Mêmes motifs, mêmes punitions

On a coutume de dire que la Champions Cup révèle les carences du Top 14. La deuxième journée  de la compétition européenne n’aura pas fait exception, à ceci près qu’elle n’aura pas seulement illustré les insuffisances tricolores, mais également mis en lumière les potentialités des clubs de Haute-Garonne.

Le calvaire toulonnais se poursuit donc, alors que le parcours du dernier finaliste de notre championnat, pourtant armé de nombreux internationaux, n’est pas particulièrement brillant. Montpellier comme le RCT proposent un jeu réducteur, sans imagination ni rythme. Face aux dynamiques formations anglo-saxonnes, ce qui peut être suffisant pour le Top 14 (et encore, à condition que les joueurs se sentent un peu concernés…) ne l’est pas pour le niveau supérieur.

Les difficultés du Rugby club toulonnais en championnat offraient deux options aux Varois : disputer la Champions cup pour se vider la tête, donner du temps de jeu à ceux qui en ont besoin, et pourquoi pas redonner confiance à certains joueurs qui paraissent en manquer cruellement. La seconde consistait à lâcher rapidement l’affaire pour se consacrer aux affaires domestiques. Au vu de ce deuxième week-end de compétition, on gagerait que c’est cette voie (de garage) qui a été empruntée.

La résignation qui semblait se lire dans les regards toulonnais, alors que les maladresses et mauvais choix s’enchaînaient, au point de dégoûter leurs plus farouches supporters. Mourad Boudjellal va-t-il refaire le coup de l’an passé et se séparer de son entraîneur pour tenter l’électrochoc attendu ? Il serait assez ironique qu’il le fasse après une défaite devant Richard Cockerill qui joua les pompiers de service avant l’arrivée de Patrice Collazo la saison dernière.

Le mystérieux Tweet du président Toulonnais, renvoyant sur YouTube à la scène de ménage du dessin animé Blanche Neige peut le laisser entendre. Ce qui est certain, c’est que le club naguère si puissant sur la scène internationale a désormais des allures de nain…

Quant à Montpellier, on a peine à croire que son coach soit Vern Cotter, tant le jeu proposé par le MHR est loin de celui que le Néo-Zélandais faisait pratiquer à Clermont ou à la sélection écossaise. Il faut croire que Cotter ne dispose pas des joueurs susceptibles de mettre en œuvre le rugby de mouvement dont il nous a régalé par le passé.

On peut dire que les mêmes motifs qui ont été avancés pour expliquer les résultats mitigés de ces deux clubs en Top 14 ont provoqué les mêmes punitions en coupe d’Europe. 

Gardons-nous pourtant de ne voir que le verre à moitié vide. Il faut en effet se réjouir des performances castraises et toulousaines.

Fidèles à leurs points forts – en particulier sur le plan mental, mais pas seulement, les Castrais ont dominé leur match face à Exeter en étant pourtant réduits à 14 durant près d’une heure. C’est peut-être la marque « Urios », mais c’est surtout le signe que, cette année, le CO ne laissera pas filer la Champions cup comme cela lui était si régulièrement reproché jusque là.

Quant au Stade toulousain, il s’est défait de l’ogre irlandais du Leinster en pratiquant le jeu qui a fait sa réputation aux beaux jours de son règne passé, et, surtout, en puisant dans des ressources insoupçonnées après l’heure de jeu, lui qui si souvent cette saison a pu s’écrouler dans les dernières minutes de jeu. Certes, le Leinster reste le favori d’une compétition dont les Toulousains ne sont aujourd’hui que des outsiders parmi d’autres. Mais il est plaisant de constater que la volonté de donner de l’ampleur à son rugby a permis à Toulouse de rivaliser, ne serait-ce que durant 80 minutes.

Un mot enfin du Racing92, dont la performance devant l’Ulster confirme qu’il est le club français le mieux taillé pour l’Europe. Après une victoire laborieuse à Llanelli, il a passé la surmultipliée chez lui. Pourvu que ça dure.

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