité de club avec Thierry Dusautoir – ne poussent les sélectionneurs (dont Yannick Bru…) à associer les trois stadistes d’entrée. Cela est possible, mais peu probable.

Derrière, on voit mal Philippe Saint-André laisser Vincent Clerc sur le banc. Et s’il entend démarrer avec les mondialistes, il pourra compter sur l’intégralité des trois-quarts qui ont disputé la finale. On imagine cependant assez difficilement le sélectionneur reconduire l’expérience « Parra à l’ouverture ». Au bénéfice de son excellent parcours en championnat, François Trinh-Duc devrait débuter en numéro 10.

A moins que Lionel Beauxis ne le coiffe au poteau. Face au jeu Italien, qui est à l’aise dans des configurations de match quelque peu « destructurées », Philippe Saint-André pourrait vouloir privilégier l’occupation au pied et des lancements d’attaques peut-être plus classiques (avec un ouvreur assez éloigné de la ligne d’attaque) mais sécurisants. Qui plus est, Lionel Beauxis fait très fort actuellement avec Toulouse. Autre paramètre à prendre en compte, le demi de mêlée. Avec un Morgan Parra un peu plus rapide que Dimitri Yachvilli, mais gérant un peu moins bien les temps faibles de son pack, on peut imaginer une association avec Lionel Beauxis, plus gestionnaire que François Trinh-Duc.

Mais on sait également que le numéro 9 du Biarritz Olympique est très apprécié des « gros » qui composent l’actuel 8 de devant. C’est pourquoi on misera une (petite) pièce sur une association Yachvilli – Trinh-Duc.

En ce qui concerne les trois-quarts, il ne serait pas surprenant que les sélectionneurs alignent la paire Mermoz-Rougerie au centre et Vincent Clerc à une aile. Quant à l’autre, la ligne « mondialiste » voudrait qu’elle échoit à Alexis Palisson. Mais un Julien Malzieu pourrait sans doute faire valoir sa forme du moment, qui semble meilleure que celle du néo-Toulonnais. A l’arrière, enfin, l’homme en forme du début de saison est Toulousain, mais ne porte pas de rouflaquettes. Même si une blessure l’a écarté des terrains plusieurs semaines, Clément Poitrenaud devrait porter le numéro 15 face à l’Italie.

Evidemment, les matchs qui se disputeront d’ici au 5 février apporteront vraisemblablement leur lot de blessures ou de contre-performances. D’ici là, les paris sont ouverts…

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