Leinster, et admirer

On y croyait quand même un peu. Parce que le jeu pratiqué par les Toulousains depuis le début de saison semblait de nature à perturber les Irlandais du Leinster. Parce que ces mêmes Toulousains avaient réussi l’exploit de les battre l’automne dernier. Parce qu’Ugo Mola et ses hommes avaient montré suffisamment de caractère au tour précédent, en parvenant à l’emporter au Racing92 en jouant en infériorité numérique l’équivalent d’une mi-temps, pour qu’on les pense capable de refaire le même coup à Dublin.

Las, après à peine plus de dix minutes de jeu, il a fallu se rendre à l’évidence : ces Irlandais étaient trop forts pour les Hauts-Garonnais, et c’est très logiquement – et pour tout dire assez tranquillement – qu’ils ont empoché leur qualification pour la finale.

Il est toujours tentant de pointer la responsabilité de tel ou tel joueur dans la défaite, ou d’incriminer les choix du staff. Il est vrai que Thomas Ramos a cristallisé les critiques sur sa performance (qui, au passage, interroge sur sa capacité à franchir un cap au plan international). Il est vrai également que la tactique mise en place par Ugo Mola a rapidement montré ses insuffisances, éclairant ainsi ce qui le sépare lui-aussi du top niveau mondial.

Pourtant, le sentiment domine qu’un Toulouse même dans de meilleures dispositions individuelles et collectives n’auraient pas pu faire grand chose devant la science des hommes du Leinster. On dit leur jeu ennuyeux. Il peut l’être comme pouvait l’être celui de quelques grands tennismen des années 70. Mais comme eux, les Irlandais placent la victoire au-dessus de toute autre considération, et, comme eux, tablent sur la rigueur et le souci du détail pour y parvenir.

La mécanique du Leinster – comme celle du XV du Trèfle – parfois, se dérègle sous la pression. Mais pour parvenir à coller suffisamment de grains de sable dans les rouages du char d’assaut irlandais, il faut des armes que Toulouse, dimanche, n’avait pas sous la main.

Alors devant tant de différence entre les deux équipes, on ne pouvait que se taire, et admirer.

Et si la défaite de Toulouse peine le supporter français, l’amateur de rugby ne peut que se réjouir par avance de la confrontation homérique qui l’attend dans quelques semaines à Newcastle, entre les deux meilleures équipes de l’hémisphère nord, le Leinster, donc, et les Saracens, nets vainqueurs eux aussi de leur demi-finale.

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