La difficile convergence d’élite

Lundi soir, la Nuit du Rugby organisée par la LNR été l’occasion de réunir autour de son président l’ensemble des décideurs du rugby professionnel et, en marge de la manifestation, d’y discuter du dossier « XV de France » avec les représentants de la Fédération, et plus particulièrement Bernard Laporte.
Si la presse se fait écho d’avancées positives sur la délicate question de la mise à disposition des joueurs (avec son corolaire de l’élargissement du groupe convoqué à chaque rassemblement à Marcoussis), il apparait néanmoins prématuré d’avancer que désormais tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.


D’abord parce que d’autres aspects de la relation entre les clubs et le staff du XV de France devront faire l’objet d’une approche concrète et ne pas en rester au stade des intentions, fussent-elles bonnes. Ainsi, l’articulation de la préparation physique en club avec les exigences du calendrier international, l’identification des carences techniques individuelles à travailler, le reporting des données physiologiques (très au point chez nos amis Outre-Manche) sont au nombre des sujets à clarifier et, surtout, à mettre au point avec l’ensemble des clubs, en particulier les plus gros pourvoyeurs du XV de France qui ne sont pas spécialement ses premiers supporters. Tout en affirmant son adhésion à la démarche du sélectionneur, Ugo Mola l’a néanmoins qualifiée d’intrusive en l’état…


Ensuite, on ne saurait évoquer le climat entre FFR et LNR sans avoir à l’esprit les nouvelles démêlées qui les opposent sur la sanction infligée au Montpellier Hérault Rugby au titre du salary cap, sanction assez lourde infligée par la LNR et très largement allégée par la commission d’appel de la FFR. Le fait que le club fautif soit présidé par un proche du président Laporte ne contribuera pas à alléger une tension que les sourires d’un soir festif à l’Olympia ne masqueront sans doute pas longtemps.


L’organisation de la prochaine édition de la coupe du monde en France a certainement contribué à cette apparente convergence sinon d’intérêts, du moins d’objectifs entre les dirigeants de l’élite du rugby français. L’histoire des relations entre les clubs et la fédération, ancienne comme plus récente, nous conduit cependant à la plus grande prudence sur ce rapprochement, et sur sa capacité à durer.

Les intentions sont là, reste à les faire prospérer. Le plus difficile commence.

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