L’ennui du rugby

Ce lundi, les acteurs du rugby professionnel français se retrouveront sous l’égide de la Ligue nationale de Rugby pour « La Nuit du Rugby ». Cette cérémonie, destinée à récompenser un certain nombre d’entre eux au titre de la saison 2017-2018, se déroulera à l’Olympia.

Il y a quelque chose de logique à organiser une telle manifestation dans une salle de spectacle, puisque c’est désormais ce à quoi aspire le Top14 comme la ProD2.

Las, il y a loin de la coupe (ou plutôt du bouclier) aux lèvres.

Le constat est peut-être rude, mais il est indiscutable : la France du rugby pro s’ennuie devant la multiplication des matchs insipides où le rentre-dedans unidimensionnel le dispute aux confrontations entre équipes joliment qualifiées de « remaniées » pour ne pas évoquer le terme moins policé mais plus parlant d’ « impasse ».

Nous nous trouvons aujourd’hui dans la situation paradoxale d’un Top14 survendu, en particulier par son diffuseur pour des raisons évidentes, mais qui provoque un mécontentement assez général parmi les amateurs de ce sport, y compris parmi les supporters, comme en témoigne des tribunes assez dégarnies y compris dans des stades où la ferveur est habituelle.

En tout état de cause, seules les phases finales présentent un réel intérêt pour ce qu’elles comportent d’intensité et, dans une moindre mesure, d’incertitudes. Moindre mesure, car les surprises sont finalement assez rares. C’est un autre paradoxe de la situation : l’introduction des barrages a notamment voulu répondre aux critiques qui considéraient que des demi-finales entre les quatre premiers de la saison régulière favorisaient la constitution d’un ventre mou important. Mais en qualifiant six des quatorze équipes, le Top 14 a peut-être contribué, précisément, à multiplier les rencontres sans enjeu tout en poussant les entraîneurs à prendre un minimum de risques dans le jeu.

Malgré leurs efforts pour mêler « entertainment »  et sport, au point pour le Racing 92 de donner à ses matchs des atours curieux d’animations de boite de nuit, les clubs professionnels semblent peiner à intéresser le chaland au-delà du noyau de leurs aficionados.

Et ce ne sont pas les paillettes d’une  soirée de gala qui suffiront pour combattre l’ennui du rugby dans lequel sont plongés un nombre grandissant des amoureux de ce sport.

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