Le temps se gâte sur la coupe du monde

La décision était redoutée, elle a été confirmée aujourd’hui à midi heure locale : les rencontres Angleterre-France et Nouvelle-Zélande – Italie ont été purement et simplement annulées en raison du passage du typhon Hagibis sur le Japon, qui s’annonce comme l’un des plus violents que l’archipel ait connu depuis une dizaine d’années.

Si l’on s’en tient aux seules considérations de sécurités – les seules qui vaillent en vérité, l’annulation des deux matchs est parfaitement logique. Les risques sont trop importants pour les équipes comme les personnels de l’organisation pour qu’on maintienne les rencontres, y compris dans des stades pourvus d’un toit (il semblerait au passage que la fermeture des dits toits soit impossible d’ici aux premières rafales du typhon…).

Pouvait-on les reporter ? Après tout, sept jours séparent cette dernière journée des poules B et C des quart-de-finales. S’il est délicat de répondre sans connaître l’ensemble des paramètres en jeu, on peut avancer que le rapport coûts/avantages d’une telle mesure ne plaide pas pour elle : outre qu’elle priverait les équipes d’une période de repos précieuse avant les quarts, elle ne permettrait pas nécessairement aux possesseurs de billets de se rendre au Stade, pour des raisons logistiques. Sans parler des éventuels dégâts que pourrait causer le typhon sur les enceintes sportives concernées. Ces facteurs pèsent lourd au regard des enjeux sportifs, relativement minces, puisque Anglais et Français sont déjà qualifiés et que les Italiens, avec tout le respect qu’on doit avoir pour eux, n’avaient pas la moindre chance de remporter face aux All Blacks les cinq points nécessaires à leur qualification.

Ce sont certainement des raisons sportives qui ont poussé les organisateurs à maintenir le match entre le Japon et l’Ecosse, décisif pour la qualification des deux équipes, prévu le dimanche à Yokohama. Néanmoins, malgré des prévisions météorologiques plutôt favorables, il est difficile de ne pas envisager qu’il soit impossible de disputer la rencontre. Se poserait alors la question épineuse de la solution à retenir : un report, à moins de six jours des quart-de-finales, ou une annulation qui priverait sur tapis vert l’Ecosse de son billet pour les phases finales. Il faut espérer que les organisateurs n’auront pas à opérer ce choix cornélien. Au-delà de l’embarras bien réel que cela causerait, la crédibilité de la compétition, déjà écornée par l’annulation des matchs du samedi, serait encore davantage entamée.

Cette situation pose la question de l’organisation d’une coupe du monde de rugby dans un pays où, à pareille époque, les épisodes climatiques de cette nature sont habituels. Pays de rugby, le Japon méritait autant qu’un autre d’accueillir la compétition. Et si les calendriers rendent désormais quasi-impossible de planifier celle-ci en dehors de la fenêtre automnale, il n’aurait pas semblé aberrant de prévoir une durée de compétition un peu plus longue afin d’absorber de tels événements qu’il est, pour le moins difficile de qualifier d’imprévisibles.

Le temps se gâte sur la Coupe du monde, et plus particulièrement sur ses organisateurs. Il faut souhaiter qu’à l’issue de la compétition, nous ayons droit à un retour d’expérience critique sur ce point négatif qui occulte en partie l’excellence de son déroulement. Et que les responsables de son organisation ne se contenteront pas d’ouvrir le parapluie.

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