Non, non, rien n’a changé…

Il y a un an, jour pour jour, les supporters français du XV de France se réveillaient avec la gueule de bois, en repensant au petit point d’écart qui suffit à sacrer les All Blacks champions du monde pour la deuxième fois de leur histoire.

Après une finale de feu, débutée par un nouvel exemple de l’inventivité tricolore face au Haka et conclue par le énième ruck d’un pack neo-zélandais tétanisé par la peur de perdre, on se disait que ces Français-là finiraient bien un jour par rapporter à la maison la timbale dorée. Pourtant, après un an d’exercice du pouvoir par Philippe Saint-André, on peut craindre que rien n’ait vraiment changé dans la maison bleue.

L’édition de ce lundi de Midi Olympique contient une statistique à la fois parlante et effrayante : le XV de France est au 10ème rang des sélections nationales en terme de temps de regroupement et d’entraînement. C’est autant que les Fidji et moins bien que l’Italie. On comprend, en lisant ces lignes, combien la présence de nos bleus en finale d’une coupe du Monde représente une forme d’exploit et on mesure mieux la performance de cette sélection dont les deux qualités essentielles, le courage et la solidarité, sont celles qu’il est le moins nécessaire de travailler à l’entraînement.

En l’absence d’accord efficace entre fédération et clubs sur les modalités de mise à disposition des internationaux, de projet de jeu homogène dans les différentes sélections nationales, avec un calendrier qui laisse au XV de France une portion congrue, les sélectionneurs, PSA et ses successeurs, en seront toujours réduits à des expédients. Appeler des jeunes sans grande expérience internationale peut apparaître risqué (on l’a déjà écrit sur ce blog), mais on voit mal comment le patron de l’équipe de France pourrait faire autrement pour aguerrir les talents précoces.

Sans remettre en cause la culture et les traditions françaises qui reposent sur le réseau des clubs de rugby, il conviendrait de reconnaître la place centrale du XV de France dans l’histoire de ce sport. Et ce n’est pas être cocardier que de déplorer que notre sélection nationale soit la seule du gotha mondiale à n’avoir jamais décroché la fameuse timbale.

Le rugby français sauve les apparences grâce au talent naturel des ses joueurs et au caractère resserré de l’élite internationale, qui lui permet d’atteindre, même en jouant mal, le tableau finale des coupes du monde ou de bien figurer dans le tournoi. Mais jusqu’à quand ?

Les progrès des nations dites « mineures » pourraient bien menacer la fragile supériorité du XV de France. Il n’est qu’à voir ce qu’accomplit désormais la sélection Argentine, qui, après avoir perdu 28 des 33 premiers matchs contre les bleus, ont remporté 8 des 12 suivants.

Alors, faudra-t-il attendre un succès des Fidji ou du Japon au Stade de France pour qu’enfin les instances dirigeantes passent outre leurs différends et s’accordent sur un dispositif à même de tirer le meilleur de nos talents ?

On ne le souhaite pas. Faisons le pari de l’intelligence. On ne sait jamais, sur un malentendu, ça peut peut-être marcher…

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(1 commentaire)

    • castaignède le joueur on 24 octobre 2012 at 18 h 38 min
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    Sachant que c’est dans l’ADN de la France de toujours attendre les moments les plus désespérés pour se réveiller, je ne me ferais pas autant d’illusions que toi. On attend toujours d’avoir atteint le fond du puits pour envisager de grimper.
    Comme tu le dis, si nous réussissons malgré tout à conserver bon an mal an notre rang, c’est parce que nous disposons de joueurs talentueux. Et que la préparation longue pré-CDM nous permet de rétablir les valeurs. Entre 2 CDM, nous sommes forcés de faire avec les miettes.
    Nb: je dirais que nous sommes 2 nations majeures du rugby mondial à ne pas être champion du monde, car on peut considérer le Pays de Galles comme une grande nation de ce sport, même si c’est un petit pays. Leur histoire rugbystique est tout de même grande (domination des années 70 + 1 partie des années 80).

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