Clermont et Toulouse OK, Biarritz KO

Clermont et Toulouse se sont montrés exacts au rendez-vous que leur avaient fixé leurs coachs puisque les deux équipes ont empoché les cinq points de la victoire bonifiée. Et Biarritz a bien failli s’inviter à la fête. Malheureusement, Dimitri Yachvilli (remarquable ce soir) et ses coéquipiers ont échoué de peu sur le terrain des Saracens. Un début de match raté a privé les Biarrots d’une victoire qui leur aurait permis de disputer la qualification sur leur terrain contre les Ospreys. Ils disputeront donc un ultime rencontre avec, pour enjeu, un reversement en Amlin Cup. La remporter donnerait au BO un billet pour la H Cup l’an prochain.

On ne donnait pas cher (sur ce blog), des chances biarrotes. Les hommes de Patrice Lagisquet ont aujourd’hui démontré que leur regain de forme en championnat est plus qu’un simple feu de paille. Il faudra sans doute digérer la déception d’être passé tout prêt de l’exploit, mais ils pourront sans doute capitaliser en Top14 sur ce qu’ils ont montré à Watford.

Pour les Auvergnats comme les Haut-Garonnais, le bonus offensif était nécessaire en vue de sécuriser leur qualification face, respectivement, à l’Ulster (impressionnant contre Leicester) et les Harlequins.

On ne peut pas dire que les suspens fut au rendez-vous samedi, même si la rencontre à Ernest-Wallon entre Toulouse et la province Irlandaise du Connacht (prononcez « Connact ») fut un tantinet moins déséquilibrée que celle qui a vu Clermont submerger les Italiens d’Aironi sur le score fleuve de 68 à rien.

Douze essais auvergnats sont venus agrémenter une partie rapidement bouclée par les hommes de Vern Cotter. L’équipe d’Aironi faisait peine à voir, et on espère pour Jacques Brunel, le nouveau coach de la Squadra Azzura qu’il pourra compter sur des joueurs un peu plus compétitif pour le prochain tournoi, sinon celui-ci pourrait bien tourner au calvaire.

Les Toulousains ont eu plus de difficultés face à une équipe Irlandaise qui est rentrée crânement dans le match et qui a tenté de compenser ses très grosses difficultés devant par une alternance entre jeu au pied et ballons joués a dans la largeur. Toulouse a littéralement concassé son adversaire en mêlée, mais a fait preuve d’un certain attentisme, versant même dans la facilité. Or, on le sait, en rugby comme ailleurs, verser dans la facilité vous complique la tâche. Pour autant, même un peu en dedans, Toulouse est allé deux fois dans l’en-but en première mi-temps, grâce notamment à la paire de zébulons formées par Maxime Médard et Timoci Matanavou.

En deuxième période, visiblement recadrés à la mi-temps, les hommes de Guy Novès ont davantage cherché à progresser dans l’axe avant d’écarter, permettant aux trois-quarts de faire davantage la différence. Dans le pack rouge-et-noir, Louis Picamoles et Thierry Dussautoir ont montré une envie et une activité digne du maillot bleu qu’ils revêtiront en février.

La belle entame de deuxième mi-temps n’a malheureusement pas duré, ce qui a fait craindre que Toulouse ne marque pas le fameux quatrième essai synonyme de bonus. Mais dans le sillage de leur troisième ligne conquérante, les locaux ont finalement repassé la marche avant et usé les velléités défensives Irlandaises pour pointer une quatrième et ultime fois dans l’en-but.

Toulouse conduira son duel à distance avec les Quins à Gloucester, vendredi prochain, alors que Clermont disputera une finale de poule sur sa pelouse face à la province de l’Ulster. Dans les deux cas, l’opposition sera très certainement plus relevée qu’aujourd’hui. Mais rien de ce qu’ont montré les deux clubs aujourd’hui ne laisse penser qu’ils ne parviendront pas à leur objectif de qualification.

 

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Surtout pas de blague !

On l’a répété à l’envie, les chances françaises en H Cup ont pris un sérieux coup dans l’aile depuis les deux dernières journées, disputées en décembre dernier. Une chose est désormais certaine, il n’y aura pas d’armada tricolore en quart-de-finale cette année.

Au mieux trois équipes, et plus certainement deux, puisque l’un des trois clubs encore en course, Biarrtiz, conjugue la double difficulté d’être à la remorque du leader de sa poule (les Saracens, chez qui il jouera dimanche) et à celle du Top 14, dont il occupe une très inconfortable 12ème place. Il y a fort à parier que la tentation sera grande de délaisser une compétition pour privilégier le combat domestique pour le maintien.

Evidemment, on rétorquera que les joueurs sont des compétiteurs et qu’ils se donneront à fond au Vicarage Stadium. La présence de Dimitri Yachvilli sera un atout supplémentaire pour le BO et la preuve que le club ne lâchera pas l’affaire comme ça.

Même si l’on fait abstraction de ces paramètres, la condition sine qua non de la la qualification sera de l’emporter sur le terrain des Saracens, actuels deuxièmes de Premiership et qui viennent de battre les Harlequins – leaders au classement – chez eux (ou presque, à Twickenham). Vous avez dit compliqué ?

Les espoirs se portent donc sur Toulouse et Clermont. L’ASMCA occupe actuellement la troisième place de sa poule, mais a paradoxalement plus de chance de se qualifier que Biarritz, car le calendrier des deux dernières rencontre lui est favorable, davantage que celui de ses devanciers. Mais pour valider son billet pour les quarts, il ne faudra pas commettre de boulette, du type de celle que les Biarrots ont enchaîné dernièrement, à savoir perdre sur le terrain du concurrent Italien de l’épreuve.

Même si Clermont fait tourner son effectif par rapport à son dernier match de championnat, l’équipe a fière allure. Il n’est qu’à constater que la charnière sera occupée par Morgan Parra et Brock James, et que le banc sera rempli de titulaires habituels, de quoi faire pencher la balance du bon côté. Inutile de préciser qu’un point de bonus sera exigé en sus des 4 points attendus.

Toulouse aura aussi, sur le papier, un match facile, après sa déconvenue face aux Harlequins lors de la dernière journée de HCup. Gageons que les hommes de Guy Novès ne voudront pas se faire battre deux fois à domicile, d’autant qu’ils se sont facilement imposés chez leur adversaire du Connacht en match aller.

Pour la rencontre à Ernest-Wallon, les coachs rouge-et-noirs ont visiblement décidé d’assurer, en alignant une très grosse équipe, de taille à aller chercher 5 points avant de se rendre à Gloucester pour le compte de la dernière journée.

Confiance donc, dans le sort des deux matches les plus importants pour les chances françaises, mais une pointe de méfiance tout de même. Pas de blague, messieurs, et bonne chance !

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Fusions : le Limousin va (peut-être) ouvrir le bal

On évoquait il y a peu, sur ce blog, la fusion entre Bayonne et Biarritz pour indiquer qu’elle n’avait pas beaucoup de partisans. C’est d’ailleurs le propre des fusions de clubs que de générer un enthousiasme pour le moins mitigé parmi les supporters concernés.

C’est pourtant ce qui pourrait bien arriver en Limousin, où les deux clubs phares de la région, Brive et Limoges, ont fait part d’un projet visant à réunir leur sections professionnelles. Une forme de leadership reviendrait au CABCL, qui évolue actuellement en Top14 et accueillerait l’essentiel des rencontres disputés par la nouvelle entité sportive. Cette fusion conduirait donc à la création de la première « province » de rugby.

Il ne s’agit pas d’une première dans le rugby pro, puisqu’un précédent est intervenu avec le LT65, club issu de la fusion de Lannemezan et Tarbes. De surcroît, la nouvelle entité Limousine ne perturberait pas le paysage ovale professionnel dès lors que l’un des deux clubs fusionnés ne faisait pas partie de l’élite.

Pour autant, si ce projet se concrétisait, il constituerait indéniablement une évolution pour un sport qui doit faire face à une crise de croissance. Ce sont très certainement des motifs économiques qui ont poussé Brive et Limoges à unir leurs forces et profiter de manière plus efficiente du potentiel de la région en termes de recettes.

Le déséquilibre relatif qui existe au plan sportif entre Brive et Limoges – favorable au premier – peut venir compenser la différence de taille démographique et de poids économique entre les deux villes.

Même si, dans d’autres sports, la preuve a été apporté de la nécessité, sinon l’intérêt, d’une telle mesure, on peut se montrer réservé sur son impact. En particulier parce qu’elle intervient dans un sport où l’esprit de clocher, l’attachement très fort au maillot, le poids des traditions sont particulièrement vifs. Le sentiment de voir son identité « diluée » dans un ensemble sans âme est souvent mis en avant pour expliquer le refus d’une fusion. C’est d’ailleurs ce motif qui avait poussé les clubs de Lourdes et de Bagnères de rejoindre le projet Tarbais. Et c’est finalement pour cette même raison que Lannemezan a fini par mettre fin à l’aventure du LT65.

Ensuite, il faut avoir à l’esprit que près de 90 Km séparent les deux villes. Pas facile de créer des synergies quand les trajets prennent une heure pour se rendre de Limoges à Brive.

Ce projet sera donc examiné à la loupe par tous les acteurs de l’ovalie hexagonale, qui pourront y trouver – peut-être – quelques enseignements non négligeables pour nourrir la réflexion sur l’évolution du rugby professionnel en France. On pense bien sûr à l’actuel président de la FFR qui ne fait pas mystère de ses positions en la matière.

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Mouradié ?

Le président Boudjellal une nouvelle fois sur la sellette (photo Panoramic)

Auteur d’une nouvelle provocation verbale, le président du Rugby Club Toulonnais pourrait faire l’objet d’une sanction assez lourde la part de la Ligue nationale de rugby. On parle d’une peine allant de 60 jours de suspension à une radiation pure et simple.

Mourad Boudjellal est coutumier des affirmations à l’emporte-pièce. C’est, en quelque sorte, sa marque de fabrique. Il n’est pas rare que les médias  se fassent pas l’écho d’une sortie du président du RCT, sur l’adversaire (et ses présumés accointances avec le pouvoir sportif ou son comportement sur le terrain) comme sur sa propre équipe (lorsque celle-ci ne se montre pas à la hauteur de ses attentes). Cette fois, c’est l’arbitre de la rencontre ayant opposé Clermont à Toulon dimanche dernier qui en prend pour son grade.

Pour regretter un arbitrage selon lui partial, Mourad Boudjellal a employé des mots pour le moins orduriers, bien loin de ceux, célèbres, prêtant au directeur de la rencontre de rugby les mêmes propriétés que le vent et la pluie.

Même si les propos « limites » du président du RCT font partie du paysage (à tel point que plus personne ou presque ne s’en offusque), les derniers en date devraient valoir à leur auteur les foudres de la LNR. Sa dénonciation du niveau d’arbitrage du Top14 a pris des formes beaucoup trop outrancières pour qu’on lui fasse le moindre cadeau.

A l’instar de Sébastien Chabal, qui avait été puni de 30 jours de suspension pour avoir formulé le même type de critique de manière beaucoup moins virulente, Mourad Boudjellal pourrait « prendre cher » compte tenu, notamment, de sa notoriété.

Une radiation paraît peu envisageable, précisément du fait de l’importance de cet acteur sur la scène rugbystique nationale. Mais une sanction assez lourde ne serait pas étonnante, alors que la LNR doit faire face à un regain d’indiscipline et de violence sur le terrain (les bagarres générales…se généralisent sur les terrains du Top14).

Reste que les critiques du président du RCT à l’égard des arbitres et de leur niveau en France ne sont pas dénuées de fondement (si on ose employer ce terme…) ou dû moins soulèvent la question des progrès que doit faire l’arbitrage, trop souvent sujet à caution et à critique. Il serait bon que la Ligue comme la fédération essaient de trouver des solutions ou, du moins, réfléchissent à des pistes pour en renforcer la qualité et rendre les directeurs de jeu moins vulnérables face aux exigences auxquelles il sont désormais confrontées.

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