Une idée pas vraiment Top

C’est le serpent de mer du rugby professionnel Français : quel est le format idéal pour la compétition phare de l’ovalie hexagonale ?

A intervalle régulier, des projets ressortent qui remettent en cause la formule à 14 clubs actuellement en vigueur. Il se murmure ainsi que la prochaine réunion des présidents de clubs professionnels pourrait aborder la question d’un retour à 16 équipes en première division. Cette idée est le fruit du cerveau fertile de Jacky Lorenzetti, président du Racing Metro, qui estime que les rugbymen professionnels ne jouent pas assez. En ajoutant deux clubs aux 14 autres, on organiserait quatre journées de championnat supplémentaires.

Les mauvaises langues ne manqueront pas de faire remarquer que l’idée provient du président d’un club qui ne parvient pas à franchir les phases de poule de HCup, qui ne compte pas trop d’internationaux mobilisés par le Tournoi des 6 nations et, surtout, qui devrait bénéficier d’un stade de 30 000 places qu’il lui faudra remplir.

Car, au fond, la problématique centrale reste celle du calendrier. Dès lors qu’on souhaite promouvoir une formule qui augmente le nombre de matchs disputés, il faut trouver le chausse-pied adéquat pour glisser des dates supplémentaires dans un calendrier passablement congestionné. Pas question d’une formule à deux poules de 8, qui irait à l’encontre du souhait sus-évoqué, sans parler du diffuseur, Canal plus, qui ne serait certainement pas enchanté de voir des clubs prestigieux se retrouver dans des poules différentes sans possibilité de se rencontrer (2 fois) avant les phases éliminatoires et sans certitude de le faire pendant celles-ci.

On en reviendrait donc à la formule qui a prévalue en 2004-2005, avec 16 clubs en phase régulière.

On ne voit pas bien l’intérêt autre qu’économique d’une telle proposition. Dès lors que les compétitions internationales ne seront pas modifiées (et il serait étonnant que le nombre de rencontres évolue à la baisse), les problèmes de calendriers resteront posés. En augmentant le nombre de matchs, on favorisera les clubs les plus riches, ceux dont le banc est le plus fourni, qui pourront suivre le rythme des matchs et gérer au mieux les doublons. Et on ne parlera pas des relations entre les clubs et l’équipe de France, qui pâtiraient très certainement de la mise en place d’une telle formule.

Il n’est donc pas certain que la proposition de Jacky Lorenzetti soit une priorité dans l’ordre des préoccupations du moment. Il serait sans doute plus intéressant de se pencher sur l’arbitrage et au jeu qu’on veut pratiquer dans un championnat qui se prétend l’un des meilleurs du monde et qui peine à s’imposer à l’échelle européenne…

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Des finalistes, mais pas que.

Philippe Saint-André a annoncé la composition de l’équipe de France pour le match de samedi face à l’Italie (en espérant que le froid glacial qui règne sur l’Ile-de-France n’en décide pas autrement). L’impression qui s’en dégage est celle d’un compromis plutôt habile entre « mondialistes », qu’il convenait de fêter dignement, « hommes en forme » à voir en situation et « talents en devenir » qu’il importe de frotter rapidement au niveau international pour juger de leur avenir.

Philippe Saint-André alignera donc samedi 11 joueurs qui ont disputé la finale de la dernière coupe du Monde. Et 5 autres seront sur le banc. Il faut y ajouter Louis Picamoles, de l’aventure Néo-Zélandaise et qui troquera face à l’Italie le costume-cravate pour un maillot et un short.

Pas de surprise sur cet appel massif aux vice-champions du monde. Ce qui peut, éventuellement étonner, c’est la place de remplaçant réservée à certains d’entre-eux. On pense évidemment à Imanol Harinordoquy, très en forme actuellement avec Biarritz, et à Jean-Baptiste Poux.

Le choix de Louis Picamoles est loin d’être impertinent. Ce dernier a haussé son niveau de jeu avec le Stade Toulousain pour finir par pousser Shaun Sowerby sur la touche. Quant à Vincent Debaty, il va se frotter à une première ligne très costaude. Si l’on veut qu’il se collette des piliers solides dans une joute internationale, il faut bien commencer un jour. Et l’Italie n’étant précisément un foudre de guerre (même si elle a battu la France l’an passé, dans les circonstances que l’on sait), l’occasion est bonne de tenter le coup.

C’est surtout derrière, finalement, que les changements sont les plus significatifs. La charnière est, sans doute, une des meilleures associations possible dès lors qu’on connaît les qualités de gestion du jeu de Dimitri Yachvilli et les aptitudes de François Trinh-Duc à accélérer le jeu. Morgan Parra et Lionel Beauxis, sur le banc, constituent une vraie alternative et il se pourrait que PSA profite de la deuxième mi-temps pour lui laisser sa chance et tester l’association en vue du prochain match – autrement plus relevé – face à l’Irlande.

La paire Wesley Fofana – Aurélien Rougerie a ses détracteurs, en particulier s’agissant du grand Blond qui n’est pas nécessairement le plus convainquant au poste de centre. Mais les habitudes de club prises avec son jeune coéquipier seront utiles pour les repères que cette équipe doit construire avec le nouveau staff de sélectionneurs. Aux ailes et à l’arrière, difficile de discuter la composition retenue par Philippe Saint-André et ses collègues.

Sur le papier, ce XV de France a belle allure. Il faudra espérer qu’il reste, sur le plan de l’engagement, en mode « finaliste de coupe du monde », tout en sortant du schéma très restrictif qu’on l’a vu appliquer en Nouvelle-Zélande. Il faudra tenter des choses sur le plan offensif et ne pas se contenter de tout miser sur l’intensité. Face à lui, l’Italie n’apparaît pas des plus fringante. Mais on sait que les transalpins sont capables du meilleur et pas seulement du pire, en particulier contre leurs chers cousins de France.

La H Cup a parfaitement illustré ce rugby Italien, avec le pathétique chemin de croix d’Aironi et le bon parcours de Trévise, vainqueur à domicile du BO et qui a bien failli créer la surprise face aux Saracens.

Philippe Saint-André sait bien qu’il ne faut pas sous-estimer cet adversaire, d’autant qu’une défaite des bleus plomberait d’entrée l’ambiance. Gageons qu’il trouvera les mots justes pour motiver son équipe : faire honneur à son statut de vice-champion du monde, prendre une revanche sur la défaite dans le dernier tournoi, prouver que la finale d’Auckland ne constituait pas la fin d’un chapitre mais bien plutôt le début d’une nouvelle ère.

Composition de l’Equipe de France :

XV de départ : 15-Maxime Médard, 14-Julien Malzieu, 13-Aurélien Rougerie, 12-Wesley Fofana, 11-Vincent Clerc, 10-François Trinh-Duc, 9-Dimitri Yachvili, 8-Louis Picamoles, 7-Julien Bonnaire, 6-Thierry Dusautoir (cap), 5-Lionel Nallet, 4-Pascal Papé, 3-Nicolas Mas, 2-William Servat, 1-Vincent Debaty.

Remplaçants : 16-Dimitri Szarzewski, 17- Jean-Baptiste Poux, 18-Yoann Maestri, 19-Imanol Harinordoquy, 20- Moran Parra, 21-Lionel Beauxis, 22- Maxime Mermoz.

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Un sport qui se joue à 15 contre 15 et Toulouse qui gagne à la fin

La fameuse maxime inventée par le footballeur Anglais Gary Lineker « le foot est un sport qui se joue à 11 contre 11 et à la fin ce sont les Allemands qui gagnent » a été moult fois réutilisée, pour illustrer la suprématie d’une équipe sur les autres. Au vu du match disputé hier au stade de France, et de ceux qui se sont déroulés cette saison en Top14, on a fini par succomber à la tentation d’utiliser la maxime au bénéfice du Stade Toulousain.

Dans l’enceinte Dyonisienne, moyennement garnie hier après-midi, le club rouge-et-noir a une nouvelle fois démontré qu’il sera le difficile de lui reprendre le bouclier de Brennus en juin prochain. Evidemment, une surprise peut toujours survenir, sur un match à élimination direct. Mais franchement, il y a quelque chose d’assez inexorable dans la manière dont le Stade Toulousain dispute actuellement ses matchs, du moins dans le cadre du Top14. Cette fois, c’est le Racing métro qui a pu le constater à ses dépens.

Même privé d’un nombre significatif d’internationaux, même en pratiquant un jeu moins flamboyant qu’à l’accoutumée, Toulouse n’a jamais donné l’impression d’être réellement mis en difficulté par des racingmen qui, à l’opposé, semblaient au maximum de leurs possibilités du moment. Les hommes de Pierre Berbizier ont, certes, inscrit un essai, plutôt dominé la seconde période et mené au score dans les dernières minutes du match, mais il a suffit à Toulouse de mettre le pied sur l’accélérateur en toute fin de partie pour concrétiser la domination du Stade en mêlée et marquer un essai par le jeune Gillian Galan.

On ne peut pas dire qu’on se soit follement amusé devant cette rencontre, et l’on a connu des ambiances plus nourries au Stade de France. Le niveau de jeu fut assez éloigné de celui affiché au match aller. Et au terme de la rencontre, les Toulousains sont repartis avec le trophée Pierre-de-Coubertin, remis au vainqueur des deux confrontations.

On notera l’initiative du Stade de France qui permit à deux groupes de tweetteurs, l’un pro-Toulouse, l’autre favorable au Racing, d’assister au match en loge et de s’affronter par messages interposés. Ce fut surtout l’occasion pour les heureux élus de profiter de l’accueil des hôtes du lieu et des petites attentions qui les attendaient dans la « loge VIP » mise à leur disposition (au passage, on serait curieux de savoir ce qu’est une « loge non VIP » ou une loge « vulgum pecus »). Pour le reste, pas grand chose de nouveau pour les habitués de ce média social, qui ont pu y lire les commentaires du matchs et, en particulier, les messages que s’échangèrent les deux équipes, tout en constatant que la couverture réseau du Stade de France laissait toujours à désirer.

Dans les autres rencontres de la journée, on notera le naufrage de l’Aviron à Toulon. Deux images à retenir de ce match, celles de Mourad Boudjellal, hussard sur le toit du tunnel d’accès à Mayol pour assister à la partie, et de Yoann Huget, qui a récolté un carton rouge pour son retour à la compétition. En laissant ses coéquipiers se débrouiller à 14 pendant plus d’une heure, l’ailier Bayonnais a bien contribué à la défaite des siens. Son coup de tête sur Benjamin Lapeyre devrait lui valoir une nouvelle suspension. On souhaite que la sanction lui mette un peu de plomb dans la cervelle, mais, au vrai, on en doute un peu.

Avec ce nouveau revers, Bayonne occupe la dernière place du classement, tout juste devancé d’un point par son voisin Biarrot, auteur d’une prestation décevante à Castres mais qui repart du Tarn avec le bonus défensif, et le LOU, vainqueur d’Agen et qui compte un match en moins. L’autre promu, Bordeaux-Bègles, a concédé la défaite sur la pelouse de Chaban-Delmas devant Clermont. Les 26 000 spectateurs de la rencontre ont pu constater, une nouvelle fois, que l’UBB est d’une des équipes les plus agréables à voir jouer. Mais ses défaillances au pied l’ont très largement desservie. Le bonus défensif qu’elle a décroché lui permet néanmoins d’occuper la 9ème place au classement.

Brive l’a emporté face à l’USAP, qui repart d’Amédée-Domenech sans le moindre point et reste à largement à la portée des autres candidats au maintien. Enfin, Montpellier a surclassé le Stade Français vendredi et poursuit sa marche en avant.

La période qui s’ouvre, avec le Tournoi et ses doublons, pourrait rebattre quelque peu les cartes, en particulier en bas de classement, avec Biarritz et Perpignan qui seront privés d’éléments clés. S’agissant du leader, Toulouse, et de son dauphin, Clermont, leur matelas de points et la richesse de leurs effectifs devraient leur permettre de passer deux mois mois inconfortables que prévu.

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Sélection pour l’Italie : les clubs jouent à moitié le jeu

Jeudi dernier, Philippe Saint-André a annoncé la composition du groupe de 23 joueurs retenus pour disputer le premier match du Tournoi, face à l’Italie samedi prochain. Mais en attendant ce rendez-vous, les clubs du Top14 disputent ce week-end la 16ème journée du championnat. S’il ne s’agit pas d’une situation atypique (il est rare que les clubs fassent relâche la semaine qui précède un match du Tournoi), qui plus est dans la situation actuelle où chaque week-end disponible dans le calendrier  vaut de l’or.

Pour autant, il est intéressant de regarder comment les clubs ont géré leurs sélectionnés. Cela nous donne une petite indication sur l’état d’esprit des dirigeants du rugby professionnel à l’égard du nouveau sélectionneur. Au vu des compositions d’équipe, force est de constater que le résultat est, au moins en apparence, mitigé. Sur les 23 sélectionnés, 10 ont disputé ou vont disputer leur match de championnat comme titulaires, 1 comme remplaçant et les 12 autres seront au repos. On remarquera que le Stade Toulousain n’aligne que deux des joueurs appelés par Philippe Saint-André (dont un comme remplaçant), ce qui n’est pas neutre quand on connaît les relations délicates qui existent habituellement entre le club Haut-Garonnais et l’équipe de France. Nul doute que la présence de Yannick Bru dans les deux staffs n’est pas étrangère à cette situation. Elle pourrait également constituer un signe (négatif) sur la présence de Lionel Beauxis dans l’équipe qui débutera samedi contre l’Italie.

Il faut évidemment reconnaître que la profondeur de banc du Stade (comme celui de Clermont qui a laissé tous les sélectionnés au repos) n’est pas non plus neutre au regard du comportement des entraîneurs. Néanmoins, la présence de jeunes joueurs sur les feuilles de match toulousaine et auvergnate témoignent d’un état d’esprit très positif.

Que dire du Stade Français, de l’USAP ou du BO qui ont aligné comme titulaires plusieurs de leurs sélectionnés ? Que leur position au classement et leur effectif ne leur permettent pas de laisser dans les tribunes ou même sur le banc leurs internationaux. C’est tout particulièrement vrai pour Biarritz qui peut difficilement se passer de Dimitri Yachvilli et Imanol Harinordoquy. Quant à Montpellier ou le Racing metro, François Trinh-Duc et Lionel Nallet occupent des positions clés au sein de leur équipe et s’en passer reviendrait à hypothéquer des chances de succès.

Au final, on peut estimer que Philippe Saint-André ne s’en sort pas trop mal, d’autant qu’aucune blessure n’est à déploré chez ceux qui ont joué hier lors du match Montpellier-Stade Français, qui voyait s’affronter 4 sélectionnés, et non des moindres. Il reste à espérer que ceux qui seront sur le pont aujourd’hui ne connaîtront pas de soucis sur ce plan.

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