Nov 12

Le XV de France à l’ouest, rien de nouveau

Les plus optimistes – pour ne pas dire les plus naïfs – espéraient un miracle, les pessimistes entrevoyaient une déroute majuscule. Hier au Stade de France, le premier n’est pas survenu, la seconde non plus. Mais le choix des qualificatifs importe peu. Ce qui compte, c’est qu’une fois de plus, le XV de France a terminé bien loin des All Blacks. 38-18.

Imaginez un résultat identique en faveur des bleus contre, mettons, la Géorgie ou la Roumanie. Qu’en dirait-on ? Certainement qu’il y a une ou deux divisions d’écart entre les deux formations et que les Tricolores ont levé le pied en seconde période une fois le score largement acquis à la pause (31-5).

Cette comparaison n’a pas d’autre objet que de répondre aux satisfécits de cour d’école entendus et lus ici ou là, sur « la deuxième mi-temps remportée par le XV de France » (13 à 7). Certes, les hommes de Guy Novès, sans doute adéquatement tancés dans les vestiaires par leur sélectionneur, ont-ils fait davantage honneur à leur maillot lors des quarante dernières minutes qu’au cours des quarante apathiques premières. Mais les All Blacks, qui avaient donné sur les réseaux sociaux quelques preuves de leur intérêt extra-sportif à leur séjour touristique hexagonal, avaient clairement oublié de revenir mentalement sur la pelouse après la leçon initiale infligée à des adversaires totalement à l’ouest en première mi-temps.

Bien sûr, tout n’est pas à jeter dans la prestation des Bleus. La charnière – tout particulièrement l’enthousiasmant Antoine Dupont – s’est montrée à son avantage au regard des difficultés de son paquet d’avant, et plusieurs individualités se sont signalées aux observateurs, à l’image du troisième-ligne Judicaël Cancoriet. Mais cela ne pèse pas bien lourd au regard des errements défensifs et aux imprécisions multiples dont les attaquants ont fait la triste preuve durant la quasi-totalité de la rencontre.

C’est entendu, les Français n’ont pas été ridicules. Mais cela ne consolera personne ni ne changera grand chose à la triste réalité des faits. Ce XV de France ne joue pas dans la même division que les grandes nations du rugby actuel. Il aura l’occasion de nous faire (un peu) mentir samedi prochain (n’accordons pas trop d’importance au happening commercial de mardi à Lyon) face aux Springboks.

Ces mêmes Springboks, qui les avaient humiliés cet été et qui ont subi une défaite historique à Dublin face à l’Irlande hier…

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Nov 08

Les oreillons et les « Marie-Louise »

Le match France – Nouvelle Zélande de samedi aura une signification particulière puisque le trophée Dave Gallaher récompensant le vainqueur de la rencontre sera remis le jour même de la commémoration de l’armistice de la Grande Guerre qui vit le capitaine des « Originals » de 1905 succomber sur un champ de bataille des Flandres.

On pourrait ironiquement (et avec une pointe de mauvais goût) relever qu’avec leur cascade de blessures, les Tricolores ont d’ores et déjà rendu une forme d’hommage aux victimes de cet épouvantable conflit, en espérant que le spectacle qu’ils offriront à l’issue du match ne sera pas celui de gueules cassées…

De leur côté, les All Blacks sont victimes d’une épidémie. Fort heureusement, ce n’est pas la grippe espagnole mais une plus bénigne vague d’oreillons qui frappe les hommes de Steve Hansen. Pas de pronostic vital engagé, seulement des défections sur la feuille de match.

Difficile, dans cette situation, de ne pas se souvenir qu’un certain nombre des victoires grappillées face à l’épouvantail neo-zélandais l’ont été devant un adversaire amoindri. Et sans aller jusqu’à comparer les oreillons à la fameuse Suzie sud-africaine de 1995, l’idée a sans doute traversé les esprits que les All Blacks qui s’aligneront au Stade de France samedi seront peut-être bons à prendre.

Malheureusement, on voit mal en l’état actuel des forces du rugby français comment une équipe même « B » ne serait pas toujours largement favorite face à une formation tricolore qui est elle aussi amputée de plusieurs de ses cadres.

Il se murmure que la charnière pourrait être composée d’Antoine Dupont et Anthony Belleau. Deux jeunots, deux bleus chez les bleus. On évoque aussi les possibles titularisations de Paul Gabrillagues et Judicaël Cancoriet. Voilà de quoi ravir ceux qui trouvent qu’on attend toujours trop longtemps avant de lancer dans le grand bain international les âmes bien nées de l’ovalie hexagonale. Il n’empêche. Même avec quelques vieux briscards dans ses rangs, cette équipe de France a des petits airs de « Marie-Louise » envoyés au casse-pipe.

Et on ne distingue pas vraiment de Napoléon en son sein pour la guide à la victoire. Et si celle-ci, par extraordinaire, survenait, elle devra certainement être rangée « oreillons » des miracles.

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Nov 04

Intelligence situationnelle

Cette coupe du monde 2023, Bernard Laporte la veut absolument. Et il est visiblement près à tout, même à en oublier les principes les plus élémentaires de la diplomatie ovale qui exigent bien autre chose que le rentre-dedans médiatique dont le patron de la Fédération française a fait son fonds de commerce traditionnel.

Le choix de la commission d’évaluation de World Rugby, plaçant la candidature de l’Afrique du Sud devant celles de la France et de l’Irlande a pu surprendre. Mais la réaction de la FFR, convoquant une conférence de presse hargneuse pour dénigrer ce classement et le dossier sud-africain puis se répandant dans la presse pour informer la planète entière qu’une lettre avait été adressée à l’instance internationale pour contester les éléments de son dossier d’évaluation, voilà certainement qui va servir les plan de Bernard Laporte et son équipe. Qu’on se souvienne qu’en septembre dernier, les mêmes avaient dû s’excuser platement devant World Rugby pour un « tweet » malencontreux présentant la candidature française comme la meilleure des trois, anticipant au passage de manière erronée les conclusion de la commission.

Il n’est un secret pour personne que le président de la fédération internationale, Bill Beaumont, et son adjoint, Agustin Pichot, ne sont pas nécessairement les plus chauds partisans du dossier tricolore. Peu en importe les raisons, qu’on devine étrangères à la qualité dudit dossier. Le fait est que braquer ces deux hommes, comme ne manquera pas de le faire la réaction de la FFR ne pourra conduire qu’à minorer les chances de victoire finale.

Et que dire de la Une de Midi olympique, qui donne furieusement l’impression avoir endossé le rôle d’organe officiel de #France2023 ? En titrant « Le mondial de la peur » pour évoquer la possible dévolution de la compétition à l’Afrique du Sud, le journal s’est attiré les foudres d’un grand nombre d’amateurs de rugby, et pas seulement français. On veut bien que, selon les mots d’Albert Londres, les journalistes s’attachent à « porter la plume dans la plaie » – et la violence criminelle dans le pays de Nelson Mandela en est une – mais force est de constater que celle-ci s’est fort opportunément ouverte sous le stylo de Jacques Verdier et ses collègues qui n’avait pas dit grand chose du phénomène jusque là, y compris lors de la tournée estivale du XV de France…en Afrique du Sud.

On devine les réactions non seulement des intéressés, mais également celles de tous les indécis parmi les fédérations nationales appelées à voter le 15 novembre prochain. La réputation d’arrogance française a été particulièrement entretenue ces derniers jours par des acteurs qui paraissent faire preuve d’une intelligence situationnelle très relative en tirant sur tout ce qui bouge, y compris, on le craint, dans leur propre pied…

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Oct 31

Halloween : quel costume choisir ?

Née de la volonté des commerçants d’occuper le calendrier avant la période de Noël et du nouvel an, la fête d’Halloween s’est timidement implantée en France, bien loin de l’engouement qu’elle suscite dans les pays anglo-saxon qui en ont fait un rendez-vous profondément ancré dans leur patrimoine culturel. Un peu comme le rugby, pourrait-on faire remarquer avec une petite pointe d’ironie.

Puisqu’il est question d’ironie, voici quelques suggestions de déguisements très effrayants et personnalisés.

Bernard Laporte : un inspecteur de la Jeunesse et des Sports ;

Mourad Boudjellal : un masque de Willie Mason ;

Mohed Altrad : une panoplie de super-méchant avec une salary cape ;

Paul Goze : de quoi se grimer en Bernard Laporte ;

Les supporters de Clermont : un déguisement de Bouclier de Brennus (attention, fait beaucoup moins peur depuis quelques années. On pourra éventuellement se rabattre sur une Coupe d’Europe) ;

Les supporters de l’Aviron bayonnais : un joueur du Biarritz olympique ;

Les supporters du Biarritz olympique : un joueur de l’Aviron bayonnais ;

Les supporters de La Rochelle : un oiseau sans aile ;

Jacky Lorenzetti : le fantôme de l’Opéra ;

Bertrand Guillemin : une tenue d’arbitre ;

Guy Novès : un chirurgien orthopédiste (une tenue de médecin peut aussi convenir) ;

Max Guazzini : un truc super sobre dépourvu de paillette ;

Ali Williams : un policier de la brigade des stups ;

Warren Gatland : un costume de clown ;

Deon Meyer : un masque de Romain Poite ;

Les ailiers gauches du Top 14 : une panoplie de Josua Tuisova ;

Les ailiers droits du Top 14 : une panoplie de Nemani Nadolo ;

Les journalistes « rugby » : un blogueur caché derrière son écran ;

Benjamin Fall : une momie ;

Et si vous êtes joueur de rugby, gageons qu’une tenue de pousse-citrouille fera parfaitement l’affaire.

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