La continuité, au moins jusqu’à samedi

Cyril Baille va être content. Le Top14 faisant relâche ce week-end, il pourra donc regarder son copain Dorian Aldegheri disputer son deuxième match sous le maillot du XV de France, lui qui en avait été privé pour cause de doublon. Son président, Didier Lacroix, a poussé un coup de gueule il y a dix jours pour déplorer la programmation de journées de championnat aux mêmes dates que les matchs du Tournoi, appelant de ses vœux une sanctuarisation des rencontres de l’équipe nationale.

Le président du Stade a eu l’honnêteté de reconnaître que cette situation était la conséquence de décisions prises par une instance dans laquelle il siège – il est vrai depuis peu. Quant à son coup de gueule, il faut faire preuve d’une bonne dose d’optimisme pour escompter qu’il déclenche la prise de conscience attendue.

De l’optimisme, voilà bien ce dont les supporters du XV de France auront également besoin dimanche. Certes le XV du Trèfle, les jambes sans doute un peu lourdes et la tête au Japon – son véritable objectif cette année comme pouvait l’être le Tournoi l’an passé – ne sera vraisemblablement pas le rouleau compresseur habituel. Mais cette Irlande, toute « moyenne » qu’elle puisse être actuellement, n’en reste pas moins très largement supérieure aux Ecossais passés à la moulinette tricolore à l’occasion de la dernière journée du Tournoi.

Pour affronter le XV du Trèfle, Jacques Brunel a reconduit en bloc son groupe victorieux, maintenant notamment Camille Lopez et Wesley Fofana hors du groupe. On veut bien croire que le premier, s’il a d’abord payé ses critiques publiques au soir d’Angleterre – France, est sacrifié cette fois au nom d’une continuité dans la composition de la charnière dont on a trop souvent déploré l’absence pour ne pas l’accueillir favorablement lorsque Brunel en donne des gages. En revanche, la non sélection du trois-quarts centre clermontois reste une énigme que la justification du sélectionneur selon lequel « sa dernière association avec Mathieu Bastareaud n’a pas bien fonctionné » ne suffit pas à résoudre.

L’annonce par le joueur de Clermont de sa prochaine retraite internationale a peut-être également pesé dans le choix du sélectionneur, alors qu’il existe un petit embouteillage au centre de l’édifice tricolore. Voire.

De retraite, il est loin d’en être question pour la charnière formée d’Antoine Dupont et Romain N’Tamack. Les deux très jeunes joueurs toulousain ne sont pourtant pas assurés de leur avenir en commun. Car il faut craindre qu’au premier accroc leur association soit remise en question. Et, précisément, le match de dimanche aura valeur de test pour les deux compères, avec une troisième-ligne irlandaise taillée pour faire la chasse aux demis et leur mettre la pression jusqu’à leur faire perdre le fil du jeu. C’est malheureux, mais il y a fort à parier qu’une bonne performance du duo tricolore ne leur rapportera seulement qu’un sursis. Jusqu’au prochain trou d’air.

Au sélectionneur de nous faire mentir. Et aux joueurs eux-mêmes de prouver que leur victoire devant l’Ecosse valait bien davantage qu’une réponse ponctuelle à leurs détracteurs pour qui ce XV de France n’est aujourd’hui qu’une équipe de deuxième division internationale.


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