La marée était en blanc

Pour la quatrième fois de son histoire, le XV d’Angleterre disputera samedi une finale de Coupe du monde. Et au vu de sa performance devant les All Blacks en demi-finale, il serait logique d’en faire le favori, quel que soit l’adversaire qui lui sera opposé.

Les All Blacks sont-ils supérieurs aux Anglais ? C’est certainement le cas, mais ça ne s’est vraiment pas vu pendant les 80 minutes d’une rencontre pendant laquelle les hommes de Steve Hansen ont été proprement passés à la lessiveuse anglaise. Et si les joueurs de Sa Très Gracieuse Majesté, après une entame de feu couronnée d’un essai de Manu Tuilagi, ont ensuite inscrit tous leurs points au pied, il s’en est fallu de peu (une faute de main dans un maul et un leurre mal maîtrisé) pour qu’ils n’alourdissent une addition finalement assez douce pour les All Blacks au regard de la rencontre.

Car si les joueurs à la Fougère ont paru quelque peu à côté de leurs pompes durant ce match, et tout particulièrement en première mi-temps, les Anglais ont tout fait pour qu’ils ne retrouvent jamais leurs esprits : occupation du terrain, pressing majuscule et rythme dantesque, la bande à Farrell s’est appliquée à maintenir la tête de sa rivale au fond du seau où l’essai de Tuilagi semblait l’avoir plongé.

Habituellement, les statistiques ne révèlent pas nécessairement la physionomie d’une rencontre. Dans cette demi-finale, au contraire, elles disent toute la domination anglaise, avec 56% de possession et 62% d’occupation en faveur du XV de la Rose. Habituellement maîtres es contre-attaque, les All Blacks ont non seulement été bloqués sans jamais parvenir à trouver la faille, mais même refoulés par la marée blanche des défenseurs adverses, se retrouvant régulièrement en difficulté dans les rucks.

Le « coup » tenté par Steve Hansen, consistant à titulariser Scott Barrett, habituel deuxième-ligne, au poste de flanker n’a pas porté ses fruits, au contraire même, les néo-zélandais laissant à la troisième-ligne Curry-Vunipola-Underhill régner en majesté sur le terrain. Efficaces en défense, ne concédant qu’un essai de raccroc sur un lancer en touche raté, les Anglais l’ont été suffisamment en attaque pour tenir les Néo-Zélandais hors de portée, gérant la fin de match avec un flegme tout britannique.

Commencée il y a quatre ans, au sortir d’une coupe du monde ratée, l’aventure d’Eddie Jones se poursuit avec en ligne de mire un deuxième titre mondial qui n’a jamais paru aussi proche pour un XV de la Rose.

Un XV d’Angleterre qui dégage la même impression de puissance et de sérénité que son devancier de 2003.

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