Retour sur terre

Au terme de la première journée de HCucp, on peut tirer un bilan plus que mitigé des résultats obtenus par nos représentants. Une victoire, un match nul et quatre défaites, voilà qui fait quelque peu tâche pour un rugby hexagonal tout juste auréolé d’un titre officieux de « presque » champion du monde, et dont le championnat domestique est prétendûment l’un des meilleurs sur la planète ovale.

Les clubs Français ont donc, ce week-end, repris contact avec la réalités, ou plutôt les réalités du rugby européen.

On a ainsi très rapidement pu constater que le rugby pratiqué en H Cup demeure très largement au dessus du niveau de jeu pratiqué en Top 14. Le rythme y est plus soutenu, les erreurs s’y paient bien plus sûrement, et les approximations ne sont pas tolérées. On l’a vu particulièrement du côté de l’Ulster, où les les Clermontois, pourtant supérieurs à leurs adversaires, ont commis trop d’erreurs individuelles et collectives pour l’emporter. Dans une moindre mesure, les Toulousains ont peiné à gagner un match qu’ils auraient sans doute remporté plus largement s’ils n’avaient pas perdu autant d’occasions ni laissé leurs adversaires s’installer dans la rencontre au gré de quelques placements défensifs hasardeux ou ballons bêtement perdus.

Pour nuancer ce tableau assez sombre, on pourra avancer que Castres, Biarritz et Clermont jouaient à l’extérieur, ce qui n’est jamais une sinécure en H Cup. C’est un fait. Néanmoins, Castrais et Asémistes n’affrontaient pas nécessairement les équipes les plus fortes de leur poule. Quand on a, comme les Auvergnats, de légitimes ambitions dans cette compétition, on ne peut se contenter de rapporter un seul point de bonus d’un tel déplacement. Biarritz, lanterne rouge du Top14, affrontait pour sa part le leader de la Celtic League. Le bonus défensif arraché dans les derniers instants apportera certainement un peu de baume au coeur des joueurs basques qui ont semblé dans de meilleures dispositions qu’en championnat. Mais ce fut encore très insuffisant, trop d’aproximations et de déchets polluant encore leur jeu.

Un autre argument peut être avancé pour expliquer ces résultats très médiocres, celui du manque de repères de la part des internationaux qui viennent de réintégrer leurs formations après plusieurs mois de séparation pour cause de coupe du monde. Le cas Biarrot est, à cet égard, assez significatif. Plus convaincante que lors des dernières journées de Top14, l’équipe basque a néanmoins affiché des soucis de cohérence dans son jeu. Dans le même ordre d’idée, l’ASMCA a intégré dans son équipe des internationaux dont on voit bien qu’ils ne sont pas encore au diapason de reste de l’effectif. Comme un symbole, c’est un ballon mal négocié par Julien Pierre (mauvais timing dans son intervention ?) qui a conduit à l’essai de la victoire de l’Ulster.

Enfin, au nombre des réalités auxquelles les équipes Françaises doivent se réhabituer figure celle de l’arbitrage celto-britannique. A force de crier à l’incompétence des arbitres de l’hémisphère sud, certains ont sans doute oublié que sur le vieux continent (et évidemment les îles qui le bordent…), l’hétérogénéité de l’arbitrage des rucks et des mêlées pose un problème majeur, tout particulièrement lorsque celle-ci conduit par exemple des équipes comme le Leinster à profiter de la mansuétude de l’arbitre pour ralentir les ballons adverses dans les regroupements.

Le retour sur terre a donc été brutal. Même si Toulouse est parvenu à l’emporter, et si Montpellier a globalement réussi son entrée dans le grand monde, on peut nourrir des craintes sur l’avenir des clubs Français dans la compétition. Car les statistiques ne sont en effet pas très favorables avec les équipes qui perdent leur premier match de poule. D’autant que, cette année, le sentiment est très fort d’un rééquilibrage du niveau général des participants. Il n’est qu’à voir les excellents résultats des clubs écossais, ou la performance des Irlandais du Connacht, dont on pouvait penser qu’ils joueraient les faire-valoir dans la compétition.

Sans sombrer dans un défaitisme de mauvais aloi, on peut penser qu’un nouveau faux pas le week-end prochain scellerait vraisemblablement le destin de Castres, Biarritz et du Racing. Clermont, qui recevra les italiens d’Aironi, ne devrait pas être inquiété, encore qu’une (mauvaise) surprise – bien que très improbable – reste toujours possible. Toulouse devra au minimum rapporter un point du Connacht et Montpellier saura à Bath si son quasi-exploit de samedi était à ranger dans la catégorie des bons souvenirs ou des promesses d’avenir.

Un retour sur terre n’est jamais inutile quand il permet de rebondir. C’est tout le mal qu’on souhaite aux clubs Français engagés en H Cup.

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PSA : Pas de Staff Actuellement

Ce devait être bouclé pour janvier. Yannick Bru et Patrice Lagisquet devaient quitter leurs fonctions au sein de leur club respectif pour rejoindre Philippe Saint-André au 1er janvier. Et puis les démentis sont arrivés plus vite que Richie McCaw dans un ruck. Au soir du 15 novembre, on est on donc toujours sans nouvelle du staff de Phillippe Saint-André.

Le futur sélectionneur – manageur général du XV de France ne sait pas avec qui il débutera son aventure à la tête des vice-champions du monde. Enfin presque puisqu’a priori Gonzalo Quesada, en charge des buteurs et du jeu au pied sous le règne de Marc Lièvremont devrait poursuivre l’aventure.

Quant à David Ellis, le grand manitou de la défense tricolore depuis 2000, celui qui a construit la réputation de solidité du XV de France, il n’a apparemment pas reçu de proposition de la part de la fédération. Il se murmure qu’il pourrait passer à l’ennemi. Façon de parler, à vrai dire, puisque le descendant de William Webb Ellis, et sujet de Sa Très Gracieuse Majesté, prendra peut-être le chemin de sa mère patrie pour rejoindre le XV d’Angleterre. Cette hypothèse d’autant plus sérieuse qu’un concurrent direct, le Gallois Shaun Edwards, qui avait déclaré son intérêt pour le job, restera finalement avec le XV de Galles. Même s’il est toujours bon de renouveler les hommes et leurs méthodes, le départ de David Ellis constituerait une perte pour le XV de France et il ne sera pas facile à remplacer.

Restent les cas les plus problématiques des deux adjoints qui seront (seraient ?) en charge de l’entrainement, Yannick Bru et Patrice Lagisquet. Pour le premier, le président du Stade Toulousain paraît souffler le chaud et le froid en laissant des rumeurs positives filtrer pour mieux les démentir. Il semble jouer avec les nerfs de la FFR et de PSA. Peut-être parce qu’il n’a pas la certitude de trouver un successeur rapidement  à l’ancien talonneur. Et pendant que René Bouscatel discute la dot de Bru, Patrice Lagisquet fait mine de n’avoir aucune discussion avec la fédération, alors que son président, Serge Blanco, pourtant toujours prompt à s’exprimer, n’a pas franchement démenti le départ de son entraîneur.

Tout cela ne fait pas très professionnel. On comprend que le prédécesseur de Pierre Camou se soit laissé tenter par une solution de facilité, en recrutant Marc Lièvremont et en lui adjoignant des entraîneurs puisés dans le giron de la DTN.

Espérons que les choses évolueront favorablement, et rapidement, histoire de ne pas avoir la désagréable confirmation qu’aucune leçon n’a été tirée des errements du passé.

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