Le Pays de Galles, outsider mondial ?

Sacrés dans le Tournoi, les Gallois lorgnent désormais sur le trophée William-Webb-Ellis

Samedi dernier, Alun Wyn Jones et ses coéquipiers ont brandis deux trophées : celui du Tournoi des six nations et le plateau d’argent récompensant le vainqueur de la Triple-Couronne. Détenteur du titre officieux de champion d’Europe, Grand Chelem en prime, les Diables rouges peuvent-ils croire en leurs chances de décrocher le Saint-Graal du rugby, à savoir la Coupe du monde dont la prochaine édition s’ouvrira dans six mois, jour pour jour ?

Certains l’affirment déjà, à commencer par les journalistes néo-zélandais qui avertissent les All Blacks du danger qui plane sur le troisième titre consécutif que tous les observateurs de la chose ovale promettent aujourd’hui aux presqu’invincibles joueurs du Pays du long nuage blanc.

Plusieurs facteurs plaident en faveur de cet outsider pas vraiment revenu du diable vauvert au vu de sa série de victoires (19 de rang depuis février 2018), mais dont les performances ont été quelque peu occultées par les résultats de l’Irlande et l’ombre médiatique que son puissant voisin anglais ne manque pas de lui faire.

D’abord, naturellement, sa série impressionnante de succès. Selon les propres mots de Warren Gatland, son sélectionneur, cette équipe « a oublié qu’elle pouvait perdre ». De surcroît, elle l’a notamment oublié devant l’Australie et l’Afrique du Sud l’an dernier, qu’elle a battues à Cardiff.

Ensuite, au Japon le Pays de Galles retrouvera dans sa poule l’Australie qui est sans doute la grande nation sudiste la plus abordable. Même si les Fidji, dont les Gallois ne conservent pas nécessairement un bon souvenir en coupe du monde, peuvent espérer inquiéter un peu Alun Wyn Jones et les siens, ils ne devraient pas constituer un péril si grand. En cas de première place, les Gallois disputeraient certainement leur quart-de-finale face aux Argentins ou, sait-on jamais, aux Français. Si la logique était respectée (et elle l’est le plus souvent en rugby), les demi-finales les verraient croiser l’Irlande ou l’Afrique-du-Sud puis, en finale, l’ogre néo-Zélandais.

Ce parcours n’est pas insurmontable pour cette équipe galloise redoutable en défense et très efficace en attaque, à l’aise dans le jeu actuel fait d’intensité et de coups de pied. Bien sûr, le « boss final » n’est pas précisément du genre facile à mater, mais sur un match, tout est possible.

Le dernier match représente sans conteste l’inconnue – pour ne pas dire l’écueil – majeur sur la route des Gallois qui, en dix ans et autant de Test-matchs, n’ont jamais battu les All Blacks.

A ceux qui dressent le parallèle fort tentant entre le Pays de Galles et le dernier pays auteur d’un Grand Chelem en année de Coupe du monde, à savoir l’Angleterre en 2003, on rappellera qu’à l’époque Martin Johnson et ses amis avaient battu deux fois la Nouvelle-Zélande en un an, dont un succès à Wellington trois mois avant le début de la compétition. Ils avaient également terrassé les Wallabies chez eux lors de la même tournée estivale, excusez du peu. Et c’est en position de leader du World ranking que le XV de la Rose s’était présenté en Australie, ce qui ne sera pas le cas de celui du Poireau en septembre prochain.

Bien sûr, le Pays de Galles ne peut plus avancer dans l’ombre d’une Angleterre décevante et d’une Irlande à la recherche d’un second souffle. Il faut considérer qu’aujourd’hui il présente la candidature européenne la plus solide au titre mondial. Mais pour le rôle de favori, on jugera sur pièces. Et sur place.

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