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Juil 13

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Les Lions sont-ils morts à l’Eden Park ?

Le match nul arraché par les Lions britanniques samedi à l’Eden Park d’Auckland fera-t-il rejoindre Sam Warburton et ses coéquipiers dans la légende de cette équipe, aux côtés de leurs collègues de 1955, 1971, 1974 ou 1997 ? Le temps n’a pas encore passé sa patine sur les événements et les souvenirs sont trop récents, trop nets pour pouvoir l’affirmer. Malheureusement, cette série en Nouvelle-Zélande pourrait bien marquer l’histoire pour une raison moins glorieuse. En effet, il est probable qu’elle soit la dernière du genre, avec des matchs de semaine à travers tout le pays hôte.

Bien sûr, le professionnalisme étant passé par là, il n’était plus question depuis longtemps des périples de plusieurs mois, ces derniers appartenant à l’ère amateur. Mais les discussions récentes entre dirigeants fédéraux et présidents des clubs d’Outre-Manche font émerger le risque de voir les futures tournées réduites aux seuls test-matchs. Adieux, donc les rencontres intercalaires, place à des tournées de trois à quatre semaines maximum, calquées sur celles accomplies par les sélections nationales.

On comprend bien que l’hypertrophie calendaire n’est pas l’apanage du seul rugby français. En Angleterre aussi les clubs font grise mine devant l’indisponibilité de leurs internationaux. Et leur puissance financière rend leurs doléances incontournables pour les responsables des Lions.

Mais au-delà de la nostalgie des Tournées épiques, c’est à de véritables risques sportifs et financiers que les Lions et leurs hôtes seront confrontés s’ils acceptent de raccourcir leur tournée. Il faut du temps pour construire un groupe, d’autant que celui-ci est composé de joueurs qui ne sont pas habitués à jouer ensemble. Il faut aussi des matchs. En Nouvelle-Zélande, c’est lors des rencontres de semaine que se sont affirmés les Maro Itoje, Eliott Daly ou Liam Williams. On a certes vu que l’association Sexton – Farrell a rapidement donné satisfaction en dépit d’un temps de jeu ensemble des plus réduits. Mais c’est au prix d’entraînements nombreux, autorisés par la durée de la tournée, que la paire irlando-anglaise a pu trouver ses marques.

Le risque n’est pas seulement sportif, il est aussi financier. Et tout particulièrement pour les fédérations australienne, sud-africaine et néo-zélandaise. Une tournée des Lions génère énormément de revenus pour l’ensemble des acteurs du rugby locaux, et pas seulement : pensez au chiffre d’affaires des hôteliers et restaurateurs qui voient arriver tous les quatre ans la fameuse « sea of red » des supporters britanniques et irlandais. Sans oublier les revenus publicitaires et droits dérivés qui découlent de ce barnum quadriennal.

Alors, les Lions sont-ils morts à Auckland ? Non, bien sûr. Mais il n’est pas certain que la magie tienne longtemps si leur tournée se résumait à trois test-matchs tous les quatre ans. Et sans magie pour les protéger, le pire pourrait bien leur arriver…

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