L’Aviron navigue à vue

Moins d'un mois après sa nomination, Jean-Pierre Elissalde doit quitter le navire bayonnais

La nouvelle est tombée hier soir, et on a cru un moment à un canular, tant celle-ci paraissait ahurissante : Jean-Pierre Elissalde a été démis de ses fonctions et n’entraînera donc plus l’Aviron Bayonnais.

On rappellera que sa nomination ne datait que du mois de décembre dernier. Jean-Pierre Elissalde détient désormais un record dont il se serait sans doute volontiers passé, celui de coach le plus éphémère de l’histoire du rugby professionnel français.

D’après les premiers échos, il semblerait que plusieurs joueurs aient manifesté au mieux leur incompréhension, au pire leur opposition au discours de leur manager. Celui-ci s’en était d’ailleurs ouvert il y a quelques jours, dressant ce qu’on pensait n’être qu’un constat d’étape et qui constituait en réalité le bilan de sa courte mission.

Voilà qui consternera tous ceux qui aiment le rugby et, évidemment, les supporters de l’Aviron. Virer un manager aussi peu de temps après sa nomination ne représente pas seulement un aveux d’impuissance, il dit aussi toute la vacuité d’une direction de club incapable d’imprimer une gestion sereine et, pire, donnant d’elle-même une image d’amateurisme pour le moins négative.

Soit le choix de recruter Jean-Pierre Elissalde a été fait sans qu’une véritable réflexion ne soit conduite au préalable, sur une impulsion, soit son éviction répond aux pressions de joueurs et/ou de membres de l’équipe dirigeante. Dans les deux cas, on ne peut que déplorer ce qui s’apparente à de la navigation à (courte) vue. Au passage, comment faut-il interpréter les déclarations de joueurs qui critiquent Jean-Pierre Elissalde sans démontrer parallèlement sur le terrain qu’il font tout ce qu’ils peuvent pour tirer le club vers le haut ?

Evidemment, ceux dont les contrats comprennent des clauses libératoire en cas de descente en ProD2 pourront toujours se trouver un autre club, et laisser leurs anciens supporters pleurer sur un champ de ruines.

Alors que la galère Bayonnaise semble tanguer de plus en plus, au risque de finir par sombrer en proD2, le voisin Biarrot est sur le point de démontrer qu’une politique de mobilisation dans la continuité peut permettre de se sortir de la tempête.

Dans un cas comme dans l’autre, la situation est loin d’être définitivement figée. Mais quelque chose nous dit que ce nouvel épisode dans la valse des entraîneurs de l’Aviron prépare un épilogue des plus douloureux pour le club ciel-et-blanc.

On souhaite bien du courage à Didier Faugeron et à Denis Avril (ce dernier ayant été nommé aujourd’hui) pour réussir le pari du maintien. Il n’est évidemment plus question d’autre chose, désormais.

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Clermont et Toulouse OK, Biarritz KO

Clermont et Toulouse se sont montrés exacts au rendez-vous que leur avaient fixé leurs coachs puisque les deux équipes ont empoché les cinq points de la victoire bonifiée. Et Biarritz a bien failli s’inviter à la fête. Malheureusement, Dimitri Yachvilli (remarquable ce soir) et ses coéquipiers ont échoué de peu sur le terrain des Saracens. Un début de match raté a privé les Biarrots d’une victoire qui leur aurait permis de disputer la qualification sur leur terrain contre les Ospreys. Ils disputeront donc un ultime rencontre avec, pour enjeu, un reversement en Amlin Cup. La remporter donnerait au BO un billet pour la H Cup l’an prochain.

On ne donnait pas cher (sur ce blog), des chances biarrotes. Les hommes de Patrice Lagisquet ont aujourd’hui démontré que leur regain de forme en championnat est plus qu’un simple feu de paille. Il faudra sans doute digérer la déception d’être passé tout prêt de l’exploit, mais ils pourront sans doute capitaliser en Top14 sur ce qu’ils ont montré à Watford.

Pour les Auvergnats comme les Haut-Garonnais, le bonus offensif était nécessaire en vue de sécuriser leur qualification face, respectivement, à l’Ulster (impressionnant contre Leicester) et les Harlequins.

On ne peut pas dire que les suspens fut au rendez-vous samedi, même si la rencontre à Ernest-Wallon entre Toulouse et la province Irlandaise du Connacht (prononcez « Connact ») fut un tantinet moins déséquilibrée que celle qui a vu Clermont submerger les Italiens d’Aironi sur le score fleuve de 68 à rien.

Douze essais auvergnats sont venus agrémenter une partie rapidement bouclée par les hommes de Vern Cotter. L’équipe d’Aironi faisait peine à voir, et on espère pour Jacques Brunel, le nouveau coach de la Squadra Azzura qu’il pourra compter sur des joueurs un peu plus compétitif pour le prochain tournoi, sinon celui-ci pourrait bien tourner au calvaire.

Les Toulousains ont eu plus de difficultés face à une équipe Irlandaise qui est rentrée crânement dans le match et qui a tenté de compenser ses très grosses difficultés devant par une alternance entre jeu au pied et ballons joués a dans la largeur. Toulouse a littéralement concassé son adversaire en mêlée, mais a fait preuve d’un certain attentisme, versant même dans la facilité. Or, on le sait, en rugby comme ailleurs, verser dans la facilité vous complique la tâche. Pour autant, même un peu en dedans, Toulouse est allé deux fois dans l’en-but en première mi-temps, grâce notamment à la paire de zébulons formées par Maxime Médard et Timoci Matanavou.

En deuxième période, visiblement recadrés à la mi-temps, les hommes de Guy Novès ont davantage cherché à progresser dans l’axe avant d’écarter, permettant aux trois-quarts de faire davantage la différence. Dans le pack rouge-et-noir, Louis Picamoles et Thierry Dussautoir ont montré une envie et une activité digne du maillot bleu qu’ils revêtiront en février.

La belle entame de deuxième mi-temps n’a malheureusement pas duré, ce qui a fait craindre que Toulouse ne marque pas le fameux quatrième essai synonyme de bonus. Mais dans le sillage de leur troisième ligne conquérante, les locaux ont finalement repassé la marche avant et usé les velléités défensives Irlandaises pour pointer une quatrième et ultime fois dans l’en-but.

Toulouse conduira son duel à distance avec les Quins à Gloucester, vendredi prochain, alors que Clermont disputera une finale de poule sur sa pelouse face à la province de l’Ulster. Dans les deux cas, l’opposition sera très certainement plus relevée qu’aujourd’hui. Mais rien de ce qu’ont montré les deux clubs aujourd’hui ne laisse penser qu’ils ne parviendront pas à leur objectif de qualification.

 

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Surtout pas de blague !

On l’a répété à l’envie, les chances françaises en H Cup ont pris un sérieux coup dans l’aile depuis les deux dernières journées, disputées en décembre dernier. Une chose est désormais certaine, il n’y aura pas d’armada tricolore en quart-de-finale cette année.

Au mieux trois équipes, et plus certainement deux, puisque l’un des trois clubs encore en course, Biarrtiz, conjugue la double difficulté d’être à la remorque du leader de sa poule (les Saracens, chez qui il jouera dimanche) et à celle du Top 14, dont il occupe une très inconfortable 12ème place. Il y a fort à parier que la tentation sera grande de délaisser une compétition pour privilégier le combat domestique pour le maintien.

Evidemment, on rétorquera que les joueurs sont des compétiteurs et qu’ils se donneront à fond au Vicarage Stadium. La présence de Dimitri Yachvilli sera un atout supplémentaire pour le BO et la preuve que le club ne lâchera pas l’affaire comme ça.

Même si l’on fait abstraction de ces paramètres, la condition sine qua non de la la qualification sera de l’emporter sur le terrain des Saracens, actuels deuxièmes de Premiership et qui viennent de battre les Harlequins – leaders au classement – chez eux (ou presque, à Twickenham). Vous avez dit compliqué ?

Les espoirs se portent donc sur Toulouse et Clermont. L’ASMCA occupe actuellement la troisième place de sa poule, mais a paradoxalement plus de chance de se qualifier que Biarritz, car le calendrier des deux dernières rencontre lui est favorable, davantage que celui de ses devanciers. Mais pour valider son billet pour les quarts, il ne faudra pas commettre de boulette, du type de celle que les Biarrots ont enchaîné dernièrement, à savoir perdre sur le terrain du concurrent Italien de l’épreuve.

Même si Clermont fait tourner son effectif par rapport à son dernier match de championnat, l’équipe a fière allure. Il n’est qu’à constater que la charnière sera occupée par Morgan Parra et Brock James, et que le banc sera rempli de titulaires habituels, de quoi faire pencher la balance du bon côté. Inutile de préciser qu’un point de bonus sera exigé en sus des 4 points attendus.

Toulouse aura aussi, sur le papier, un match facile, après sa déconvenue face aux Harlequins lors de la dernière journée de HCup. Gageons que les hommes de Guy Novès ne voudront pas se faire battre deux fois à domicile, d’autant qu’ils se sont facilement imposés chez leur adversaire du Connacht en match aller.

Pour la rencontre à Ernest-Wallon, les coachs rouge-et-noirs ont visiblement décidé d’assurer, en alignant une très grosse équipe, de taille à aller chercher 5 points avant de se rendre à Gloucester pour le compte de la dernière journée.

Confiance donc, dans le sort des deux matches les plus importants pour les chances françaises, mais une pointe de méfiance tout de même. Pas de blague, messieurs, et bonne chance !

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Fusions : le Limousin va (peut-être) ouvrir le bal

On évoquait il y a peu, sur ce blog, la fusion entre Bayonne et Biarritz pour indiquer qu’elle n’avait pas beaucoup de partisans. C’est d’ailleurs le propre des fusions de clubs que de générer un enthousiasme pour le moins mitigé parmi les supporters concernés.

C’est pourtant ce qui pourrait bien arriver en Limousin, où les deux clubs phares de la région, Brive et Limoges, ont fait part d’un projet visant à réunir leur sections professionnelles. Une forme de leadership reviendrait au CABCL, qui évolue actuellement en Top14 et accueillerait l’essentiel des rencontres disputés par la nouvelle entité sportive. Cette fusion conduirait donc à la création de la première « province » de rugby.

Il ne s’agit pas d’une première dans le rugby pro, puisqu’un précédent est intervenu avec le LT65, club issu de la fusion de Lannemezan et Tarbes. De surcroît, la nouvelle entité Limousine ne perturberait pas le paysage ovale professionnel dès lors que l’un des deux clubs fusionnés ne faisait pas partie de l’élite.

Pour autant, si ce projet se concrétisait, il constituerait indéniablement une évolution pour un sport qui doit faire face à une crise de croissance. Ce sont très certainement des motifs économiques qui ont poussé Brive et Limoges à unir leurs forces et profiter de manière plus efficiente du potentiel de la région en termes de recettes.

Le déséquilibre relatif qui existe au plan sportif entre Brive et Limoges – favorable au premier – peut venir compenser la différence de taille démographique et de poids économique entre les deux villes.

Même si, dans d’autres sports, la preuve a été apporté de la nécessité, sinon l’intérêt, d’une telle mesure, on peut se montrer réservé sur son impact. En particulier parce qu’elle intervient dans un sport où l’esprit de clocher, l’attachement très fort au maillot, le poids des traditions sont particulièrement vifs. Le sentiment de voir son identité « diluée » dans un ensemble sans âme est souvent mis en avant pour expliquer le refus d’une fusion. C’est d’ailleurs ce motif qui avait poussé les clubs de Lourdes et de Bagnères de rejoindre le projet Tarbais. Et c’est finalement pour cette même raison que Lannemezan a fini par mettre fin à l’aventure du LT65.

Ensuite, il faut avoir à l’esprit que près de 90 Km séparent les deux villes. Pas facile de créer des synergies quand les trajets prennent une heure pour se rendre de Limoges à Brive.

Ce projet sera donc examiné à la loupe par tous les acteurs de l’ovalie hexagonale, qui pourront y trouver – peut-être – quelques enseignements non négligeables pour nourrir la réflexion sur l’évolution du rugby professionnel en France. On pense bien sûr à l’actuel président de la FFR qui ne fait pas mystère de ses positions en la matière.

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