Le rugby touché au coeur

L’un avait 19 ans, l’autre 61. Le premier goûtait aux joies adolescentes des premières années de sa passion ovale, le second, à l’automne de son existence, conservait les yeux de Chimène pour un sport qu’il avait fait aimer à des milliers de lecteurs du « jaune », le journal Midi Olympique.

Nicolas Chauvin, joueur du Stade français, et Jacques Verdier, journaliste et écrivain, ont tous deux rejoint le Paradis des rugbymen cette semaine. Nicolas, blessé par un de ces plaquages « modernes » que la professionnalisation du rugby a rendu courants y compris chez les amateurs et chez les jeunes, n’a pas survécu à une fracture des cervicales. Jacques a succombé à un arrêt cardiaque durant une séance de footing, lui l’ancien troisième-ligne de Saint-Gaudens sur lequel les années ne semblaient pas avoir de prise.

Avec ces deux disparitions, c’est le cœur du rugby français qui a été touché. Ce rugby des dimanches après-midi avec les copains, ce rugby des grands soirs de victoires et des petits matins blême d’après troisième mi-temps auquel le jeune Parisien rêvait sans doute et que le Haut-garonnais nous avait si souvent narré dans ses écrits.La vie est injuste. L’un comme l’autre avait tant encore à vivre et à faire partager…

Ces deux drames, unissent dans un même deuil les amoureux de ce jeux. Ce passé si souvent sublimé par les écrits de Jacques Verdier s’enfonce un peu plus dans les limbes de nos souvenirs. L’avenir de cette discipline qu’incarnait Nicolas Chauvin est quant à lui rendu incertain par son décès, par ceux qui l’ont malheureusement précédé, et par une prise de conscience insuffisante des ses dirigeants.

Sans conteste, en ce gris dimanche d’automne, le ciel est un peu plus sombre que d’habitude sur les terrains de rugby de France.

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