Juin 03

Paris Sevens, show chaud

Dimanche 2 juin, à l’invitation de HSBC France, Renvoi aux 22 a pu assister à l’étape parisienne des séries mondiales de rugby à 7. Ultime levée d’une saison qui en compte dix, le Paris7s devait attribuer un titre mondial que deux équipes pouvaient encore prétendre remporter : les Fidji, champions olympiques en titre, habitués des podiums internationaux, et les surprenants Etats-Unis d’Amérique, finalistes des quatre premières étapes et vainqueurs de celle de Las Végas.

C’est l’un des intérêts de la formule à sept du rugby : la concurrence est bien plus large que celle qu’on connaît à quinze. Ainsi, parmi les seize équipes composant l’élite du moment, compte-t-on le Kénya et l’Espagne.

L’autre intérêt du rugby à sept est son côté festif. On ne vient pas au Paris7s uniquement pour assister à des matchs. On se déplace aussi pour s’amuser : déguisements, chansons, sono à fond sont l’ordinaire des HSBC World Series. Comme son cousin à quinze, le sept est l’occasion de côtoyer les supporters adverses sur un mode décontracté et amical. Sauf que les supporters soutiennent seize équipes différentes et pas seulement deux. La différence n’est pas seulement quantitative. Elle ajoute une touche d’universalité très sympathique. L’agressivité qui existe toujours un peu dans des confrontations traditionnelles de XV se dilue dans cette universalité ainsi que dans le format de Tournoi sur deux jours aux allures de kermesse bon enfant.

Ce dimanche, donc, l’étape parisienne se déroulait sous un soleil de plomb. Une atmosphère très chaude qui a naturellement éprouvé les organismes des participants (sur le pré comme autour…) mais a également ajouté une touche estivale contribuant grandement au plaisir du rendez-vous. Comme l’an passé, les organisateurs avaient « ouvert » la manifestation au-delà du stade lui-même avec une fan-zone dotée de quelques stands de restauration et jeux mais aussi, c’est une particularité parisienne, un terrain d’échauffement permettant aux spectateurs de suivre le « warm up » des équipes avant leurs rencontres.

Plusieurs animations ont égayé le week-end, en particulier un jeu permettant à ses vainqueurs d’assister à plusieurs rencontres sur des canapés installés à même la pelouse, offrant ainsi un point de vue unique sur les matchs.

Sur le plan purement sportif, le tournoi n’a pas tout à fait répondu aux attentes de ceux qui espéraient voir des surprises et, surtout, l’équipe de France en finale. A l’exception de la victoire japonaise face…aux Bleus, la logique a été respectée. De surcroît, certains matchs alléchants sur le papier n’ont pas produit le spectacle escompté. Ce fut le cas notamment de la demi-finale entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande, dominée sans contestation par les All Blacks. Quant au Français, ils ont certes fait vibrer leurs supporters et accroché une jolie cinquième place, mais on attendait mieux de leur part au regard de leurs derniers résultats.

Il serait injuste cependant de ne relever que ces déceptions. Car toutes les rencontres ont offert leur lot de gestes techniques de grande classe, de plaquages dévastateurs ou d’actions collectives délectables. Le format particulier de cette forme de rugby fait de chaque match un concentré d’émotions en deux fois sept minutes

Au terme de l’étape parisienne, les Fidjiens, colosses aux doigts de fée, ont logiquement été sacrés champions de la saison 2018-2019. Leurs dauphins américains ont montré que les Néo-Zélandais et les Sud-Africains n’étaient plus les seuls à pouvoir contester leur supériorité.

La fête a donc été très réussie, malgré une affluence moins importante qu’escomptée (la faute à un week-end de pont, certainement). Gageons que les organisateurs, soucieux de progresser à chaque édition, sauront trouver de nouvelles idées pour développer cette manifestation qu’on se plaît à considérer comme incontournable désormais, dans un Stade Jean-Bouin dont les installations sont unanimement louées par les nations participant à l’épreuve.

A cet égard, on peut même espérer une montée en puissance du Paris7s jusqu’en 2024, quand Jean-Bouin sera, quelques mois après l’étape des World series, le théâtre d’une autre compétition de 7 encore plus excitante : celle des Jeux Olympiques

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/paris-sevens-show-chaud/

Mai 24

Stade français : l’argent du Boer

Pour la deuxième saison consécutive depuis l’arrivée du Docteur Wild à sa tête, le Stade français a échoué à se qualifier pour les phases finales du Top14. Pourtant ambitieux, et doté par son riche président de moyens financiers à la hauteur de ses objectifs, le club de la capitale devra non seulement regarder les barrages et les demies à la télévision, mais également se contenter de disputer le Challenge européen plutôt que la Champions Cup.

Pourtant, cette saison, le docteur Wild avait placé des espoirs légitimes dans son manager, le sud-africain Heyneke Meyer, ancien sélectionneur des Springboks, et ses prestigieuses recrues (Yoann Maestri, Gaël Fickou ou encore Nicolas Sanchez). Las, après une année qu’on pouvait imaginer comme celle de la transition d’avec l’ère Thomas Savare, prédécesseur de Wild, la saison 2018-2019 ressemble assez sensiblement à sa devancière.

Les raisons avancées par les observateurs attentifs de la formation parisienne tiennent du sportif et des coulisses. Visiblement, la méthode Meyer fonctionne moins bien en club qu’en sélection. Et l’absence de véritable concurrence au sein du groupe, dans lequel Meyer a constitué une ossature quelque peu figée, a cristallisé un certain mal-être chez plusieurs joueurs.

Le Sud-Africain, qui s’était engagé à ne pas faire comme Jake White à Montpellier, a cédé à la tentation identique de faire appel à des compatriotes (plutôt afrikaners) au détriment de jeunes locaux. Même si, dans les faits, le nombre de sud-africains dans l’effectif apparaît limité, le recours à des jeunes, bien que réel, apparaît plus contraint par les événements que le fruit d’une politique volontariste du manager.

Mis en cause plus ou moins directement, Heyneke Meyer conserve la confiance de son président. Jusqu’à quand ? Il semble que le docteur Wild ne rechigne pas pour la saison prochaine, à mettre la main encore une fois à son portefeuille particulièrement bien garni. Mais en rugby comme ailleurs, l’argent ne fait pas seul le bonheur. D’autant qu’il se dit que le respect du salary cap constituerait un dossier très problématique pour le mécène suisse.

Il faut espérer pour le Stade français et ses supporters que Meyer trouve la bonne formule la saison prochaine. Dans le cas contraire, le bon docteur Wild pourrait choisir un traitement moins homéopathique à l’égard de son entraîneur « boer » et finir par décider d’utiliser autrement son argent. Voire peut-être, ailleurs, murmurent les plus pessimistes

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/stade-francais-largent-du-boer/

Mai 22

Vannes, sourire d’aujourd’hui, rugby de demain ?

Dimanche prochain, la finale d’accession désignera le club de ProD2 qui disputera la prochaine saison de Top14. Pour l’accompagner, le perdant devra remporter un barrage face au treizième du classement de l’élite. Cette finale opposera deux clubs solidement ancrés dans le paysage du rugby professionnel, Brive et Bayonne, dont le retour au plus niveau apparaît somme toute logique.

Ces deux formations ne sont cependant pas celles dont on a la plus parlé le week-end dernier. Car pendant une près d’une mi-temps, on a bien cru que le Rugby Club de Vannes, déjà victorieux de Mont-de-Marsan au tour précédent, s’inviterait pour la finale paloise. Avec à la clé l’éventualité qui a donné le sourire à de nombreux amateurs de rugby et, si la tendance se confirme, à laquelle il va falloir se préparer : celle de l’arrivée en Top 14 d’une formation issue d’un territoire fraîchement acquis à la cause du rugby professionnel.

Comme dans bien d’autres régions situées au nord de la Loire, la Bretagne compte de nombreux clubs amateurs réunissant des passionnés de tous âges. Mais le très haut niveau reste encore très embryonnaire et interroge évidemment quant à sa pérennité.

Le formidable travail accompli par les dirigeants vannetais fait espérer un enracinement durable en ProD2, malgré la concurrence du football et des ressources économiques loin d’être extensibles. Cet ancrage repose par ailleurs sur la recherche de joueurs partageant avec la région un peu plus qu’un lien contractuel. Ainsi, plusieurs éléments du groupe professionnel vannetais sont issus du centre de formation attaché au club, qui peut s’appuyer quant à lui sur une « académie » destinée à repérer et former les jeunes à partir de 15 ans.

Une accession en Top14 cette année aurait constitué un petit miracle et, osons-le, un risque pour le club. Car les moyens à mobiliser pour évoluer dans l’élite sont pas les mêmes qu’à l’étage en-dessous et peuvent fragiliser l’équilibre financier de structures qui n’y sont pas préparées. Quant à s’y maintenir durablement, les plus pessimistes trouveront mille raisons de douter.

A l’instar d’autres formations du nord de la Loire, comme Nevers ou Rouen, Vannes peut constituer un point d’ancrage pour le rugby professionnel et incarner le rugby de demain. La ProD2 pourrait représenter le niveau idéal pour cela, avec l’idée que ce championnat mette en présence des clubs représentatifs de l’ensemble des régions françaises.

Cela ne serait que justice pour tous les amateurs de rugby, qu’ils soient pratiquants ou simples spectateurs, qui n’ont pas la chance actuellement de pouvoir s’identifier à des formations de très haut niveau proches de chez eux.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/vannes-sourire-daujourdhui-rugby-de-demain/

Mai 17

Des essais au bout du monde

Entre l’annonce d’une liste de 65 joueurs susceptibles d’être appelés à disputer la coupe du monde et le départ anticipé de Philippe Doussy, l’un des entraîneurs du XV de France, le navire tricolore aux allures de galère continue de donner la tenace impression qu’il navigue à vue.

On comprend bien qu’il faille resserrer dès maintenant le champ des sélectionnables, d’autant que World Rugby fait obligation aux nations participantes de produire une liste de cinquante noms dans les prochaines semaines. Mais d’y voir figurer certains joueurs qui n’ont jamais revêtu le maillot bleu jusqu’à aujourd’hui laisse pour le moins perplexe.

Sur ce point, la comparaison avec les meilleures équipes mondiales contribue à alimenter le pessimisme. Quand Jacques Brunel (ou Fabien Galthié ?) en est encore à envisager d’intégrer des néophytes au niveau international ou de rappeler des internationaux qui n’ont plus goûté à ce niveau depuis plusieurs mois (voire davantage), la concurrence affine ses listes et se prépare à entrer dans le « réglage fin » indispensable à tout candidat au titre suprême.

Bernard Laporte lui-même a bien été obligé de reconnaître que sortir de son groupe qualificatif constituait désormais pour le XV de France un objectif à part entière, qui signerait  « une coupe du monde réussie » s’il se qualifiait ainsi pour les quarts-de-finale. Et les montées en puissance anglaise (voir la performance des Saracens en finale de Champions Cup) et argentine (voir les derniers matchs des Jaguares en Super rugby) font craindre que, pour la première fois de son histoire, l’équipe tricolore fasse ses valises au bout de quinze jours de compétition.

A lire cette fameuse liste des 65, on a le sentiment que la FFR comme le staff du XV de France sont assis entre deux chaises, ne sachant pas s’il faut jouer le jeu de la compétition qui débutera dans quatre mois ou s’en servir comme d’un galop d’essai pour la suivante. Un sentiment exacerbé par la valse des adjoints de Jacques Brunel, qui comptera dans ses rangs une bonne partie du staff amené à lui succéder, une première là encore. Pour dire le vrai, on n’en voudrait pas vraiment à ces coaches de poursuivre leurs essais au Japon, en donnant à une majorité de « jeunes » internationaux un temps de jeu aussi important que possible, synonyme d’expérience pour le véritable objectif, en 2023.

Si perdre au Japon peut permettre de gagner en France, cela mérite qu’on y songe sérieusement, si ce n’est déjà fait.

Lien Permanent pour cet article : http://renvoiaux22.fr/WordPress3/des-essais-au-bout-du-monde/

Articles plus anciens «

» Articles plus récents